France 4-1 Bulgarie : l’analyse tactique

Coupable d’une entame de match catastrophique, la France s’est offert quelques frissons avant de faire tranquillement la différence face à une faible sélection bulgare. En moins d’une demi-heure, les Bleus ont renversé la tendance et se sont offerts une deuxième mi-temps tranquille. Idéal avant leur première confrontation avec les Pays-Bas. Analyse de cette deuxième sortie de l’EdF en route vers la Coupe du Monde 2016.

Les compos :

A défaut de régler les problèmes de fond, on ne change pas une formule qui ramène des résultats. Par rapport au match en Biélorussie, Didier Deschamps a conservé le système installé pendant l’Euro (4-4-2) en faisant 4 changements : Sagna remplace Sidibé, Matuidi – Kanté, Payet – Martial et Gameiro – Giroud. En face, la Bulgarie s’est elle aussi présentée en 4-4-2.

Pour les Bulgares, il s’agissait de laisser l’équipe de France venir. Leurs attaquants se situaient dans la zone des milieux de terrain français (Pogba-Matuidi) mais n’appliquaient pas une très grande pression. Ces derniers avaient le temps d’orienter le jeu, mais les solutions pour jouer vers l’avant manquaient en raison de deux lignes de quatre bien resserrées en début de partie.

Encore des problèmes d’équilibre 

Les joueurs de Petar Houbtchev ont réussi une entame parfaite de ce point de vue en profitant des déséquilibres dans l’animation offensive des Bleus. On en avait déjà vu en Biélorussie sur le flanc gauche. Cette fois, c’est le côté droit de l’équipe de France qui a manqué d’équilibre. Un point commun à ces deux soucis : Paul Pogba. Malgré la présence de Sissoko et Sagna à ses côtés, pourtant moins offensifs que Martial et Kurzawa (ses partenaires en Biélorussie), le flanc gardé par le milieu de United a été le moins solide.

En l’espace de cinq minutes, la Bulgarie a sorti 3 ballons de cette zone. A défaut d’avoir un Kanté à ses côtés (comme contre la Biélorussie), Pogba a pu se reposer sur les bonnes anticipations de Varane pour le couvrir. Le défenseur du Real Madrid a commencé son match par deux interventions réussies. Mais il a suffit qu’il soit légèrement en retard sur la 3ème pour que la Bulgarie ait la possibilité de lancer Milanov en profondeur (0-1, Aleksandrov).

pogbal

A gauche en revanche, Koscielny a passé une soirée bien plus tranquille du fait de la présence quasi-systématique de Blaise Matuidi en couverture de Payet et Kurzawa. Le Parisien a été plus discret que d’habitude, dans un rôle qui ne sied d’ailleurs pas du tout à ses qualités en phase de construction, mais il a au moins eu le mérite de verrouiller son côté et de permettre à ses partenaires directs (Kurzawa, Payet) de se porter à l’attaque.

Les performances de Pogba contre la Biélorussie et la Bulgarie sont d’autant plus décevantes qu’il avait réalisé une excellente deuxième partie d’Euro dans ce rôle de milieu plus reculé, bien plus discret offensivement mais ô combien important pour l’équilibre de l’équipe en phase offensive. La faiblesse de l’opposition a fait que jusqu’ici, les Bleus n’ont pas été directement sanctionnés. A revoir contre des formations plus huppées.

Payet prend la mène

Ses problèmes d’équilibre n’ont toutefois pesé que sur les premières minutes de la rencontre. Menés au score, les Bleus sont entrés petit à petit dans leur match, cherchant désormais des solutions face au bloc bulgare. Peu à leur avantage, Pogba et Matuidi se sont noyés dans une circulation de balle latérale qui ne permettait pas d’avancer dans le terrain. Sissoko a bien tenté de permuter avec Pogba pour tenter de percuter plein axe, sans réussite.

C’est sans surprise que la solution est venue du seul créateur parmi les 4 milieux de terrain français alignés hier soir : Dimitri Payet. Calé sur son aile gauche en début de partie, l’ancien Marseillais s’est libéré de ce carcan pour aller chercher les ballons là où ils étaient : dans l’axe. Echangeant sa position avec Pogba, c’est lui qui lance Sagna sur le but égalisateur de Gameiro (23e). Il est ensuite intervenu dans la construction de son propre but en se rendant disponibles entre les lignes (26e).

payetl

Remplaçant face à la Biélorussie, Dimitri Payet avait déjà su mettre le jeu des Bleus dans le bon sens sans que ses partenaires n’en profitent. Hier soir, il a confirmé son statut d’indispensable à cette équipe dans les matchs où elle doit travailler en attaque placée. La faible intensité mise par l’adversaire au milieu lui a donné la possibilité de prendre les choses en main. Cette activité a en plus permis à Griezmann de rester plus haut sur le terrain et d’épauler son avant-centre.

Griezmann-Gameiro, merci Diego  

Titulaire à la pointe de l’attaque bleue pour la première fois depuis 5 ans, Kevin Gameiro a peut-être réalisé un sans-faute, malgré quelques ballons perdus. Si Didier Deschamps attendait avant tout de lui qu’il soit efficace, son doublé ne doit pas masquer la variété de sa performance. Relais dans le jeu, premier défenseur et véritable machine à appels de balle, l’ancien Lorientais a tout fait hier soir et se pose en une vraie alternative à Giroud ou Lacazette pour jouer aux côtés d’Antoine Griezmann.

Ses 2 buts symbolisent aussi la réussite retrouvée des Bleus, qui avaient manqué d’efficacité durant leur deuxième mi-temps en Biélorussie. On en revient toujours à la même histoire pour cette équipe, qui a du mal à se créer beaucoup d’occasions malgré les individualités qui la composent : la réussite lui est indispensable pour obtenir des résultats.

Et il faudra certainement qu’elle soit aussi efficace lundi face aux Pays-Bas. Vainqueurs 4-1 de la Biélorussie, les Oranjes semblent pour le moment être les principaux rivaux des Bleus dans la course à la première place du groupe. Si les joueurs de Didier Deschamps partent largement favoris, il faudra toutefois se méfier de cette équipe jeune et capable de se projeter vite vers l’avant (Wijnaldum, Promes…). Attention aux déséquilibres !

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