Marseille 2-0 Juventus : Lemina, Barrada, de nouveaux atouts ?

Pour son dernier match de préparation, l’OM a offert au public du Vélodrome une belle partie face au vice-champion d’Europe. Dans un match bien plus engagé et intense que le Trophée des Champions disputé le même soir, ce sont deux joueurs abonnés au banc de touche (ou à l’infirmerie) la saison dernière qui se sont révélés à leur avantage : Mario Lémina et Abdelaziz Barrada. Retour sur leurs performances et les rôles qui pourraient être les leurs au sein de cet OM 2015-2016.

Rappel : les compositions 

Au-delà du prestige de l’adversaire, ce match était l’occasion pour les Marseillais de faire face à une équipe organisée dans le 4-4-2 losange qui avait posé tant de problèmes en 2015 (Bordeaux, Nantes…). Malgré les départs de Pirlo, Vidal et Tevez, la Juve a présenté une très belle formation sur la pelouse du Vélodrome, sans doute assez proche de l’équipe-type que l’on verra fin août à la reprise de son championnat. Khedira et Mandzukic étaient les nouveaux visages à découvrir côté bianconeri au coup d’envoi.

Le 4-4-2 de la Juve annonçait évidemment une adaptation côté marseillais afin de conserver le marquage individuel. L’OM a débuté la partie dans son 3-3-3-1. Un seul nouveau visage sur la pelouse en la personne de Rekik, mais aussi (et surtout) plusieurs « remplaçants » de la saison dernière qui ont pris du galon pendant la préparation… en attendant l’intégration des recrues de la fin du mois de juillet. Bref, un OM assez loin de celui qui a terminé la saison dernière.

3-3-3-1 contre 4-4-2 en losange. Là aussi, la formule est connue concernant les marquages. Les latéraux marseillais se sont retrouvés dans les zones des relayeurs turinois (Pogba-Dja Djédjé ; Khedira-Mendy), laissant la couverture des couloirs à leurs ailiers, chargés de s’opposer aux montées des latéraux adverses (Evra-Alessandrini ; Lichtsteiner-Thauvin).

Barrada en première ligne

Déjà évoqué en ouverture de cet article, ce match entre l’OM et la Juventus a été marqué par une entame disputée à très haute intensité. D’un côté comme de l’autre, les équipes ont tout fait pour presser le plus haut possible, la Juve prenant même le meilleur départ avec un excellent premier quart d’heure. Moins « prête » que la formation phocéenne – elle reprendra son championnat dans deux semaines -, elle a ensuite baissé de pied face à l’agressivité de l’OM, enregistrant au passage la blessure de Sami Khedira.

La saison dernière, le pressing marseillais était porté par André-Pierre Gignac. Il était l’élément-déclencheur en première ligne et son rôle défensif était peut-être encore plus important pour le projet de jeu de Marcelo Bielsa que les buts qu’il a pu inscrire au cours de la saison. La fin de son contrat et son départ pour Monterrey ont forcément laissé un grand vide dans ce secteur… et une aussi grande question : quid du rendement de Michy Batshuayi, désormais titulaire à la pointe de l’attaque ?

Ce dernier match de préparation a apporté un semblant de réponse : les responsabilités devraient être désormais beaucoup plus partagées entre l’avant-centre et son premier soutien. Positionné derrière Batshuayi, Barrada s’est distingué par son agressivité et sa capacité à redoubler les courses aux avants-postes. Face à la relance turinoise (Caceres, Bonucci, Marchisio), c’est même lui qui a le plus souvent donné l’impulsion, Batshuayi se contentant de compléter ses courses pour bloquer Marchisio.

barrada-pressing-batshuayi

Alors que les Marseillais sont en place derrière, Barrada et Batshuayi alternent les courses entre Marchisio, Caceres et Bonucci. Ici, Barrada sort sur Caceres et Batshuayi redescend afin de reprendre le marquage de Marchisio.

om-pressing

Encore une fois, c’est Barrada qui va cadrer la relance de Bonucci et le mettre en difficulté.

om-contact

Derrière le Marocain, les Marseillais ont répondu présent, souvent au contact de leurs adversaires directs.

pressing-rekik

En couverture évidemment, les défenseurs devaient se montrer réactifs et avaient fort à faire face à Morata et Mandzukic. Après une entame de match difficile, Rekik (ici au pressing) et Sparagna ont su se mettre au niveau et répondre présents.

Lémina, taillé pour le poste devant la défense ? 

Deuxième tête du milieu marseillais dans ce match amical, Mario Lémina a lui aussi livré une belle prestation défensive. A l’inverse de Giannelli Imbula la saison dernière, l’ex-milieu de terrain lorientais semble avoir – en tout cas à la vue de ce match face à la Juve – intégré toutes les consignes requises pour le rôle. Il s’est notamment montré très agressif à la perte du ballon, sprintant pour rattraper les Turinois partis en contre et n’hésitant pas à faire des fautes pour stopper les actions en cas de danger pour sa défense.

Il a aussi coulissé en fonction des déplacements de ses défenseurs centraux, les couvrant si nécessaire (voir ci-dessous). Certes, la défense à trois de l’OM a rarement eu besoin de ses décrochages pour être au complet, mais ces réflexes seront le bienvenue lorsque les Marseillais évolueront en 4-2-3-1 et que les défenseurs (notamment Rekik, présenté comme un habitué des montées avec le ballon) tenteront de porter le jeu au milieu de terrain. A ce moment-là, à l’instar du travail de Marcelo Diaz avec le Chili, Lemina devra être en mesure d’assurer la couverture (pour peu qu’il reste dans ce rôle de n°6 en attendant les débuts de Lassana Diarra).

nkoulou-lemina

Nkoulou est sorti de sa défense et se retrouve sous la pression de Pereyra.

lemina-repli

Lemina « assure » en choisissant de décrocher entre Rekik et Sparagna pour reconstituer la défense à trois.

Lemina-Barrada, une nouvelle relance : 

Défensivement comme offensivement, Lemina et Barrada jouent sur d’autres qualités que leurs « illustres prédécesseurs » Imbula et Payet. Le premier n’a ni le pouvoir de percussion ni la relance d’Imbula, et opte pour une distribution du jeu plus sobre. Le second est lui plus à même de décrocher pour toucher le ballon et participer à sa remontée que Payet. Des habitudes qui renvoient à la position de n°8 qu’occupait Barrada lorsqu’il évoluait en Espagne sous les couleurs de Getafe… et qui rappellent le profil d’Ander Herrera, n°10 de Bielsa lors de ses saisons à l’Athletic Bilbao.

Face à la Juventus, ces changements de profils dans le coeur du jeu de l’OM ont évidemment eu des conséquences sur l’animation. Les Marseillais ont beaucoup moins recherché leur milieu axial, utilisant les couloirs pour franchir la ligne médiane (profitant des espaces offerts par le losange turinois). Dja Djédjé et Mendy redescendaient chercher le ballon auprès de leurs défenseurs, suivis par Alessandrini et Thauvin qui eux pouvaient revenir jusque dans leur moitié de terrain pour se rendre disponibles.

Lemina intervenait peu sur ses séquences, mais la différence venait des déplacements de Barrada : le Marocain décrochait lui aussi dans l’entrejeu, offrant des solutions dans les intervalles séparant les milieux turinois (autour de Marchisio). Lâchant rapidement le ballon, il a souvent combiné côté droit avec Alessandrini et Dja Djédjé. L’un se retrouvait alors face au jeu, et le second dédoublait afin d’apporter de la profondeur dans le couloir.

barrada-role-sortie-balle

Dja Djédjé est revenu chercher le ballon auprès de Sparagna. Alessandrini lui offre une solution le long de la ligne de touche, mais c’est Barrada qui doit faire le différence en se rendant disponible dans l’intervalle séparant les 4 Turinois.

om-construction

Même chose à l’opposée avec Mendy et Thauvin sur l’aile. Lemina est là pour offrir un soutien et couvrir en cas de perte de balle.

danger-pris

Pour l’OM, le danger est évidemment de perdre le ballon dans ses zones. Ici, Mendy et Thauvin ne sont plus disponibles sur le côtés ; Lemina et Barrada se font enfermer.

retour-lemina

Pereyra part en contre mais Lemina le suit de près et revient stopper l’action, empêchant le 3 contre 3 entre les attaquants turinois et la défense marseillaise. Faute tactique.

Conclusion : 

Certes ce n’était qu’un match amical, qui plus est face à un adversaire qui n’était pas sur le même calendrier de préparation. Mais l’OM – au-delà de sa victoire – peut en sortir satisfait car il a apporté des enseignements sur le niveau de certains joueurs. « Seconds couteaux » la saison dernière, Mario Lemina et Abdelaziz Barrada avaient peu joué mais leurs performances face à la Juve laissent penser qu’ils ont eu largement le temps d’enregistrer les principes de jeu et le système mis en place par Marcelo Bielsa depuis son arrivée. Ce travail de l’ombre, étalé sur une saison d’apprentissage, ils vont avoir l’occasion d’en récolter les fruits en ce début de saison. A eux de confirmer dès samedi face à Caen.

Au-delà du cas des deux milieux de terrain, Marseille a aussi affiché un visage séduisant en phase offensive, construisant enfin des circuits pour répondre aux problèmes posés par le 4-4-2 en losange (en utilisant les côtés). Le couloir droit (Alessandrini, Dja Djédjé) a d’ailleurs montré plus d’automatismes que le flanc gauche (Mendy, Thauvin). La concurrence à venir dans les couloirs, avec les arrivées de Casco et Manquillo (pour plus de qualité dans les petits espaces ?), sera aussi à suivre de près.

 

Vous aimerez aussi...

4 réponses

  1. anthooklm dit :

    vraiment super article! très très intéressant! j’adore!

  2. ju dit :

    super les gars! Merci.

  3. waywa dit :

    Merci Florent.

  4. Chicha Love dit :

    c’était un bon match. sa fait plaisir. Esperons le meilleur pour cette saison. Allez l’OM

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *