Lille 1-2 Paris SG, l’analyse tactique

Le PSG a enfin lancé sa saison. Face à des Lillois sur la lancée de leur victoire face à Copenhague, les Parisiens sont allés chercher un succès convaincant. Positionné en soutien de Ménez, dans un rôle similaire à celui qu’il connaît en sélection, Ibrahimovic a eu un impact colossal sur le jeu. Au-delà de ses deux buts, le Suédois a soulagé ses partenaires du milieu et considérablement bonifié le collectif. Rapidement menés, les Lillois ont essayé plusieurs formules en attaque mais la défense centrale parisienne est restée intraitable dans sa surface.

De l’impact d’Ibrahimovic :

Alors que le PSG se présentait dans sa formation habituelle, Rudi Garcia avait décidé de modifier sa formation pour ce premier choc de la saison. Gueye a intégré le onze de départ afin de renforcer le milieu de terrain dans l’axe, repoussant Martin sur l’aile droite en début de partie. Les Lillois se sont appuyés sur ce milieu densifié pour aller presser les Parisiens jusque dans leur propre camp, dans le même esprit que ce qu’ils avaient fait en semaine face au FC Copenhague. De Mavuba à Roux, tous les joueurs pouvaient se retrouver dans le camp parisien afin de couper la relation entre défenseurs et attaquants. Ce pressing a d’ailleurs payé puisque les milieux parisiens ont multiplié les approximations en début de partie, perdant plusieurs ballons dans des positions dangereuses. Le corner entraînant l’égalisation de Chedjou découlait d’ailleurs directement d’une mauvaise passe parisienne.

Les premières secondes de la partie : les Lillois sortent tous au pressing sur les joueurs axiaux et laissent les latéraux libres dans les couloirs (Maxwell en jaune).

Pour se sortir de cette pression, les Parisiens ont utilisé deux armes : les latéraux et Ibrahimovic. Comme face à Bordeaux, Maxwell et Jallet se retrouvaient démarqués lorsqu’ils montaient au niveau de la ligne médiane. La semaine dernière, ils n’avaient jamais profité du champ libre dont ils bénéficiaient. Hier soir, ils ont participé pleinement aux attaques parisiennes en n’hésitant pas à rentrer dans les 20 derniers mètres. Cela a payé pour Maxwell, puisque le Brésilien s’est retrouvé à l’origine du jeu à trois aboutissant à l’ouverture du score d’Ibrahimovic au bout de vingt-sept secondes de jeu. Par la suite, il a laissé le soin à Matuidi de prendre la profondeur devant lui, préférant rester en couverture. Sur son flanc droit, Jallet a lui beaucoup combiné avec ses attaquants, cherchant souvent les relais de Pastore ou Ibrahimovic au coeur du jeu avant de poursuivre ses montées.

Positionné à la pointe de l’attaque parisienne face à Lorient et Bordeaux, Ibrahimovic a lui profité de la présence de Ménez pour décrocher et participer à la construction des actions au milieu de terrain. Rapidement, il s’est retrouvé à hauteur de Pastore, évoluant en soutien de l’international français qui prenait les espaces et la profondeur devant (ce qui manquait aussi lors des précédentes sorties du PSG). En se rendant disponible dans l’entrejeu, le Suédois a posé d’énormes problèmes aux Lillois par sa capacité à conserver le ballon ou à le libérer rapidement, en une touche de balle. Gênés par son impact physique, les milieux nordistes ont eu plus de difficultés pour contrôler les premières passes parisiennes et se sont retrouvés hors de position à plusieurs reprises. Le PSG développait un jeu rapide, au sol, utilisant les relais de Ibrahimovic puis de Pastore dans la première moitié du camp lillois, les montées de Jallet et Maxwell/Matuidi sur les ailes et les déplacements de Ménez à la pointe de l’attaque.

Le positionnement de Ibra, entre ses milieux de terrain et les Lillois : il se rend disponible, son talent faisant le reste pour résister au pressing et libérer le ballon vers un partenaire démarqué.

