Ajax Amsterdam 1-1 Paris SG, l’analyse tactique

Tout avait pourtant bien commencé avec l’ouverture du score rapide de Cavani (14e). Mais comme lors de ses derniers déplacements en Ligue 1, le PSG n’a pu ramener qu’un seul point de l’Arena d’Amsterdam. Maître de son sujet en première mi-temps, il s’est montré beaucoup trop passif après la pause, laissant l’Ajax lui rappeler qu’il pouvait lui aussi prendre un match en mains si l’occasion se présentait.

Les compositions : 

C’était l’heure du retour « à la normale » pour le onze parisien hier soir. Sur le banc en championnat suite au bon début de saison de Pastore, Matuidi faisait enfin son retour dans le onze-type. Au programme collectif, le 4-3-3 malgré les dernières rumeurs qui annonçaient un changement de système.

Côté néerlandais, Franck de Boer fait aussi dans le classique avec l’historique 4-3-3 avec lequel le club néerlandais a construit ses plus grands succès. Parti fin août pour rejoindre Manchester United, Daley Blind est remplacé dans l’entrejeu par Viergever, arrivé de l’AZ.

 

Pressing de l’Ajax et réponses parisiennes :

Habitué à avoir la possession de balle dans son championnat, l’Ajax a annoncé rapidement la couleur dans ce match : dès le coup d’envoi, portés par Sigthorsson et Klaassen, les Néerlandais ont forcé le PSG à redescendre le ballon jusqu’à Sirigu. Les deux joueurs les plus offensifs de Franck de Boer se sont focalisés ensuite sur la relance parisienne, celle-ci tournant autour de David Luiz, Marquinhos et Thiago Motta (ciblé par Klaassen). Formant le deuxième rideau dans l’axe, Viergever et Serero se retrouvaient face à Matuidi et Verratti sur ces phases de pressing dans le camp parisien.

Klaassen et Sigthorsson font vont presser la relance parisienne, couverts par Serero et

Klaassen et Sigthorsson font vont presser la relance parisienne, couverts par Serero et Viergever dans l’axe. A noter que ce sont du coup les défenseurs centraux ajacides qui doivent alors suivre les mouvements d’Ibrahimovic. 

Les Parisiens ont toutefois rapidement trouvé des solutions pour se défaire du pressing ajacide. En utilisant la largeur, ils parvenaient à s’appuyer sur le trois contre deux à leur avantage au départ des actions, et remontaient ensuite le terrain jusqu’aux abords du rond central. Là, le pressing de l’Ajax se relâchait : Verratti et Matuidi pouvaient redescendre sans être pressés en raison de la présence d’Ibrahimovic entre les lignes, qui était désormais un danger pour la défense en cas de passe réussie vers lui.

Arrivé dans l’entrejeu, les Parisiens se retrouvaient face à un Ajax laissant Klaassen et Sighthorsson en première ligne et cherchant à protéger au mieux sa défense centrale. Paris a ainsi cherché à jouer dans le dos de cette dernière, comme sur l’action aboutissant à l’ouverture du score (Cavani 14e, suite à un ballon récupéré par Lucas face à Boilesen). Pour construire, les Parisiens s’en remettaient à la disponibilité d’Ibrahimovic, qui dominait physiquement ses adversaires lorsqu’il décrochait.

Le Suédois a particulièrement pesé sur le côté gauche. Logique puisque celui-ci était abandonné par Cavani, qui repiquait dans l’axe pour compenser les déplacements de son capitaine au milieu de terrain. Dans cette zone, Ibrahimovic recherchait ensuite les appels de Maxwell ou Matuidi, qui apportaient la profondeur nécessaire pour pénétrer dans le dernier tiers. De l’autre côté du terrain, Lucas Moura et Van der Wiel devaient se débrouiller et mettre eux-mêmes de la vitesse dans leurs combinaisons face à Andersen et Boilesen.

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Alors que Paris a remonté assez le ballon pour voir le pressing adverse se relâcher, le jeu des compensations côté gauche permet à Ibrahimovic de décrocher : Cavani prend la pointe de l’attaque et Maxwell monte dans le couloir gauche.

L’Ajax sans solution : 

Malgré les tentatives néerlandaises pour le perturber, c’est donc bien le PSG qui a mis le pied sur le ballon durant la première mi-temps. Bénéficiant d’une erreur grossière de Boilesen pour prendre l’avantage, les Parisiens ont ajouté à leur maîtrise technique une domination quasi-totale dans les duels dans l’entrejeu. Parfois supplées par leurs attaquants, les trois milieux de terrain ont complètement étouffé leurs homologues. 

Au lieu de rester en position, Matuidi, Thiago Motta et Verratti se sont en effet calqués sur leurs adversaires. Résultat, lorsque l’Ajax repartait de Moisander ou Veltman, ces derniers n’avaient aucune solution courte pour ressortir le ballon. Viergever était bloqué par Matuidi. Il laissait derrière lui Thiago Motta et Verratti qui se chargeaient d’éteindre Klaassen et Serero. Sur les côtés, Lucas Moura et Cavani répondaient aux montées de Boilesen et Van Rhijn. Ils revenaient même aider leurs latéraux dans les duels qu’ils avaient à disputer avec Schöne (vs Maxwell) et Andersen (vs Van der Wiel).

