Barcelone 2-1 Atletico Madrid : l’analyse des 3 buts

Compléments obligatoire de l’analyse tactique de la rencontre, les trois buts nous enseignent pas mal de choses sur les problèmes rencontrés et solutions proposés par le FC Barcelone et l’Atletico Madrid lors de leur opposition samedi après-midi.

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0-1, 10ème minute : Koke (Atletico Madrid)

L’Atletico Madrid est très bien entré dans ce match et met le Barça en grande difficulté dans sa moitié de terrain. Son pressing haut est efficace et son jeu direct après récupération renvoie très rapidement le jeu dans le camp blaugrana. A défaut de mener des attaques rapides jusqu’au bout, les Colchoneros construisent à partir des phases arrêtées qu’ils obtiennent. Si beaucoup pensent aux coups de pied arrêtés lorsque l’on évoque ces séquences, les hommes de Diego Simeone savent aussi profiter des remises en jeu à la main…

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La mise en place de départ permet déjà de constater la proximité de tous les joueurs à vocation offensive de l’Atletico. L’équipe a beau remonter le terrain très vite, elle laisse parler la créativité, la technique et la mobilité de ses attaquants lorsque l’on s’approche du but adverse. Le Barça est obligé de suivre le mouvement pour réduire les intervalles : la défense et le milieu évoluent dans un tout petit périmètre par rapport à l’immensité du terrain du Camp Nou.

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Juanfran choisit de s’appuyer sur Saul Niguez, au duel avec Jordi Alba. L’ancien latéral de Valence est clairement un point faible pour le Barça sur ce type d’actions et l’Atletico le sait : cela fait plusieurs matchs que Simeone cible sa zone, notamment quand il faut passer par les airs (cf. Raul Garcia). Cette fois encore, Alba subit le duel et la bonne couverture de balle de Saul, qui fait le travail pour se retourner.

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Battu, Jordi Alba tombe et laisse filer son adversaire. Dans sa chute, il ralentit aussi Javier Mascherano, qui ne peut plus revenir. Plus personne ne peut intervenir pour empêcher le centre. Le Barça doit s’en remettre aux joueurs en train de revenir dans la surface pour écarter le danger. Aux premières loges pour le centre, Piqué a de fortes chances d’être lobé. Dans les 16 mètres, le Barça n’a plus que Daniel Alves pour couper la trajectoire de course de Griezmann, en avance sur Busquets.

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Rakitic est du coup le seul joueur capable de reprendre Koke. Mais le Croate ne s’est jusqu’ici pas renseigné sur la position du milieu de terrain de l’Atletico. Son premier coup d’oeil intervient quelques dixièmes de secondes avant le centre. Trop tard pour espérer revenir si le ballon lui parvient.

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Mais au départ, Saul Niguez a bien ciblé Griezmann au premier poteau. Le problème, c’est que Daniel Alves passe au travers et ne parvient pas à renvoyer le ballon dans son duel avec le Français. Koke en profite et récupère le ballon plein axe. Rakitic est battu mais il n’est pas le seul surpris : Claudio Bravo se retrouve très mal placé par rapport au nouveau tireur, alors qu’il était en bonne position en cas de reprise de son ancien partenaire à la Real Sociedad.

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La demi-volée n’est pas facile mais Koke parvient au moins à la cadrer. La trajectoire de sa frappe est quasiment rectiligne. Sans être surpuissante, elle part avec assez de vitesse pour tromper Bravo, dont le plongeon ne parvient pas à rattraper son mauvais positionnement.

S’il est venu parachever l’excellente entame de match de l’Atletico, ce but illustre aussi les difficultés rencontrées par le Barça face à la vivacité des attaquants adverses. En phase défensive, les Catalans ont eu beaucoup de mal à contenir les assauts adverses, surtout dans les petits espaces où Saul Niguez ou Ferreira-Carrasco ont souvent fait la différence. 

