Villarreal 2-1 Naples, l’analyse tactique

Le match aller s’était achevé sur un 0-0 décevant entre deux équipes pas forcément concernées à 100% par l’Europe cette saison. Le retour a été d’un tout autre acabit puisque le niveau et l’intensité étaient présents sur la pelouse du Madrigal ce jeudi soir. Même sans Cavani au coup d’envoi, les deux formations ont offert un spectacle très agréable dont Villarreal est sorti vainqueur grâce à son rapide réveil après l’ouverture du score adverse. Décryptage.

Première mi-temps :

Le premier quart d’heure de la rencontre est largement à l’avantage des Napolitains. Le 3-4-3 de Mazzarri éteint complètement le jeu habituel de Villarreal. Dans l’entrejeu, Bruno Soriano et Borja Valero sont constamment mis sous pression par Yebda et Gargano. Les déplacements à l’intérieur de Cani et Santi Cazorla, censé apporter plus de solutions aux deux relanceurs, sont eux suivis de près par les deux joueurs de couloir du Napoli (Zuniga et Dossena).

Naples en place au milieu de terrain, Villarreal n’arrive pas non plus à le sauter pour alerter directement Rossi et Nilmar pour enchaîner ensuite. Le trio offensif italien (Hamsik, Sosa, Lavezzi) presse et gêne les relances des défenseurs. Si ces derniers arrivent à allonger, c’est souvent faute de mieux et parce qu’ils risquent de perdre le ballon. A la réception de ses longs renvois, les trois stoppeurs du Napoli n’ont plus qu’à s’élever (ou se baisser, c’est selon) pour récupérer les ballons face à Nilmar et Rossi.

Défendre, c’est bien. Mais après un 0-0 à l’aller, attaquer c’est mieux. Bien dans son match, Naples attaque la plupart du temps depuis son aile droite. Le latéral colombien Zuniga profite du repli défaillant de Cani (très souvent dans l’axe) pour venir porter le surnombre dans la zone de Capdevila. Il apporte ainsi un solution supplémentaire pour Hamsik et Sosa qui anime déjà cette zone. Le but du Slovaque (17e) vient d’ailleurs d’un corner partant de ce côté droit et joué à deux avec Zuniga.

Le Sous-Marin sort de l’eau :

Les adeptes des formules idiotes diront que Naples a marqué trop tôt. Car le but inscrit par Hamsik réveille Villarreal. Les quatre offensifs (Nilmar, Rossi, Santi et Cani) sont beaucoup plus mobiles. Rossi et Santi profitent notamment des montées de Zuniga pour aller peser sur le flanc droit de la défense de Naples (rouge). Couverture oblige, c’est au stoppeur droit d’aller couvrir la zone du Colombien et c’est tout le bloc napolitain qui recule d’un cran pour limiter les espaces.

Conséquence, Gargano et Yebda reculent aussi, laissant avancer leurs adversaires directs. Si Bruno reste le plus souvent en couverture, Borja Valero va se régaler en avançant pour se retrouver derrière ses deux attaquants. Dans la foulée du milieu de terrain, exceptionnel hier soir, c’est tout le bloc de Villarreal qui avance : les latéraux apportent ainsi des solutions sur les ailes, laissant à Cani et Cazorla le soin de rentrer à l’intérieur pour gêner le bloc défensif adverse.

Pourtant, ce réveil espagnol n’empêche pas Naples de se créer une grosse balle de break. Désormais seul en pointe, Lavezzi se déplace sur tout le front de l’attaque et profite des montées de Capdevila et Gaspar pour partir dans leur dos. Il se crée ainsi l’occasion du 2-0 mais finit son rush de 50 mètres sur Diego Lopez, très bien sorti. La suite, c’est le pressing de Villarreal qui l’invente : Zuniga et Dossena se retrouvent mis sous pression par les latéraux adverses et c’est au tour de Yebda et Gargano de se retrouver au milieu. Naples craque finalement en trois minutes juste avant la pause sur deux services parfaits d’un Borja Valero en position avancée.

La suite ?

Mazzarri ne perd pas de temps à la reprise. Cavani remplace Sosa à la 53ème minute. Sans modification tactique de taille de la part du Napoli, l’entrée de l’Uruguayen oblige Villarreal à s’adapter. Il suffit que celui-ci prenne un ballon à 30 mètres des buts de Diego Lopez pour que la défense prenne peur. Du coup, côté espagnol, on limite les espaces, quitte à faire dans l’attentisme, et on compte sur la vitesse des quatre offensifs pour contre-attaquer.

Obligés de multiplier les allers-retours sur leurs ailes respectives, Santi Cazorla et Cani baissent logiquement de pied en fin de partie. Intelligemment, Garrido les remplace par Gullon et Catala (qui s’installe dans l’axe et met Borja Valero à droite). Naples pousse, Cavani touche le poteau mais Villarreal tient bon avec ses nouveaux ailiers. L’ajout d’un attaquant côté italien (Mascara pour Cribari) n’y changera rien. Villarreal s’impose et retrouvera le Bayer Leverkusen pour l’affiche du prochain tour.

Conclusion :

Un match aussi serré qu’intéressant. Les deux équipes ont eu leurs moments en première période, s’appuyant dans les deux cas sur une grosse présence dans la moitié de terrain adverse. Au retour des vestiaires, la domination se jouera plus sur la fraîcheur physique, l’engagement et l’apport des entrants… Malheureusement pour Naples, celui de Cavani n’aura pas suffit pour marquer le second but synonyme de qualification.

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1 réponse

  1. Guigui dit :

    J’ai trouvé ce match très intéressant, avec un rythme et une intensité incroyable en première mi-temps. Villarreal semble revenir à son niveau du début des années 2000 et il en va de même pour Naples, qui a retrouvé son standing et dont on devrait entendre parler les années à venir.

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