Bordeaux 2-0 Lyon : l’analyse vu du stade

Ancien choc, Bordeaux-Lyon s’est transformé en match de la peur ce dimanche soir. Pendant une bonne partie de la rencontre, jusqu’à ce que l’ouverture du score de Diarra ne la débloque en fait, Bordelais et Lyonnais voulaient éviter la défaite plutôt que de pousser pour aller chercher la victoire. Finalement, la balance a penché en faveur des Bordelais sur coup de pied arrêté marquant la fin d’un gros quart d’heure de domination. L’OL a eu ses moments aussi, mais Lisandro et Gomis ne les ont pas concrétisés. Analyses à la volée, de plusieurs moments et autres points-clés de ce match.

Avec le ballon :

– Bordeaux démarre la rencontre avec Diarra seul devant la défense, Plasil légèrement avancé et Jussiê en soutien de Maazou. Ben Khalfallah et Wendel animent les ailes et Maazou occupe la pointe de l’attaque. Très rapidement, l’animation bordelais nous permet de distinguer deux associations chargées d’animer les côtés : Wendel-Plasil à droite, Ben Khalfallah-Trémoulinas à gauche. Entre les deux, Jussiê a du mal à trouver sa place entre Maazou et ses milieux de terrain.

– Côté lyonnais, c’est du grand classique dans la lignée des deux dernières sorties. Makoun-Toulalan opèrent devant la défense et Gourcuff se retrouve en soutien de Lisandro. Comme présenté dans mon dernier billet (voir l’article), l’OL cherche à remonter par les ailes ou en touchant Lisandro dans l’axe. Problème, le jeu sur les côtés se réduit aux tentatives de prises de profondeur de Briand (qui réussit) et Bastos (qui se fait bouffer). Dans l’axe, Gourcuff est suivi comme son ombre par Diarra et Lisandro ne touche les ballons que lorsqu’il décroche dans son propre camp.

Sans le ballon :

Pas de surprise pour deux équipes qui doutent. Le pressing ne concerne que les joueurs offensifs des deux équipes. A Lyon, il n’est exercé que par Lisandro, qui se contente de rôder entre les deux défenseurs pour forcer les Bordelais à remonter le terrain par un seul côté… Généralement le gauche, Ciani (le stoppeur gauche) n’étant pas capable, à l’inverse de Fernando, de sauter le milieu de terrain pour trouver un coéquipier dans la profondeur (Ben Khalfallah, Maazou). Côté bordelais, sans le ballon, Jussiê, Plasil et/ou Ben Khalfallah vont mettre la pression par accoups, notamment sur Toulalan-Makoun pour couper la relation vers Lisandro. Derrière, le cinq (4 défenseurs + Diarra) reste en place et occupe toute la largeur du terrain.

Les duels :

– Briand/Trémoulinas et Sané/Bastos : Le jour et la nuit. Ou la différence entre un stoppeur reconverti latéral et un latéral offensif. Sané s’est régalé en renvoyant tous les ballons que les Lyonnais ont essayé d’envoyer par-dessus sa tête, à tel point qu’il n’a quasiment eu aucun duel à jouer face à son vis-à-vis brésilien. De l’autre côté, c’est tout l’inverse, Trémoulinas a eu énormément de mal à tenir face à Briand et s’est même signalé par des maladresses à la relance.

– Diarra/Gourcuff et Jussiê/Toulalan : Deux duels qui ont tourné à l’avantage des Bordelais. En retrouvant son poste devant la défense, Alou Diarra s’est retrouvé dans la zone de jeu de son ancien coéquipier. Il ne lui a pas cédé le moindre centimètre. Et lorsque Gourcuff décrochait, il se retrouvait avec un ou deux adversaires de plus sur le dos selon la zone dans laquelle il arrivait (Plasil, Jussiê, Wendel…). Dans l’autre moitié de terrain, Jussiê a mis une bonne demi-heure pour trouver la bonne carburation. Mais ceci fait, il a fait vivre un véritable calvaire à Toulalan, le prenant de vitesse très régulièrement.

Le coaching :

– La sortie de Lisandro : Étonnante à première vue, elle a quand même fait trembler la défense bordelaise à plusieurs reprises. Si un Lisandro hors de forme n’a pas inquiété un Fernando défenseur de fortune, Briand puis Gomis ont posé des problèmes au Brésilien qui aurait pu craquer avec Ciani si Carrasso ne s’était pas encore illustré sur la tentative de Gomis en fin de match.

– L’entrée de Ducasse : Elle intervient quelques minutes après celle de Pjanic, qui a fait passer l’OL de un à deux meneurs de jeu. Le but est simple : Diarra s’occupant de Gourcuff, Ducasse rentre pour faire la même sur le meneur bosnien. Et il le fait bien, en l’empêchant de jouer vers l’avant et en se permettant même quelques remontées de balle intéressantes.

Conclusion :

On va faire très court parce que je me répète. Et parce que vous l’avez compris. Bordeaux peut sortir de ce match rassuré sur les capacités et le potentiel de son collectif. Défensivement, l’arrivée du cerveau derrière (Fernando) a offert une certaine variété (court/long) qui, bien que limitée, a fait son effet sur le bloc lyonnais, échaudé par quelques balles dans son dos. Côté Puel, on regrettera évidemment l’énorme raté de Lisandro en fin de première période… Et l’on s’inquiètera du rendement de ceux que l’on attend comme les patrons du milieu de terrain (Toulalan, Gourcuff). Puisqu’ils sont les garants défensif et offensif de cette équipe, ils doivent être irréprochables. C’est loin d’être le cas.

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