1-1, 30e minute : Messi (FC Barcelone)

Même s’il est toujours mené, le Barça va beaucoup mieux à ce moment de la partie. Il a notamment trouvé la solution pour déjouer le pressing madrilène dans sa moitié de terrain. On se dirige alors doucement vers un attaque-défense dans le camp de l’Atletico. Le 4-4-2 madrilène fait le travail pour diriger les assauts vers les zones les moins dangereuses sur les côtés… mais il reste à la merci d’un éclair individuel, qui peut intervenir à tout moment vu la qualité présente chez l’adversaire.  

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Tout part justement d’une action classique du Barça dans ce match, à savoir la recherche d’une passe à l’intérieur du bloc madrilène pour trouver un relais. Servi par Daniel Alves, c’est Luis Suarez qui s’y colle et l’Atletico réagit rapidement en lui mettant trois joueurs sur le dos : Gabi et Augusto dans l’entrejeu et surtout Gimenez qui sort de sa défense pour l’empêcher de se retourner et compléter la prise à trois.

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Mais Suarez parvient à se retourner. Il élimine de fait les deux milieux adverses, et embarque Gimenez avec lui. Au lieu de continuer son action en solitaire, il choisit de s’appuyer sur Messi, désormais disponible dans l’axe.

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A son tour, l’Argentin se retrouve pris par trois adversaires : Gabi et Augusto sont toujours là et ils sont rejoints par Saul Niguez, venu renforcer l’axe et surtout bloquer la progression du Ballon d’Or 2015 vers le but d’Oblak… mais pour la deuxième fois d’affilée, c’est bien le Barcelonais qui va prendre le dessus malgré le trois-contre-un.

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C’est Godin, spectateur depuis le début de l’action, qui doit intervenir pour mettre fin à la progression de Messi. Le défenseur de la Celeste lui enlève le ballon des pieds mais ce dernier traîne toujours dans la surface de réparation.

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Finalement, c’est Augusto qui se charge d’écarter le danger en renvoyant le ballon au loin. Mais l’échange entre Suarez et Messi a fait des dégâts dans l’organisation de l’Atletico. La doublette MS a en effet fixé pas moins de six joueurs sur cette séquence si on prend en compte Filipe Luis et surtout Saul Niguez, revenu défendre dans l’axe sur Messi.

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C’est cette désorganisation qui profite au Barça sur la suite de l’action. Au lieu de conserver le ballon, Mascherano remet en une touche de balle le jeu dans les 20 derniers mètres adverses. L’Argentin ne laisse ainsi pas assez de temps au bloc adverse pour qu’il puisse se repositionner. Seul à l’angle de la surface, Neymar se retrouve avec beaucoup d’espaces pour prendre le ballon et se mettre dans le sens du jeu, chose quasi-impossible lorsque le bloc de l’Atletico est en place dans ses 30 mètres.

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Le Brésilien se retrouve face à Gabi, Saul Niguez et Juanfran, qui lui ferment l’axe. Mais l’action se développe sur l’extérieur avec la montée de Jordi Alba.

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Neymar lance l’ancien latéral de Valence dans la surface. Ce sont ensuite les automatismes entre les joueurs du Barça qui font la différence. Alors que Rakitic appelle le ballon au deuxième poteau et que tous les joueurs de l’Atletico sont embarqués par la course d’Alba, Messi prend le contre-pied et va offrir une solution en retrait.

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En un crochet, Jordi Alba met son adversaire le plus proche à terre en plus de tromper les trois autres qui se repliaient vers le but d’Oblak. Le reste de l’action se joue ensuite sur le duel entre Messi et Koke, qui a compris que l’Argentin était le danger n°1 sur cette séquence.

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Malgré ça, le milieu de l’Atletico ne parvient pas à rattraper son temps de retard sur l’Argentin. Messi passe devant son vis-à-vis et bat Oblak d’une frappe sèche au premier poteau, qui prend le portier de l’Atletico à contre-pied.

