Arsenal 0-0 Manchester City, l’analyse qui bute

Huit jours après avoir survolé Chelsea dans le derby londonien, Arsenal s’attaquait à l’autre équipe qui aspire à la première place du championnat actuellement détenue par Manchester United : Manchester City. Une victoire suffisait pour que les Gunners repassent devant leurs adversaires du soir, avec un match supplémentaire à jouer. Vainqueurs 3-0 au City of Manchester Stadium à l’aller, ils se sont cette fois cassés les dents sur une défense adverse imperméable, comme elle avait sur l’être face à United, Chelsea ou Tottenham précédemment.

– Pourquoi changer une équipe qui gagne face aux gros ? Au coup d’envoi, Arsène Wenger aligne le même onze qui a battu Chelsea la semaine dernière : Fabianski derrière une défense Sagna, Djourou, Koscielny, Clichy ; un milieu composé de Song et Wilshere derrière une ligne de trois Walcott, Nasri, Fabregas et Van Persie en pointe.

– Côté Man City, les cadres sont là, excepté Silva forfait mais quelques changements sont à noter. Le couloir gauche est occupé par un duo Zabaleta (en défense) et Jô (au milieu) pour affronter Walcott et Sagna. Pour le reste, c’est plutôt sans surprise : Hart dans les cages ; Kompany, Touré et Richards avec Zabaleta ; Barry – De Jong dans l’entrejeu ; Touré légèrement avancé derrière Tevez et avec Milner à droite.

Une fois n’est pas coutume dans ce genre de match, la rencontre démarre à 100 à l’heure. Et c’est principalement du fait d’Arsenal et ce, en deux temps. Sans le ballon tout d’abord, ils appliquent un pressing très intense pour forcer la relance adverse et récupérer tranquillement le ballon en défense. Lorsque le ballon est perdu, les joueurs les plus proches font le boulot pour tenter de le récupérer… Et comme Arsenal a pour habitude de jouer dans des petits périmètres, les coéquipiers n’ont pas beaucoup de chemin à faire pour venir presser à deux ou trois dans la même zone. Preuve de l’énorme entrée en matière des Gunners, le chalkboard comparatif des passes, complétées ou non, des deux formations sur les cinq premières minutes de jeu.


by Guardian Chalkboards

Sur ce début de match, Arsenal a donc le ballon et surtout la domination territoriale. Comme le montre le chalkboard, City n’a quasiment aucune présence au milieu de terrain. Loin de United et de son harcèlement constant sur la paire Song-Wilshere, la formation de Mancini patiente. Son credo, ne pas prendre le risque de se faire effacer et couper avant tout les solutions qui s’offrent aux porteurs de balle adverse. C’est ainsi que l’on voit De Jong et Barry s’échanger la surveillance des déplacements de Wilshere ou Fabregas et Touré s’occupant lui de Song lorsque celui-ci s’approche à une trentaine de mètres des buts de Joe Hart. Problème, les créatifs d’Arsenal ne se gènent pas pour permuter avec Nasri ou Van Persie ce qui perturbe grandement la première ligne défensive des Citizens.

Dans le schéma ci-dessus, Fabregas et Wilshere sont marqués par Barry et De Jong (cercles rouges). Ils se déplacent de façon à attirer les deux milieux adverses vers l’extérieur pour permettre à Van Persie ou Nasri de s’infiltrer à l’intérieur et profiter des espaces. Les montées conjointes des latéraux permettent dans le même temps de maintenir une menace de décalage sur les côtés pour éviter de voir le bloc de City se refermer complètement dans l’axe (Richards qui suivrait Nasri par exemple).

Complètement dominés dans l’entrejeu, les Citizens vont toutefois se montrer impériaux au moment de jouer les moments décisifs aux abords de leur surface de réparation. Conscients de leurs limites après le début de match des Gunners, ils vont se replier autour de leurs vingt derniers mètres avec une seule chose à l’idée : ne surtout pas se faire éliminer, quitte à ne pas attaquer le porteur et à lui permettre de frapper au but de l’entrée de la surface. Le but ici est d’empêcher les mouvements dans les petits périmètres, l’une des spécialités d’Arsenal à l’approche du but adverse. Pas de pressing, pas de solution de ce genre pour le porteur. C’est ainsi que mis à part une frappe de Wilshere après un joli mouvement emmenée par une percussion plein axe de Nasri (voir schéma précédent), Joe Hart ne sera inquiété que sur des frappes à mi-distance.


by Guardian Chalkboards

Outre ces tentatives lointaines, les Gunners vont aussi tenter de profiter de l’espace laissé libre par City à 40/30 mètres des buts de Hart pour varier les mouvements. Koscielny s’essaie à une montée pour apporter le surnombre : la panique dans le bloc adverse à ce moment-là prouvera d’ailleurs qu’il aurait été intéressant que l’ancien Lorientais retente ce genre d’entreprise. Mais on assistera surtout à des tentatives de Fabregas de passer au-dessus du bloc adverse pour trouver Walcott dans le peu de profondeur restant. Mais n’est pas le duo Xavi – Messi qui veut.

Au retour des vestiaires, Arsenal change quelque peu ses plans et tente d’étirer le bloc de City à partir du milieu de terrain. Pour donner un exemple, la majorité des mouvements de la première période démarrait dans l’axe. Désormais, ils peuvent aussi être lancées par des passes vers l’intérieur des latéraux pour leurs milieux de terrain qui arrivent lancés. Après Fabregas et Wilshere, c’est Van Persie qui se charge de perturber le marquage adverse en décrochant ou en s’excentrant de sa zone habituelle. Le Néerlandais sera d’ailleurs à l’auteur de la plus grosse occasion du match : une frappe des 25 mètres sortie de la lucarne par Joe Hart. Preuve malgré tout que si Arsenal change quelque peu son animation, City ne craque pas.

Ci-dessus un exemple des possibilités offertes au latéral une fois le ballon relancé de l’arrière.

L’heure des coachs arrive alors et Mancini est le premier à dégainer : Jo out au profit de Johnson qui fait glisser Milner sur le côté gauche. Il n’est pas difficile d’expliquer ce changement : la fin du match approche, City densifie son axe en faisant reculer définitivement Yaya Touré, jusqu’ici en soutien de Tevez, et compte sur ses deux ailiers désormais inversés pour combiner avec l’Argentin. Quelques mouvements se développent mais rien pour inquiéter vraiment Fabianski. De son côté, Wenger décide de sortir l’atout Arshavin, qui a déjà roulé plusieurs défenses avec ses rentrées dans l’axe et ses frappes enroulées. Mais le Russe s’installe à droite en lieu et place de Walcott, sans succès. L’entrée de Bendtner à la place de Wilshere en fin de partie ne change rien à l’affaire non plus, elle n’a même pas mis en danger Arsenal derrière.

Conclusion :

Un match parti sur un rythme fou mais qui s’est très rapidement calmé lorsque City a commencé à rivaliser dans la possession de balle. Les hommes de Mancini étaient venus pour prendre un point, ils ont tout fait pour (défense acharnée et phase de possession sans prises de risque) et ont réussi leur coup. Côté Gunners, les regrets sont forcément là mais il était difficile d’imaginer mieux : mis à part les frappes lointaines, la plupart des actions dangereuses sont partis de récupérations de balle assez hautes alors que City se déployait. Il a suffi que City limite les risques dans cette phase de relance pour éviter cela. A l’arrivée, ce point pris satisfera peut-être les Gunners en fin de saison, qui sait ?

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