Arsenal 3-0 Milan AC, l’analyse tactique

L’exploit paraissait impossible, les Gunners l’ont touché du doigt mardi soir, en menant 3-0 face au Milan AC au bout de 45 minutes de jeu. Allant offensif, prises de risques et pressing ont été les principaux ingrédients pour la démonstration d’Arsenal en première mi-temps. Mais, trop gourmands en énergie, ils ont aussi été -en partie- les raisons expliquant l’incapacité de l’équipe londonienne à poursuivre sur sa lancée au retour des vestiaires.

Les compositions :

Condamné à jouer son va-tout, Arsène Wenger aligne ses meilleures forces offensives d’entrée. Autour de Song et Rosicky, ce sont quatre véritables attaquants qui sont alignés, Chamberlain s’ajoutant au trio offensif habituel : Szczesny (13) – Sagna (3), Koscielny (6), Vermaelen (5), Gibbs (28) – Song (17), Rosicky (7), Chamberlain (15) – Walcott (14), Gervinho (27), Van Persie (10).

Côté milanais, trois titulaires du match aller ne sont pas au rendez-vous. Antonini est remplacé par Mesbah sur le flanc gauche de la défense, Seedorf par Emanuelson dans l’entrejeu. Et surtout, Boateng cède sa place au jeune El-Sharaawy pour compléter le trio offensif : Abbiati (32) – Abate (20), Mexès (5), Thiago Silva (33), Mesbah (15) – Van Bommel (4), Nocerino (22), Emanuelson (28) – El-Shaarawy (92), Robinho (70), Ibrahimovic (11).

Les Gunners jouent tous les coups :

Au match aller, le Milan AC avait posé d’énormes problèmes à la relance d’Arsenal. Pour rappel, le trio formé par Ibrahimovic, Robinho et surtout Boateng avait fait très mal à la paire Song-Arteta par son travail défensif. Outre l’absence de Boateng qui a largement affaibli la première ligne milanaise sur ces phases, les Gunners ont aussi tout donné pour accélérer le jeu le plus tôt possible. C’est notamment passé par les montées incessantes des latéraux dans les couloirs.

Ainsi, Sagna et Gibbs se sont régulièrement retrouvés en position d’accélérateurs du jeu. Héritant de la première balle venant des axiaux, ils cherchaient immédiatement à jouer avec Chamberlain, Song ou Rosicky, positionnés derrière la première ligne milanaise. Sitôt le ballon donné, ils se projetaient ensuite vers l’avant pour offrir une solution dans le couloir, permettant ainsi à l’ailier de rentrer dans l’axe pour à son tour offrir une solution entre les lignes milanaises. Les milieux de terrain se joignaient aussi à l’action une fois le ballon libéré, en se projetant dans les 30 derniers mètres pour multiplier les solutions.

Une fois le premier rideau milanais franchi, Arsenal a ainsi mis assez de vitesse et de mouvement dans son jeu pour perturber le 4+3 milanais qu’il n’avait pas réussi à mettre hors de position à l’aller. En prenant immédiatement le couloir (en jaune) après avoir libéré le premier ballon (en blanc), les latéraux d’Arsenal fixaient leurs homologues milanais. Dès lors, il revenait logiquement aux milieux de terrain -Emanuelson et Nocerino- de couvrir les appels à l’intérieur de Gervinho et Walcott, sous peine de mettre l’axe défensif en grand danger. L’ensemble milanais pouvait alors tenir la route, mais l’apport supplémentaire des milieux londoniens -Rosicky et Chamberlain en tête, Song ensuite- (en rouge) a fini le travail de perturbation, rendant la tâche très difficile pour Van Bommel -qui a quand même su résister malgré un carton jaune rapidement récolté-.

Milan recule, Arsenal presse :

Complètement dépassé dans l’entrejeu, le Milan AC doit revoir sa copie. La première conséquence visible est le repli défensif des deux premiers soutiens à Ibrahimovic. Robinho et El-Shaarawy vont désormais fermer les couloirs face aux montées des deux latéraux d’Arsenal, de manière à soutenir Mesbah et Abate. Il en résulte un recul du bloc milanais, et beaucoup plus d’espaces pour les chevauchées balle au pied. De positions excentrées, Chamberlain et Walcott en profiteront notamment sur les deux derniers buts d’Arsenal.

Mais surtout, le recul général du bloc milanais permet à Arsenal d’asseoir sa domination. Un pressing intense se met en place sur la relance milanaise, supprimant les ballons d’attaque des Italiens. Figure principale de ce gros travail défensif, Song sort parfois à hauteur de Van Bommel pour perturber les transmissions du Néerlandais. Les deux autres milieux de terrain couvrent dans son dos, formant une paire au marquage, au choix, de Robinho, Emanuelson ou Nocerino. Derrière, Koscielny se charge d’éteindre un Ibrahimovic battu dans quasiment tous les duels disputés avec le Français.

Dans ses meilleurs moments, Arsenal intensifie son pressing grâce à la présence de Sagna à hauteur de ses milieux de terrain pour s’occuper de Emanuelson. Dans ce cas, c’est toute l’équipe qui peut évoluer une ligne plus haut : le milieu sur Van Bommel peut alors monter pour mettre la pression sur un défenseur. En fin de première mi-temps, alors qu’Arsenal commence à baisser de pied, Emanuelson est d’ailleurs à l’origine de la première grosse occasion milanaise (par El-Shaarawy). Tout est parti d’une différence faite balle au pied face à des Gunners moins vifs et moins organisés dans leur pressing.