Même si l’Atletico est victime sur cette séquence, elle résume toute la difficulté qu’ont ses adversaires à prendre en défaut sa défense de position. Le Barça a en effet eu besoin de deux exploits individuels (trois contre un pour Suarez puis Messi) pour la désorganiser. Le coup de grâce « collectif » a été donné par la relance en une touche de Mascherano, qui n’a pas laissé le temps à l’Atletico de se réorganiser. Qualités individuelles et surtout rythme à la récupération, voilà peut-être les uniques facteurs pour trouver la faille face au bloc regroupé des Colchoneros. 

2-1, 38ème minute : Luis Suarez (FC Barcelone)

Nous sommes huit minutes après l’égalisation de Messi et le Barça a accentué sa domination au milieu de terrain. L’Atletico n’a plus réellement de situations dangereuses à son actif et multiplie surtout les fautes. Le recul de Busquets sur les séquences de relance permet à son équipe de déjouer aisément le pressing adverse pour porter le jeu dans le camp madrilène.  

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La relance à trois du Barça à l’oeuvre. Mascherano profite du surnombre offert par le décrochage de Busquets pour attaquer l’espace à droite de Griezmann.

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L’Argentin s’appuie sur Iniesta qui se retrouve dans le rôle joué initialement par la sentinelle du Barça. Menacé par Gabi, le milieu de terrain ne prend pas de risques et renverse le jeu vers Piqué, libre à l’opposée.

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En deux passes, le Barça a ainsi pris à défaut une organisation qui lui posait beaucoup plus de problèmes lorsqu’il était dans sa configuration initiale. L’Atletico entame sa phase de repli alors que Piqué progresse avec le ballon.

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On se retrouve ici à un moment-charnière dans l’organisation de l’Atletico : l’équipe a le choix entre déclencher un nouveau pressing (option 1 : sortie de Koke sur Alves) ou poursuivre son repli défensif (option 2 : Koke reste en position afin de fermer l’intérieur à son vis-à-vis). Et le souci quand il existe deux options, c’est que l’on peut choisir la mauvaise… à cet instant précis, il y a encore trop d’espaces dans le dos de la défense pour qu’il n’y ait pas de danger face à un adversaire comme le Barça.

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Koke choisit de s’arrêter pour cadrer Alves et diriger son jeu court. Mais il laisse beaucoup trop de champ libre et de temps au latéral : celui-ci lève la tête et voit (déclenche ?) l’appel en profondeur de Suarez. Koke s’est positionné pour faire face à du jeu court, il se retrouve face à du jeu long.

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L’ouverture est parfaite puisqu’elle retombe dans la course de Suarez, pile entre les deux défenseurs centraux de l’Atletico (Gimenez et Godin). Le second est d’ores et déjà battu. Au contact de Suarez au départ de l’action, Gimenez est en retard mais peut encore revenir.

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Il parvient même à rattraper Suarez mais se heurte alors à la superbe protection de balle de l’avant-centre du Barça. Ce dernier se positionne parfaitement entre le ballon et son adversaire, l’empêchant d’intervenir.

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Dans la foulée, sa vitesse d’exécution fait le reste puisqu’il n’a besoin que d’une touche pour frapper et tromper Oblak, son tir passant entre les jambes du gardien.

Une fois encore, cette action met en avant la qualité individuelle du Barça (passe d’Alves, jeu de corps et finition de Suarez). Tactiquement, elle a aussi un intérêt puisqu’elle déclenchée pendant une période précise : celle où le bloc de l’Atletico oscille entre sa phase de repli et sa position défensive. Le jeu long d’Alves (et l’appel de Suarez) est venu surprendre la défense, qui s’apprêtait à affronter une nouvelle phase placée de la part du Barça. Voilà un point important pour des équipes qui affrontent des adversaires alternant séquences hautes et phases défensives basses : trouver l’instant où une simple variation de jeu peut faire voler en éclats le système défensif, alors pris entre deux séquences.

Lien : Les analyses sur l’Atletico Madrid 

Lien : Les analyses sur le FC Barcelone 

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