Cette domination d’Ibrahimovic dans le rond central a permis à Pastore de rester dans le camp adverse. Libéré de cette tâche de milieu de terrain, l’Argentin a joué haut, touchant peu de ballons mais les bonifiant en les délivrant rapidement, là aussi en une ou deux touches de balle. Le second but parisien a résumé à lui seul sa relation idéale avec le Suédois : Ibrahimovic a résisté et s’est défait du pressing lillois avant de poursuivre son action ;  Pastore est resté dans sa position avancée, se contentant d’être un simple relais vers les buts adverses plutôt qu’un véritable meneur devant être au coeur du jeu. Plus que les autres, l’Argentin a ensuite souffert de la disparition progressive de son attaquant. Au sortir d’une première demi-heure folle, Ibrahimovic a en effet baissé le rythme, se rendant moins disponible pour soulager ses milieux de terrain. Censé être capable de suppléer le Suédois à ce moment de la partie, Pastore a multiplié les pertes de balle et les mauvais choix. La fluidité du jeu parisien s’en est ressentie, la circulation de balle se faisant alors plus lente et plus latérale.

Les ajustements lillois :

Menés d’entrée de jeu, les Nordistes ont couru après le score pendant toute la partie. Bénéficiant de la possession de balle, les Lillois ont profité des espaces dans le bloc parisien pour approcher les buts de Sirigu. Non-attaqués, Mavuba, Gueye et/ou Pedretti trouvaient facilement le décalage face au premier rideau parisien. Ils cherchaient Payet et Martin qui se déplaçaient des ailes vers l’intérieur du terrain pour se rapprocher de Roux seul en pointe. Les deux hommes se rendaient disponibles dans les intervalles entre les milieux parisiens. Jallet et Maxwell restant dans leurs couloirs pour bloquer les montées des Digne et Béria, les deux hommes pouvaient se retrouver rapidement dans le sens du jeu lorsqu’ils étaient servis.

Les trois lignes parisiennes parfaitement visibles : en jaune les intervalles recherchés en priorité par les relanceurs du LOSC en début de partie.

Après quelques alertes, les Parisiens ont réduit les espaces entre leur défense et leur milieu de terrain. Verratti a évolué plus bas que ses partenaires afin de diminuer les espaces dans le dos de Thiago Motta et Matuidi. Les Lillois ont alors beaucoup plus utilisé les côtés avec les montées de Béria et Digne. Servi par les relanceurs, les deux hommes cherchaient ensuite leurs attaquants dans l’axe, là encore entre les lignes parisiennes. Sur ces mouvements, la clé était de libérer le ballon avant que le milieu à trois parisien n’ait le temps de coulisser pour venir au marquage des solutions offertes par leurs attaquants et les milieux venus à hauteur. Sur la défensive, les milieux parisiens cherchaient la plupart du temps à contenir leurs adversaires dans les couloirs, bénéficiant parfois des retours de Ménez pour aller au duel et récupérer le ballon.

Au retour des vestiaires, Rudi Garcia a modifié son système de jeu, passant du 4-3-3 au 4-2-3-1 avec l’entrée en jeu de Kalou à la place de Pedretti. L’ancien joueur de Chelsea s’est positionné sur l’aile droite mais s’est déplacé sur tout le front de l’attaque, tout comme Payet. Martin retrouvait un poste plus habituel en soutien de Roux et devant la paire Gueye-Mavuba. Dans cette nouvelle organisation, les Nordistes ont insisté sur les ailes. Seuls dans leurs couloirs en première mi-temps, Digne et Béria bénéficiaient désormais du soutien d’un partenaire (Kalou ou Payet) devant eux avec lequel combiner. En infériorité numérique, Jallet et Maxwell ne pouvaient sortir au pressing. Au fil des minutes, les Parisiens ont pris en compte cette nouvelle donne. A tour de rôle, Matuidi et Motta sont sortis à hauteur de leurs attaquants pour ralentir la relance lilloise, laissant deux milieux dans la zone de Martin. Les attaquants se sont aussi repliés sur les côtés pour aider leurs latéraux : Pastore est revenu aider Jallet, Nene et Gameiro ont fini la rencontre en défendant sur Béria et Digne.

Côté lillois, Rudi Garcia a fait entrer Mendes, pour peser sur le flanc gauche de la défense parisienne, puis De Melo pour être à la réception des centres qui se multipliaient. Plusieurs décalages ont été crées sur les côtés mais la défense parisienne s’est montrée impériale dans sa surface de réparation, repoussant toutes les tentatives adverses. Le milieu lillois ayant perdu une unité après la pause, Mavuba et Gueye ont relâché le pressing, permettant aux milieux parisiens d’être le plus souvent sur les seconds ballons pour les ressortir ensuite. Verratti a particulièrement brillé dans l’exercice, se sortant aisément du marquage adverse avant de trouver ses partenaires, dans les couloirs ou devant. Les Parisiens ont ainsi pu éviter d’encaisser plusieurs vagues offensives de la part de leurs adversaires, qui n’a du coup jamais véritablement pu enflammer la fin de partie.