La résistance et le retour du Milan :

Cette occasion a sans doute sonné comme un très gros avertissement dans les têtes des Londoniens : un but du Milan et il aurait alors fallu en rajouter trois pour accrocher la qualification. Au retour des vestiaires, Arsenal revient néanmoins avec les mêmes intentions sur le plan défensif. Song sort toujours très haut et emmène l’équipe avec lui. Mais, petit à petit, le Milan AC retrouve son niveau et la maîtrise du ballon, cassant le rythme de son adversaire qui, lui-même, baisse de pied à partir de l’heure de jeu. Arsenal n’est alors plus en mesure de presser comme auparavant, et les latéraux peinent à monter aussi souvent qu’en début de partie sur les phases offensives.

Première conséquence : le Milan AC s’offre de longues phases de possession dans son propre camp, conclues par des attaques débutant sur les ailes -pour éviter le milieu à trois des Gunners- et cherchant les appuis de Ibrahimovic pour ensuite poursuivre dans l’axe. Plus mobile, le Suédois se rend beaucoup plus disponible et est plus facile à trouver dans le jeu court -alors qu’il était dominé par Koscielny à la réception de tous les longs ballons en première mi-temps-. L’entrée en jeu d’Aquilani a fini d’asseoir la reprise en main du milieu de terrain par les Milanais. Deuxième conséquence pour Arsenal : les non-montées des latéraux stéréotypent son jeu, qui devient de plus en plus direct au fil des minutes : Song et Chamberlain, touché au genou, n’ont plus les capacités physiques pour porter le ballon ou se présenter dans le camp adverse. L’entrée en jeu de Chamakh, pour tenter de récupérer et d’offrir un point d’appui sur des balles plus longues, confirme les difficultés des Gunners sur la fin de la rencontre.

Conclusion :

Arsenal a -vraiment- tout donné mais cela n’a pas suffit. Son projet de jeu très gourmand en courses et en énergie ne lui a pas permis de tenir plus d’une heure. Tout s’est sans doute joué sur la dernière occasion de Van Persie, sauvée miraculeusement par Abbiati. Et encore… Le Milan a donné l’impression de terminer cette rencontre en position de force, notamment grâce à une maîtrise retrouvée au milieu de terrain. Rien ne dit alors qu’il n’aurait pas mis le petit but nécessaire à son bonheur durant les prolongations.

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7 réponses

  1. aziz dit :

    Ok pour l’analyse. Cependant, il ne faut pas oublier que les buts d’Arsenal ont été marqués suite à des erreurs incroyables du Milan. Le sang froid du Milan en deuxième mi-temps montre aussi que cette équipe reste le challenger numéro 1 après le grands favoris Barça et Réal.

  2. jojofoot225 dit :

    Dommag que le banc des gunners n’ait pas donné suffisamment d’alternatives à wenger.Car le retour de la pause des milanais était asse costaud.Il fallait donc injecter du sang neuf et de la qualité pour maintenir le rythme de la première mi-temps.

  3. D’accord avec vous deux oui. Les erreurs du Milan ont été assez dingues, l’analyse se penche plus sur le volet maîtrise retrouvé d’Arsenal et domination dans l’opposition. Ok aussi sur le Milan en premier outsider, au complet (et j’insiste sur Boateng), ils m’ont vraiment impressionné.

    Même chose que le banc des Gunners. Ils en ont cruellement manqué pour garder maîtrise et pression dans l’entrejeu pour espérer mettre le quatrième. Les changements offensifs n’étaient pas les plus importants à ce moment-là, mais Wenger n’avait en effet pas d’autres choix.

  4. Alem dit :

    Mais il faut se dire une chose : Arsenal a certes sorti un Gros Match mais ce ne veut pas dire pour autant qu’il méritait plus la qualif que les Milanais .
    Sinon j’aimerais bien voir Milan-Real !

  5. jojofoot225 dit :

    Surtout que les huitième ça se joue sur deux matchs et non un seul

  6. The teacha dit :

    Je ne suis pas tellement surpris de voir Milan en prendre 3 . A l’aller, Arsenal à été si faible qu’il n’était vraiment pas dur de leur en mettre 4. Mais Milan, je ne les vois ni champion, ni vainqueur de la C1. Leur bon classement est du à leurs victoires contre les petites équipes, ils ont perdu contre toutes les  » grosses » équipes, incapable de gagner les matchs au sommet ! ils ont perdu contre barça, naples, l’inter, la juve 2 fois + un nul chez eux,match nul a l’aller contre udinese et victoire de justesse au retour, lazio, bref. Ils se reposent trop sur Ibra, robinho brille contre les equipes moyennes, pato et boateng sont souvent absent, el sharawy est talentueux mais trop jeune… donc voila n’allez pas trop vite avec eux

  7. kelk'1 dit :

    Bonjour,
    The Teacha, cette année le Milan est premier de la Serie A avec son équipe B, en moyenne ils ont entre 12 à 14 blesses, M. Allegri n’a pu aligner son équipe type que 24 fois en 2 ans pour un bilan de 20 victoires, 3 Nuls & une seul défaite(2-3 contre le Barça).

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