Lyon 0-2 Real Madrid, l’analyse tactique

Il n’y a pas eu de miracle à Gerland. Après avoir été dominés au Bernabeu, les Lyonnais n’ont rien pu faire face au Real Madrid. Au final, sur les deux rencontres, les hommes de Rémi Garde n’auront fait illusion que l’espace d’un quart d’heure, à cheval sur les deux mi-temps disputés hier à Gerland. Le temps pour le Real de souffler et de remettre en place son pressing habituel sur la relance adverse.

Plan lyonnais :

Après un match aller où son 4-4-1-1 positionné très bas l’a condamné à subir dès le début de la partie, l’OL décide de démarrer en 4-1-4-1 à Gerland en opposant un premier rideau défensif (Ederson, Kallström, Gourcuff, Briand) aux alentours de la ligne médiane.

Derrière cette première ligne, la défense lyonnaise tente d’évoluer le plus haut possible afin de limiter les espaces pour le quatuor offensif madrilène, Gonalons se chargeant de naviguer d’un flanc à l’autre pour aider ses latéraux face aux déplacements et autres permutations adverses. Devant, le premier rideau lyonnais doit de son côté limiter l’influence du duo Xabi Alonso-Khedira. Kallström se signale notamment par ses sorties de la ligne de quatre pour aller au pressing au devant du milieu de l’Espagnol, encore une fois plaque tournante des Madrilènes hier soir. Offensivement, tout ballon récupéré par la première ligne lyonnais tente immédiatement de jouer avec Gomis. Les trois autres joueurs de la ligne (excepté le passeur) prenant eux les espaces pour aller soutenir leur attaquant de pointe. Sans succès.

Réponse madrilène :

Malheureusement pour les Lyonnais, le carton jaune rapidement reçu par Cris pour une faute sur Özil (8e) redistribue les cartes. Le Brésilien ne peut plus se permettre d’évoluer aussi haut que le reste de sa défense (et que Lovren à ses côtés). Résultat, le Real va pouvoir insister sur son couloir fort (Coentrao-Ronaldo) pour enfoncer le bloc lyonnais.

C’est ainsi que l’aile gauche de l’attaque du Real se transforme en grande zone de fixation pour les Madrilènes. L’idée est simple : fixer l’adversaire de ce côté, le forcer à faire coulisser son bloc pour ouvrir ensuite côté opposé en ressortant le ballon par Xabi Alonso qui se charge de renverser le jeu. Ainsi, Diarra multiplie les incursions dans le camp lyonnais, prenant le dessus sur Ederson dès la passe de son partenaire. On peut noter ici l’importance de la passe en retrait (celle qui permet de redémarrer une attaque…) qui offre de l’espace pour Xabi Alonso après que le travail du reste de l’équipe ait fait reculer le bloc lyonnais pour lui offrir plus d’espaces.

La bataille du milieu remportée, le Real peut, à partir de sa plaque tournante, lancer ses offensives. Qu’il y ait ou non montées des latéraux, Di Maria et Ronaldo insistent vers l’intérieur du terrain. Le but ici est de se rapprocher de Özil et Benzema évidemment, mais surtout d’aspirer les deux latéraux lyonnais dans l’axe. Réveillère et Dabo suivent en effet les déplacements des deux excentrés madrilènes.

Au bout du compte, des espaces s’ouvrent donc sur les extérieurs et il faut une énorme parade de Lloris pour empêcher Benzema d’ouvrir le score après un appel qui l’a vu contourner Cris pour être servi dans la surface de réparation. Venus de l’arrière, les latéraux et Khedira s’ajoutent aussi à l’équation offensive madrilène : les seconds sur les extérieurs, le premier en soutien et en projection pour se lancer et traverser la défense lyonnaise.

La présence de ces trois hommes supplémentaires permet aussi au Real de faire reculer définitivement les Lyonnais : Ederson et Briand doivent couvrir les montées de Diarra et Coentrao (l’ancien Rennais se retrouve ainsi parfois en position de cinquième défenseur) et celles de Khedira perturbent Kallström et Gourcuff. Condamnés à jouer à dix derrière, les Lyonnais se retrouvent alors à subir le pressing madrilène, qui place une grosse densité de joueurs dans l’axe pour empêcher aux ballons de ressortir proprement des 30 mètres lyonnais.

Fulgurances lyonnaises :

Malgré une organisation et un projet différent de celui de l’aller, l’OL n’a pas eu les armes pour rivaliser avec le leader de son groupe D. Néanmoins, il a réussi à bousculer son arrière-garde, entre la fin de la première mi-temps et le début de la seconde et ce, en profitant du non-repli de Di Maria face aux montées de Mouhamadou Dabo côté gauche.

A priori anodine (elle s’est terminée sur une frappe manquée par Gourcuff des 25 mètres), cette phase de jeu de l’OL a sans doute inspiré Rémi Garde pour sa tentative du retour des vestiaires. Le Real avait alors relâché son pressing sur l’axe lyonnais. Dabo et Ederson avaient ainsi pu se retrouver dans la même zone (ci-dessus en violet) et être servi par leurs partenaires de l’axe. A deux contre un face à Diarra, ils ont vu venir Khedira dans leur zone créer l’égalité numérique. Bénéficiant du ballon et de la dynamique, les deux Lyonnais ont su ressortir le ballon sur Kallström (en jaune) qui n’avait plus que Xabi Alonso face à lui. Le Suédois a ainsi pu lancer Gourcuff, complètement seul dans le camp madrilène.

Au retour des vestiaires, l’OL revient certainement avec cette action dans un coin de la tête. Car Rémi Garde a décidé de prendre des risques. A la relance, l’OL s’organise en W (Cris-Koné sur une ligne derrière Gourcuff, Kallström et Gonalons). Très axiales, ces deux lignes ont pour objectif de servir les paires formées par Dabo-Ederson à gauche et Réveillère-Briand à droite. C’est à eux que revient ensuite la tâche de tenir le ballon de profiter de l’avantage du nombre dans le couloir pour combiner et pouvoir ensuite revenir dans l’axe en servant Kallström et/ou Gourcuff venus de l’arrière.

Mais après quelques combinaisons intéressantes dans l’entrejeu de la part des Lyonnais, le Real a rapidement réagi en reprenant le pressing qui était le sien au cours de la première demi-heure. De Benzema à Xabi Alonso, tous se sont concentrés sur l’axe lyonnais pour empêcher le quinté chargé de la relance d’alerter les paires sur les côtés. Les Madrilènes ont ensuite repris le contrôle du jeu comme ils l’avaient parfaitement fait jusqu’ici et ont déroulé jusqu’au coup de sifflet final.

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