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Mis à part sur quelques séquences de pressing initiées par ses attaquants, le PSG a laissé Moisander et Veltman avec le ballon. Ce sont les milieux qui devaient récupérer ce dernier dans leurs duels avec leurs homologues néerlandais. Très efficace en première mi-temps, Verratti a récupéré plusieurs ballons de contre intéressants mais aucun n’a abouti sur une occasion. 

Résultat de ce plan de jeu défensif, les rares approches de l’Ajax en première mi-temps sont venues de montées de Moisander, défenseur central gauche dans le système de De Boer. Même lorsqu’il se retrouvait dans son camp, le PSG faisait les efforts nécessaires pour remonter son bloc à la moindre passe en retrait adverse. L’objectif était de ne laisser aucun espace aux milieux néerlandais, et ainsi d’obliger les défenseurs à prendre des risques (Moisander toujours). Le but inscrit rapidement leur a permis de « gérer » et à la pause, il était difficile d’imaginer la deuxième mi-temps qui allait suivre.

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Non-suivi par Ibrahimovic, Moisander remonte le ballon mais n’a pas de solution. Plus il s’enfonce dans le camp parisien et plus le danger est évidemment important en cas de ballon perdu. Afin d’éviter cela, il terminera d’ailleurs souvent ces montées lui-même (centre ou tir). 

 

Zimling profite du relâchement parisien : 

Au retour des vestiaires, Frank de Boer décidait de réagir non pas sur le plan tactique mais en changeant un homme : son « numéro 6 ». Zimling entrait en jeu à la place de Viergever, et dès les premières minutes de cette deuxième mi-temps, le Danois prêté par Mayence a eu un impact énorme sur le jeu. Alors que Viergever était suivi par Matuidi, Zimling a eu beaucoup plus de liberté et est devenu la rampe de lancement qui permettait à l’Ajax de s’installer dans le camp parisien et de rivaliser en terme de possession de balle.

Oeuvrant majoritairement plein axe, il recherchait ensuite – et trouvait – les relais de Serero et Klaassen, qui pouvaient jouer plus haut qu’en première période grâce à ce nouveau relais. Beaucoup plus proches de Sigthorsson, puis de Schöne qui est passé en pointe après l’entrée d’El-Ghazi, ces derniers permettaient d’orienter le jeu vers les côtés où les paires ailier-latéral étaient enfin disponibles et servies dans le bon rythme. Et si elles ne faisaient pas la différence, elles pouvaient toujours ressortir le ballon sur Zimling, qui veillait à toujours se rendre disponible au milieu de terrain.

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Dès la reprise, Paris relâche sa présence dans l’entrejeu. Alors qu’il suivait Viergever en première mi-temps, Matuidi laisse beaucoup de libertés à Zimling, préférant densifier le milieu autour de Thiago Motta. Problème, les passes du Danois sont précises et les ballons arrivent jusqu’à Serero ou Klaassen, qui se montrent aussi habiles dans les petits espaces. 

La distribution des passes des deux milieux de l'Ajax :

La distribution des passes des deux milieux de l’Ajax : en première mi-temps, le positionnement des milieux parisiens a bloqué Viergever, le forçant à jouer latéralement et majoritairement dans son camp (à gauche). Après la pause, le recul du PSG a ouvert beaucou plus de champ à Zimling, qui a pu aller de l’avant et surtout peser sur le jeu dans le camp parisien (à droite). 

Blanc sans réaction : 

Criant dès les premières minutes de ce second acte, l’impact de Zimling sur le jeu néerlandais est allé en grandissant alors que l’Ajax multipliait les séquences de possession dans le camp parisien. Passé l’heure de jeu, la bataille du milieu avait clairement basculé en faveur des Néerlandais. Ni Matuidi, ni Verratti et encore moins Thiago Motta ne pouvaient sortir sur le milieu néerlandais, qui assurait la première passe et l’installation du jeu dans le camp parisien. Une domination qui s’accompagnait évidemment de nouveau par le pressing vu en début de partie.

Le PSG est alors devenu beaucoup trop dépendant de la disponibilité d’Ibrahimovic pour ressortir les ballons. Le Suédois a dû redescendre très bas pour soulager ses partenaires ; il a même offert un belle opportunité de break à Lucas en contre-attaque mais ce dernier n’a pu la convertir. En défendant plus bas, les Parisiens ont beaucoup plus couru, ce qui leur a coûté de l’énergie : bilan, les phases de possession sont devenues stériles car sans profondeur. Efficace pendant les 45 premières minutes, le côté gauche a ainsi été complètement éteint par la prise de contrôle ajacide.

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La distribution des passes du PSG. A gauche, la première mi-temps : le jeu penche à gauche et le PSG contrôle le jeu depuis sa moitié de terrain où les passes sont nombreuses. A droite, la deuxième mi-temps avec une maîtrise moindre et un jeu qui penche désormais côté opposé sur les seules « fulgurances » de Lucas Moura. 

Et après avoir vu le PSG loupé plusieurs balles de break, ce qui devait arriver arriva : l’égalisation – sur coup-franc direct – en faveur des locaux signée Schöne (73e). De quoi apporter encore plus de confiance aux favoris de l’Arena qui sont repartis de plus belle durant le dernier quart d’heure, seulement inquiétés par quelques fulgurances de Lavezzi dans les dernières minutes. Alors que Zimling avait pris les choses en main dès la 47e minute, Laurent Blanc a attendu la 82e pour modifier son système. Sans doute trop tard pour renverser la tendance, alors que l’Ajax avait pu reprendre confiance.

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