Premier League 2016-17 : les stats-clés de la phase aller

Après avoir animé la période des fêtes, la Premier League s’est effacée pendant une dizaine de jours pour laisser les coupes nationales dans la lumière. L’occasion pour nous de faire un point en chiffres sur ce championnat où toutes les grosses écuries répondent présentes cette saison.

Tir Ratio : le Retour des Rois

Avant de se pencher sur l’efficacité (taux de conversion) et la réussite (expected goals) des engagés, parlons volume avec le Tir Ratio. Rien de bien compliqué pour le calcul : il s’agit de prendre le nombre de tirs tentés par une équipe et de le diviser par le total de tirs ayant eu lieu dans ses matchs (tirs tentés et concédés). Le résultat obtenu (%) donne ainsi une idée du poids de l’équipe sur le nombre de tirs réalisés dans un match. Plus il est élevé et plus l’équipe a l’habitude de dominer.

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L’introduction de l’article avait fait office de spoiler. Les chiffres sont clairs : les gros sont de retour. Le simple classement de la Premier League après 20 journées suffisait pour le constater, mais les Tir Ratio le confirment. Décevants la saison dernière, Manchester United et Chelsea ont retrouvé leur statut cette saison, forts des deux plus belles progressions dans cette catégorie. En dépassant les 60%, les deux clubs se hissent au niveau de Tottenham, Liverpool et Manchester City parmi les équipes les plus dominantes du championnat.

Pour rappel, en Ligue 1, le PSG est la seule équipe à être au-dessus des 60% sur la phase aller 2016-17. En retrait par rapport à ses concurrents directs, Arsenal flirte avec cette barre mais doit surtout sa place dans le haut du tableau à sa réussite devant le but adverse (voir par ailleurs).

Autres équipes en progrès, Southampton et Everton qui ont changé d’entraîneurs pendant l’été. Après plusieurs saisons sous la direction de Roberto Martinez, Everton a fait appel à Ronald Koeman et la patte du Néerlandais se fait déjà sentir : l’équipe subit moins de tirs par match et cela se ressent sur son Tir Ratio. C’est un peu la même chose pour le Southampton de Claude Puel, qui tient aussi plus le ballon que la saison dernière (53,2% contre 49,3%)… et quand on a le ballon, l’adversaire ne peut pas tirer.

Evidemment, quand les gros répondent présents et que quelques outsiders progressent, les équipes les plus modestes n’ont plus que des miettes. Alors que la Ligue 1 est très homogène si l’on excepte les deux extrêmes (PSG et Metz), les écarts se creusent bien plus vite outre-Manche (confirmation avec les graphiques ci-dessous). Les promus sont tous en fond de classement avec Sunderland, tandis qu’un écart de près de 4 points sépare West Ham (9e de ce classement) et Crystal Palace (10ème).

(Si quelqu'un connaît un endroit pour faire de jolis classement en relief, je prends volontiers).

Efficacité : Chelsea en leader, West Brom en « surprise »

Après le volume, place à l’efficacité. Combien de tirs faut-il à l’équipe pour marquer ? Et combien en concède-t-elle avant de prendre un but ? Détails et classements ci-dessous.

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Comme en France avec l’OGC Nice, Chelsea doit en partie sa place de leader à son efficacité dans les deux surfaces. L’équipe d’Antonio Conte est la seule grosse écurie qui réussit à se hisser dans les Top 5 en terme d’efficacités offensive ET défensive.

Deuxième et quatrième du classement après 20 journées, les problèmes de Liverpool et Manchester City sont eux très faciles à identifier. Les deux formations ont l’habitude de dominer mais peuvent être plombées par leurs défenses, qui encaissent des buts « trop facilement ». Nous verrons un peu plus loin que cela vient notamment du fait qu’elles concèdent des occasions bien plus grosses que leurs adversaires directs.

C’est l’inverse pour Manchester United, au ralenti en attaque par rapport aux autres membres du top 6 sur l’ensemble des 20 premières journées. Ce manque d’efficacité fait sens lorsque l’on se rappelle des quelques matchs largement dominés par les Red Devils sans qu’il y a la victoire au bout (dont le 0-0 contre Burnley avec un Tom Heaton exceptionnel dans les cages du promu). Autre symbole, Zlatan Ibrahimovic : le taux de conversion de l’ancien Parisien n’est que de 15% depuis le mois d’août, alors qu’il dépassait allègrement la barre des 20% sur ses deux dernières saisons en Ligue 1.

Attention toutefois, l’équipe de José Mourinho s’est réveillée sur les deux derniers mois et le Suédois avec. S’il a traversé quelques périodes de disette durant l’automne (séries de 4 et 6 matchs sans marquer), il reste en effet sur une série de 12 buts en autant de matchs disputés. Mieux, son équipe n’a pas perdu une seule rencontre sur cette période (12 victoires et 3 nuls) et reste sur une séquence de 7 matchs avec au moins 2 buts inscrits. Prochain adversaire des Red Devils, Liverpool est prévenu.

Au-delà des grosses écuries, il faut mentionner l’excellente performance de West Brom, seule équipe de Premier League à se hisser dans les deux Top 5 avec Chelsea. Bien défendre est une habitude pour les équipes de Tony Pulis. Mais les Baggies vont plus loin cette saison en ajoutant à leur arsenal une attaque très efficace.

Pas besoin de chercher bien loin les raisons d’une telle réussite : non, l’ancien manager de Stoke n’a pas changé de style pour proposer plus de jeu (20e possession de PL). En revanche, son équipe est d’une efficacité redoutable sur coups de pied arrêtés : 43% de leurs buts inscrits cette saison sont venus de ces phases de jeu. On peut même aller plus loin : plus d’un tir sur 5 venant d’un cpa a fini au fond des filets. Une maîtrise de l’exercice qui peut rappeler les performances du SCO d’Angers la saison dernière en Ligue 1.

Champion d’Angleterre l’an passé grâce à son efficacité dans les deux surfaces, Leicester est revenu dans la moyenne dans les deux catégories. Avec un Tir Ratio en retrait, on comprend aisément pourquoi les Foxes sont aujourd’hui dans le bas du classement.

Dernière remarque sur ce tableau : si la patte Puel se fait sentir du côté de Southampton sur le plan du jeu, le technicien français n’a pas encore trouvé les joueurs capables de la faire fructifier. La défense est loin d’être parmi les plus efficaces et, surtout, l’attaque plombe le bilan de l’équipe. Voilà peut-être le prochain chantier pour l’ancien coach de l’OGC Nice : trouver les joueurs qui, comme Ben Arfa ou Germain la saison dernière, sauront porter les Saints plus haut dans le classement.

Expected Goals pour :

On les connaît par coeur maintenant alors prolongeons l’analyse en incorporant les Expected Goals. Le tableau ci-dessous regroupe plusieurs données utiles pour juger une attaque et son efficacité : de gauche à droite, on retrouve les expected goals pour (xG pour/match), les expected goals par tir (xG par tir) qui permettent de juger de la qualité moyenne des occasions crées, le nombre de buts marqués, le nombre de buts attendus (xG pour multipliés par le nombre de matchs, soit 19) et enfin l’écart entre l’observé et le virtuel.

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Manchester City a beau souffrir défensivement, l’équipe de Pep Guardiola est bien la meilleure lorsqu’il s’agit d’attaquer. L’équipe est en tête à la fois au niveau des xG pour, mais aussi au niveau des xG par tir. La deuxième catégorie permet de constater qu’en plus de créer des occasions en nombre, celles-ci sont aussi très souvent de qualité (big chances, occasions franches…).

Le problème de City, c’est qu’à l’inverse de Liverpool, Chelsea ou Arsenal, l’équipe ne surperforme pas à la finition. Elle a d’ailleurs laissé filer plus d’un point à cause de ce manque de réalisme, la défaite face à Chelsea étant un modèle du genre : les joueurs de Guardiola menaient au score et ont eu plusieurs balles de break. Au lieu de les convertir, ils se sont faits rejoindre sur une action en solitaire de Diego Costa avant que Willian et Hazard ne les crucifient en fin de match. A voir si l’arrivée du jeune Gabriel Jesus aura un impact dans ce secteur.

Equipe la plus efficace de Premier League en attaque, Arsenal est aussi celle qui semble le plus en réussite sur les 20 premières journées. Une surperformance qui leur permet pour le moment de masquer le retard qu’ils peuvent avoir sur leurs concurrents sur d’autres données statistiques. L’équipe d’Arsène Wenger est en effet moins dominatrice que ces concurrents directs (cf. Tir Ratio) et sa défense est tout juste dans la moyenne du championnat sur le plan de l’efficacité. Attention donc à ne pas ralentir la cadence offensive sur la deuxième moitié de saison, sous peine de redescendre dans la hiérarchie…

Manchester United et Southampton étaient parmi les équipes les moins efficaces de Premier League sur le tableau précédent. Un coup d’oeil sur leur xG/tir éclaircit sur les raisons de leurs problèmes devant le but. Les deux équipes ont en effet eu beaucoup de mal à s’offrir des positions de tir de qualité sur les 20 premières journées. Ce n’est pas le cas de Leicester, qui reste à une très bonne 2ème place derrière City dans cette catégorie. Le problème des Foxes se trouve lui aussi dans la qualité de la finition, qui a sensiblement baissé par rapport à la saison dernière.

Expected Goals contre : 

Après les attaques, place aux défenses. Le tableau ci-dessous reprend les mêmes éléments :de gauche à droite, on retrouve les expected goals pour (xG pour/match), les expected goals par tir (xG par tir) qui permettent de juger de la qualité moyenne des occasions crées, le nombre de buts marqués, le nombre de buts attendus (xG pour multipliés par le nombre de matchs, soit 19) et enfin l’écart entre l’observé et le virtuel.

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Pas de grosse surperformance en défense en Premier League, surtout comparé à celle de l’OGC Nice en Ligue 1. Il n’est pas très surprenant de retrouver les équipes d’Antonio Conte et José Mourinho aux deux premières places, juste devant Tottenham qui a confirmé son statut de meilleure défense du championnat après un très bon exercice 2015/16.

Les voyants sont d’ailleurs aux verts pour les Spurs, en progrès dans quasiment tous les secteurs. La seule petite ombre au tableau est l’absence de surperformance en attaque, qui va de pair avec la difficulté qu’a l’équipe à se créer de grosses occasions. Mais à ce niveau, la dynamique a une incidence énorme sur les résultats. Or, l’équipe de Pochettino reste sur une série de 6 victoires de rang avec 17 buts marqués. Si elle maintient ce rythme quelque temps encore, le podium sera sans doute à portée en fin de saison… et pourquoi pas le titre ?

Toujours dans le haut du classement, les xG/tir concédé confirment les difficultés de Liverpool et Manchester City en défense. L’équipe de Klopp est, avec Arsenal et Swansea, celle qui concède les occasions les plus franches sur l’ensemble du championnat. Manchester City est légèrement plus haut au classement mais reste bien en retrait par rapport à Chelsea, Manchester United ou Tottenham. Les deux formations ne sont pas non plus aidées par leurs gardiens respectifs (Karius et Mignolet d’un côté, Bravo de l’autre), qui ont du mal à convaincre depuis leur arrivée en Angleterre.

Loin derrière les gros au classement, il est aussi intéressant de noter que les trois défenses qui concèdent les tirs les moins dangereux sont West Brom, Middlesbrough et Burnley. On a déjà parlé de la formation de Tony Pulis dans cet article, du coup concentrons-nous sur les deux autres qui doivent clairement le positif de leur première moitié de saison à cette solidité. Les deux promus sont d’ailleurs 2ème et 3ème du championnat en terme d’efficacité défensive, juste derrière les Spurs de Mauricio Pochettino.

Conclusion : 

Dans le haut du classement, la première place de Chelsea est assez logique si l’on passe en revue tous les tableaux. Les Blues dominent leur sujet et sont efficaces dans tous les compartiments du jeu.

Liverpool et Manchester City séduisent en attaque mais semblent bien trop fragiles derrière pour jouer le titre à l’heure actuelle.

Ce n’est en revanche pas le cas de Tottenham et Manchester United, qui s’appuient tous les deux sur une défense solide et pourraient bien jouer les trouble-fêtes sur la deuxième partie de saison si l’attaque parvient à passer la vitesse supérieure.

Dernier membre du top 6, Arsenal semble en retrait et va devoir sérieusement progresser dans quasiment les secteurs pour conserver sa place dans le Big Four.

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1 réponse

  1. DOUYONG NGASSA William dit :

    Très bonne analyse
    Mais j’aurais voulu que vous vous penchiez sur l’efficacité des attaquants.
    Merci

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