Lyon 1-0 Grasshoppers Zurich, l’analyse tactique

Au prix d’un match crispant, les Lyonnais sont sortis avec un petit avantage dans leur confrontation face aux Grasshoppers Zurich. Bousculés durant la première demi-heure par le pressing suisse, ils ont peu à peu sorti la tête de l’eau au milieu de terrain avant de largement dominer le second acte.

Une entame de match compliquée

Se présentant sur la pelouse dans sa formation-type, avec les recrues Danic et Miguel Lopes dans les couloirs (Lopes – Miguel Lopes, Bisevac, Umtiti, Dabo – Gonalons, Malbranque, Grenier – Lacazette, Danic, Lisandro), les Lyonnais ont donc dû faire face à une équipe suisse très agressive au cours des premières minutes de jeu. Organisés en 4-5-1, les Grasshoppers calquaient leur organisation défensive par rapport aux déplacements des milieux lyonnais (Burki – Lang, Vilotic, Grichting, Pavlovic – Salatic, Abrashi, Toko – Hajrovic, Gashi, Ngamukol).

Attendant l’OL dans leur moitié de terrain, les milieux suisses jaillissaient sur tous les mouvements du trio formé par Gonalons, Grenier et Malbranque. En se focalisant sur ces trois hommes, ils obligeaient Bisevac et Umtiti à passer par les côtés ou à jouer long en direction des attaquants. Question marquages, Toko et Abrashi se partageaient le pressing de Malbranque et Gonalons. Lorsque Grenier décrochait pour offrir des solutions à ses défenseurs, c’était au tour de Salatic de quitter sa position devant la défense pour limiter le champ d’action du meneur de jeu.

Autour de Ngamukol dans l'axe, Abrashi et Toko vont mettre la pression sur Malbranque et Gonalons. Ce dernier n'a pas d'autre choix que de jouer en retrait pour ses défenseurs, seuls joueurs laissés libres par le pressing adverse.

Autour de Ngamukol dans l’axe, Abrashi et Toko vont mettre la pression sur Malbranque et Gonalons. Ce dernier n’a pas d’autre choix que de jouer en retrait pour ses défenseurs, seuls joueurs laissés libres par le pressing adverse.

Cinq secondes plus tard, après un relais vers Malbranque

Bisevac et Umtiti ont tout le temps de relancer, mais les Suisses bloquent les solutions de transition. En plus de Toko et Abrashi, c’est Salatic qui quitte ici sa position devant la défense pour suivre le décrochage de Grenier.

Très agressifs, les milieux zurichois ont gagné plusieurs ballons intéressants dans l’entrejeu. Ils cherchaient ensuite à aller très vite de l’avant, usant de la vitesse de Ngamukol ou des joueurs de couloir (Gashi, Hajrovic) pour rentrer dans les 25 derniers mètres de l’OL. Très dangereux sur coups de pied arrêtés, ils se sont crées deux énormes occasions de but, d’abord une reprise de volée de Lang qui a terminé sur le montant droit de Lopes (16e), puis une tête de Gashi qui a fini sa course sur la barre transversale (23e).

En grande difficulté pour trouver ses attaquants, l’OL a décidé de laisser le ballon à son adversaire sur certaines séquences de jeu afin de le prendre en contre-attaque. Et l’idée n’était pas si mauvaise puisqu’à chaque ballon gagné par les milieux lyonnais, le danger pouvait très vite arriver sur les buts de Burki. En vérité, dès que les milieux suisses se retrouvaient hors de position sur les pertes de balle, l’écart de qualité entre leur défense et l’attaque lyonnaise se faisait sentir. En début de partie, ils n’ont du coup jamais hésité à faire quelques « fautes tactiques » pour couper le jeu rapide de l’OL.

L’OL passe par les côtés :

Au fil des minutes, les Lyonnais ont trouvé des solutions pour défaire la pression suisse dans l’entrejeu. En décrochant de sa position d’attaquant de pointe, Lisandro exploitait les espaces abandonnés par Toko et Abrashi, sortis au pressing. Depuis les ailes aussi, Danic et Lacazette repiquaient dans l’axe pour offrir des solutions dans le dos des milieux suisses. Ces mouvements ont obligé ces derniers à s’adapter : soit en diminuant le pressing – libérant ainsi Gonalons au milieu de terrain -, soit en resserrant la première ligne – entraînant dès lors la libération d’espaces sur la largeur du terrain -.

Lisandro quitte sa position d'attaquant de pointe pour offrir des solutions au milieu de terrain. Il focalise l'attention de l'un des trois milieux, ce qui libère forcément des espaces pour ses partenaires. Ici, c'est le flanc droit de l'attaque lyonnais qui est ouvert.

Lisandro quitte sa position d’attaquant de pointe pour offrir des solutions au milieu de terrain. Il focalise l’attention de l’un des trois milieux, ce qui libère forcément des espaces pour ses partenaires. Ici, c’est le flanc droit de l’attaque lyonnaise qui s’ouvre.

Deuxième exemple : Lisandro, Malbranque et Grenier sont dans un petit périmètre, attirant

Deuxième exemple : Lisandro, Malbranque et Grenier sont dans un petit périmètre côté droit. Les Grasshoppers tentent de les y enfermer mais le ballon ressort. Après un relais de Gonalons dans l’axe, c’est tout le côté gauche qui s’ouvre pour Danic et Dabo.

Ce recul du bloc des Grasshoppers a permis aux défenseurs lyonnais de progresser sur le terrain. A défaut de pouvoir donner les clés du jeu à Malbranque ou Grenier, les défenseurs lyonnais et Gonalons ont pris les choses en main et rechercher eux-mêmes à servir leurs attaquants. En première mi-temps, ils ont majoritairement envoyé le jeu dans les couloirs, alimentant ainsi les duos Lacazette-Miguel ou Danic-Dabo. Les deux excentrés de l’OL se sont d’ailleurs retrouvés à l’origine et à la conclusion du premier mouvement lyonnais de la rencontre (18e, centre de Dabo, décalé par Danic, pour tête de Lacazette).

Passé la demi-heure de jeu, les Grasshoppers ont réellement commencé à subir les débats. Au-delà de leur difficulté à ressortir de leur camp, ils subissaient désormais les courses offensives de Malbranque et Grenier. Maintenant que les défenseurs et Gonalons avaient la place de gérer eux-mêmes la relance, les deux milieux lyonnais pouvaient évoluer plus haut et proposer des solutions dans les 30 derniers mètres. Une fois mis à contribution, les défenseurs suisses ont eu beaucoup de mal à rivaliser, notamment sur le plan de la vivacité. Beaucoup plus facile à trouver, Grenier a commencé à se montrer : d’abord en envoyant un caviar sur la tête de Lacazette (36e) avant d’expédier deux coups-francs dangereux vers les buts de Burki (43e, 45e).

Après la pause, l’OL a poursuivi sur cette lancée en étouffant réellement son adversaire.  Seul en pointe, Ngamukol était désormais beaucoup trop esseulé pour pouvoir créer le danger, ses milieux ne parvenant plus à remonter pour repositionner le bloc comme en début de match. Sans briller dans le jeu, l’OL a souvent poussé son adversaire à la faute et c’est sur coup-franc qu’il a finalement fait la différence (Grenier pour Bisevac, 63e).

Conclusion :

Passé ce but, les Lyonnais ont contrôlé la dernière demi-heure en évitant les prises de risque. L’entrée en jeu de Fofana à la place de Malbranque (69e) a réduit le nombre de solutions offensives. Mené au score, les Grasshoppers ont essayé de remonter leur bloc en changeant de système (4-4-2) mais sans grand succès. Si absolument rien n’est joué, ils ont certainement loupé le coche en ne marquant durant leur excellente première demi-heure. Pour Lyon, le minimum syndical a été assuré mais il s’agira de marquer rapidement à Zurich dans une semaine sous peine de voir remonter à la surface les douloureux souvenirs de Nicosie…

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3 réponses

  1. Colin dit :

    Super intéressant. Au delà du très bon pressing de Zurich, j´ai été frappé de leur aisance, une fois le ballon capturé, à le faire circuler rapidement pour se projeter vers l´avant. C´est leur densité au milieu de terrain qui leur permettait ca? ou il y avait un « truc » en plus?

  2. A partir du moment où il récupérait le ballon au niveau des milieux lyonnais, il suffisait d’aller vite de l’avant pour attaquer la défense directement. Le fait d’être très proche aussi offrait des solutions « faciles » pour enchaîner. Bref, tout découlait de la récupération de balle et du pressing des milieux.

  3. Alfred dit :

    J’ai pas encore lu l’article, mais pour répondre un peu à Colin, la première demi heure des suisses est impressionantes mais faut relativiser. Le Grassopher qui fait un gros pressing, a une bonne organisation et utilise bien le ballon contre équipe comme Lyon (qui n’est plus le Lyon d’antant on est d’accord) y’a pas quelque chose qui sonne faux pour toi ? Tu le dis toi même, les attaques rapides des suisses t’ont surpris. La réponse elle est plutôt simple : il y avait une stratégie délibérée de l’entraineur suisse de surprendre les lyonnais en début de match mais c’était impossible que ce soit comme ça tout le match. Il faut souligner leur bonne utilisation du ballon, possible par un pressing haut donc des solutions courtes et efficaces (comme l’a déja dit Flo juste au dessus) mais ça demande quand même une grosse maitrise technique d’utiliser des ballons si rapidement suite à un pressing. Les lyonnais on bien failli prendre l’eau, les suisses ont failli faire un superbe coup mais c’était impossible que les suisses continuent comme ça. Ils ne joueraient pas au Grasshoper si ils pouvaient jouer 90mns comme ça.

    Flo je parle sous ton contrôle bien sur mais le Grasshoper des 30 premières minutes était trop bon selon moi pour être représentatif du niveau de cette équipe.

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