Vous aimerez aussi...

5 réponses

  1. Hors contexte mon commentaire, mais en voyant le stade Lillois et l’attraction du PSG notre Ligue 1 semble progresser, le football français pourrait rattraper un peu de son retard.

  2. Acomax dit :

    Je peux te confirmer qu’il est vraiment en train de se rattraper et gagner quelque point, en tout cas sa reste toujours mon Championnat préféré !

    Pour le match je miserai plus sur une faute tactique de la part de l’équipe Ils auraient du prevoir le risque de laisser les couloirs complétement libres !

  3. TitiHenry dit :

    Très bonne analyse comme toujours. Je crains que Paris a enfin trouvé sa vitesse de croisière, un système version Squadra reprenant le même système de base Milanais que Carlo voulait mettre en place. Il avait beaucoup de mal avec un milieu bancale et des ailiers inutiles trop loin d’Ibra souvent esseulé. Il a maintenant trouvé la solution hier en inversant le triangle devant et je sens que ça va faire mal. Un triangle que j’ai toujours voulu voir à Lyon avec le trio alléchant sur le papier Gourcuff-Gomis et Lisandro bref passons.

    En un match j’ai l’impression que Carlo semble avoir résolu presque tous les problèmes de Paris depuis pas mal de temps, soit : Stabilité dans l’axe, équilibre de l’équipe, soutien de Ibra, liberté aussi dans ces décrochages grâce à Menez, profondeur dans son jeu avec un Menez tournant autour de Ibra, prenant la profondeur et pouvant permettre d’étirer le bloc adverse ce qui laisse plus d’espace entre les lignes à Ibra et Pastore (2ème but Parisien), plus de liberté pour Pastore dans ce poste de 10 avec un Ibra monopolisant l’attention du 6 adverse, permettant à Pastore de se déplacer librement sur le terrain, malheureusement il n’en profite pas via sa performance ridicule d’hier soir, d’ailleurs Nene qui est un très bon passeur, bonne relation technique avec Menez et qui aime recentrer dans l’axe pourrait postuler à ce poste de 10.

    Bref, Paris monte en puissance, mener par un Ibra en feu et un Carlo qui semble enfin avoir redressé la barre après pas mal de connerie, de bonne augure pour la suite avec un Paris qui semble enfin lancé, je sens une belle série à l’avenir. Même si tout n’est pas encore parfait dans la maison Parisienne comme : le cas Pastore, un Jallet volontaire, mais très moyen, un Maxell inexistant offensivement, un Veratti comme l’a bien mentionné Duga monstrueux offensivement, mais en difficulté défensivement dans les duels et le placement, il a corrigé en 2ème mi-temps, un manque de percussion et projection offensivement de Matuidi et Motta qui pourrait poser des problèmes à l’avenir contre des équipes regrouper derrière, ils devraient surtout Matuidi regarder le match de Diaby contre Liverpool hier. Pour la L1 sa suffit largement, mais la LDC il faudra régler deux, trois trucs.

    ps : Aller l’OM.

  4. The teacha dit :

    C’est vrai que le match nous laisse une bonne impression mais Paris à été favorisé par un adversaire qui à voulu produire du jeu,donc ca leur à laissé pas mal d’espaces. Les prochains adversaires vont surement se retrouver en bloc à 7 ou 8 derrière et là, ca sera plus la même histoire.
    J’ai l’impression que sur le match d’hier, Néné à perdu sa place, quid de pastore ? Lavezzi va revenir et Lucas Moura arrive dans 4 mois, problème de riche…l’axe défensif sakho-alex à été trés costaud, je me demande qui va faire les frais de l’arrivée de thiago silva

  5. Carnetfoot dit :

    Ce PSG Lille a tenu toutes ses promesses.Dans l’ensemble,les lillois ont bien joué le coup tactiquement .Mais avec des gars comme Ibra chaque erreurs est fatale.C’est à cela que se résume la différence au score….

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *