Bordeaux 0-4 Monaco : des Girondins sans milieu

Accroché par plusieurs petits du championnat (Caen, Nancy, Dijon, Lille, Angers à domicile), Bordeaux a aussi du mal contre les gros. Après avoir tenu 2 minutes contre le PSG, les Girondins ont craqué dès la 1ère face à Monaco. Devant un stade quasiment plein pour la première fois de la saison, ils ont même reçu le tarif habituel des adversaires de l’ASM (4-0).

Au coeur de ce naufrage, un secteur a particulièrement pris l’eau : le milieu de terrain. Censés tirer l’équipe vers le haut grâce à leur expérience, Plasil et – surtout – Toulalan ont sombré, complètement dépassés dans tous les secteurs.

Une entame catastrophique

Sur le premier quart d’heure, l’AS Monaco s’est crée 3 occasions franches en finissant à chaque fois ses mouvements sur Bernardo Silva, décalé sur la droite. Opposé à Diego Contento, le Portugais a fait vivre un cauchemar au latéral girondin, forcément pointé du doigt pour ses lacunes individuelles (qui sont connues depuis longtemps).

Sorti à la mi-temps, l’ancien joueur du Bayern était en vérité le dernier maillon d’une chaîne de toute façon bien trop faible pour espérer quoi que ce soit face au nouveau leader du championnat et récent qualifié pour les 1/8èmes de finale de la Ligue des Champions.

Les deux buts le montrent très bien. Certes, Contento subit toutes les actions ; mais le retard qu’il ne parvient pas à combler sur ses adversaires est aussi dû à la passivité de ses partenaires. En l’occurrence, c’est surtout le milieu girondin (Plasil-Toulalan) qui s’est révélé incapable de ralentir les remontées de balle de l’ASM.

De la même façon, les défenseurs (Sertic et Pallois) ont manqué d’agressivité face à Falcao et Germain. Laisser ces derniers contrôler le ballon entre les lignes, c’est offrir à Monaco le liant dont il a besoin pour aller d’une aile à l’autre. Et comme les deux jouent intelligemment et lâchent vite le ballon, celui-ci peut vite aller d’une aile à l’autre.

Ode à la faute tactique

Un chiffre résume l’apathie bordelaise. Sur les 45 premières minutes, les Girondins n’ont commis que 4 fautes… et la première n’est intervenue qu’à la 35e minute !

Monaco est une équipe qui n’hésite pas à laisser l’initiative à son adversaire pour le surprendre via du jeu de transition. Face à une telle équipe, la faute tactique peut devenir une arme importante pour prévenir les contres. Une arme à n’utiliser qu’en dernier recours évidemment, mais quasi-indispensable afin de réduire le nombre de munitions offertes à l’adversaire.

Sur les 2 premiers buts monégasques, les Girondins ont plusieurs opportunités pour couper l’action : Plasil sur Germain, Ounas sur Fabinho (sur le 1er), puis à nouveau Plasil sur Bernardo Silva (sur le 2e). Les Bordelais n’y sont jamais allés franchement, quitte à risquer un coup de sifflet de l’arbitre. Une timidité qui a finalement été sanctionnée par les Monégasques… au tableau d’affichage.

Déséquilibre et double-pivot

Face à une équipe aussi forte que l’ASM sur attaque rapide, garder l’équilibre en phase offensive est primordial. Dans le 4-4-2, ce sont généralement les deux milieux de terrain qui s’en chargent. Fabinho et Bakayoko en étaient d’ailleurs deux très bons exemples dans l’autre camp.

Plasil et Toulalan, un peu moins… Les milieux girondins ont mis en danger toute la structure offensive de l’équipe en se projetant vers la surface alors que la construction était encore en cours. Bordeaux se retrouvait alors avec un milieu dégarni, incapable de réagir en cas de perte de balle.

Le 3e but a bien illustré ce souci : Toulalan monte et l’équipe se retrouve en déséquilibre. Dans une telle situation, il faut assurer les transmissions afin réduire le risque de perdre le ballon. Ménez fait le contraire en choisissant de jouer long au lieu de s’appuyer sur Plasil. Lemar intercepte, s’appuie sur Fabinho et la défense bordelaise, exposée, ne parvient pas à stopper l’attaque.

On résume : des défenseurs exposées et pas au niveau d’un côté du terrain, des attaquants qui manquent d’intelligence de l’autre, les problèmes de Bordeaux ne se sont pas résumés pas à l’entrejeu… mais les milieux sont justement censés masquer un minimum les limites des autres lignes. Cela n’a pas été le cas et les Marine et Blanc l’ont directement payé sur les 3 premiers buts monégasques.

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3 réponses

  1. MarcGA dit :

    Pour moi, y a un gros défaut dans l’analyse. A aucun moment on ne parle du rôle du milieu droit et du milieu gauche.

    Ounas et Malcom sont des ailiers qui ne savent pas jouer bas. Ils défendent peu et mal. Il ne se replace pas, ne ferme pas les espaces.

    Que Plasil et Toulalan apportent une solution offensivement n’est pas un mal. C’est une nécessité. Par contre, le milieu à l’opposé de l’action doit rentrer dans l’axe et fermer l’axe. Chose que l’on ne fait jamais.

    Quand on parle de Contento, on ne parle jamais de Ounas par exemple. Enfin si, sur le premier but, il est au niveau de Pallois et Sertic pour intervenir comme une merde. D’ailleurs est-ce vraiment dans cette zone qu’il doit se positionner ?

    Le problème de Bordeaux est, depuis des années, l’absence de vrai joueur de couloir au milieu…

    Bordeaux ne peux pas jouer en 442 car on n’a pas de milieux capable de jouer sur les cotés. Mais ne peut pas jouer non plus en 433 car on n’a pas de pivot. (du moins pas Rolan ni Ménez)….

    Donc le problème de Bordeaux, c’est son effectif…

    PS : je reste cependant d’accord sur ce milieu Plasil-Toulalan qui n’y arrive pas et qui n’est pas complémentaire.

  2. Sur la première partie, Malcom ne peut pas intervenir vu qu’il est positionné haut. Tout se joue au niveau du trois contre trois et les mecs n’interviennent pas (Plasil, Toulalan, Sabaly). Après, Ounas vient fermer intérieur, c’est ce qui est demandé par l’animation. Problème, il intervient mal : soit il y va et prend tout, soit il n’y va pas et protège Contento de Sidibé (mais prend le risque de laisser Fabinho partir). Or la priorité c’est toujours de fermer l’axe. Le choix se comprend, l’exécution ne l’est pas.

    Sur la 2e action, tu peux blâmer Malcom sur la perte de balle. Mais pas les excentrés sur le reste. Bordeaux est en surnombre à 4 contre 2. Monaco ne doit tout simplement pas s’en sortir, peu importe comment.

    Sur la 3e, Malcom est passif au pressing et surtout lent sur le repli (même vitesse que Toulalan), ce qui contribue à laisser ouverte la ligne de passe Lemar-Falcao. Sur la dernière, j’ai du mal à voir comment on peut leur faire porter le chapeau niveau défense sachant que le déséquilibre vient des montées de Toulalan (et de Sabaly à l’opposée aussi : Ounas se retrouve même latéral là-dessus).

    Enfin, « Ounas et Malcom sont des ailiers qui ne savent pas jouer bas ». Il n’y a pas une seule séquence dans celles qui servent d’illustration qui montrent Bordeaux pris à défaut sur les phases où le bloc est bas. A chaque fois, c’est de la transition, lorsque justement ces joueurs-là doivent offrir des solutions devant. Excepté l’intervention d’Ounas sur Fabinho, le problème se situe surtout au niveau des garants de l’équilibre de l’équipe, en l’occurrence les milieux axiaux.

    Après, je suis d’accord pour dire qu’ils sont encore en apprentissage pour devenir de bons défenseurs dans ce système. Ca manque généralement de justesse dans les interventions, le tacle d’Ounas sur Fabinho en est le meilleur exemple.

  3. patrick dit :

    A blamer sont les joueurs qui ne sont pas du tout agressif et le coach qui laisse ces derniers de jouer haut sans insister sur le bloc et surtout contre monaco qui va tres vite . tout les buts sont concedes de la meme facon . on dirait les amateurs. paris avait subit le meme sort contre l’ASM.

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