Venezuela 0-0 Paraguay, l’analyse tactique

Le Paraguay a réalisé quelque chose de très étonnant. Sans avoir remporté le moindre match, il s’est hissé en finale de la Copa America en profitant de sa qualité sur les séances de tirs au but. Car face au Venezuela, il n’a strictement rien montré d’autre dans le jeu… Ou beaucoup moins que son adversaire qui a tout tenté malgré ses moyens limités.

Les compositions :

Privé d’Alcaraz suspendu ou d’Estigarribia et Santa Cruz, annoncés blessés au coup d’envoi, Gerardo Martino doit s’adapter. Il reconstruit entièrement ses côtés et reconduit le duo Valdez – Barrios en attaque : Villar (1) – Caceres (6), Da Silva (14), Veron (2), Piris (3) – Santana (11), Riveros (16), Ortigoza (20), Barreto (8) – Valdez (18), Barrios (19).

Côté vénézuelien, César Farias doit aussi composer avec l’absence d’un de ses cadres : Rincon, suspendu après son expulsion en fin de match face au Chili. Il est remplacé, poste pour poste par Di Giorgi : Vega (1) – Rosales (16), Vizcarrondo (4), Perozo (20), Cichero (6) – Gonzales (11), Di Giorgi (5), Lucena (14), Arango (18) – Rondon (23), Moreno (15).

La mi-temps Rondon :

Est-ce la faute à la douce ambiance du stade de Mendoza ? Toujours est-il que le round d’observation entre les deux formations va s’éterniser. En plus d’avoir calqué leurs organisations, les deux formations multiplient les points communs sur le plan de l’animation. Les milieux axiaux sont, d’un côté comme de l’autre, très limités dans l’apport offensif. Côté Paraguayen, les milieux excentrés, axiaux de formation, sont plus dans un registre de passes que de percussion. Si le côté gauche des Guarani ne prend aucun risque, le duo formé par Caceres et Barreto réussit plusieurs combinaisons à droite. Le premier prend son couloir lorsque le second rentre à l’intérieur. Idem pour Arango à gauche du milieu vénézuélien qui travaille avec Cichero. A l’opposé, seul César Gonzales semble être en mesure de faire des étincelles dans l’entrejeu.

Ce constat fait au milieu de terrain, il faut dès lors se tourner vers les attaquants pour tenter de trouver des joueurs capables de percuter et de bouger les blocs adverses. Valdez est dans ce registre-là côté Paraguayen, sans succès, les défenseurs vénézuéliens ne cédant rien dans les duels et très peu d’espaces dans leur dos. Qui plus est, sa relation avec Barrios n’est pas des plus prolifiques. A l’inverse, avec Rondon, le Venezuela tient un joueur qui va poser beaucoup de problèmes aux défenses adverses.

Intelligemment, l’attaquant de Malaga multiplie les déplacements sur l’aile gauche de l’attaque vénézuélienne et ce, pour deux raisons. La première, c’est le besoin de liberté de Arango (son milieu gauche) pour ajuster ses passes et mener le jeu. La seconde, c’est tout simplement les montées répétées de Caceres (le latéral droit paraguayen) qui libère sa zone pour tenter d’apporter un plus offensif. Dès lors, Rondon attire vers lui le stoppeur droit adverse (Da Silva) ce qui crée un décalage dans la défense. Mieux, ses qualités physiques et techniques lui permettent de prendre le dessus sur son adversaire direct. Dès lors, un second Paraguayen doit venir à la rescousse : en l’occurence Riveros, le milieu axial droit (Caceres, 6 étant sur Arango, 18 et Barreto, 8, le milieu droit, sur Cichero, 6).

Venu aider son défenseur, Riveros lâche du coup le marquage de son adversaire direct, Lucena (cf. croix sur le schéma ci-dessus). Si le ballon ressort du couloir, celui-ci se retrouve avec une bonne chance, soit pour tenter une frappe, soit pour renverser le jeu et créer une situation dangereuse côté opposé. C’est ce qu’il fait sur la meilleure occasion vénézuélienne dans le jeu de la première période : un renversement directement sur César Gonzales qui fixe Piris avant d’adresser un centre en profondeur repris par Moreno (dont la tête heurte la barre) puis par Rondon (qui voit son tir repoussé par Villar).

Nouvelle donne paraguayenne :

Malgré l’activité de Rondon et les coups de pied arrêtés de Arango, le Venezuela ne parvient pas à passer devant au tableau d’affichage. A la reprise, il perd Perozo (20) blessé. Le défenseur central est remplacé par Rey (3) poste pour poste. Côté Paraguayen, aucun changement de joueur n’est à signaler ; mais les premières minutes de la rencontre permettent de noter une changement dans l’animation de Gerardo Martino. La paire Barrios-Valdez ne fonctionnant pas, « Tata » change ses plans concernant l’attaquant de Hercules.

Tout se passe sur le côté gauche paraguayen, qui n’avait rien montré avec Santana et Piris en première mi-temps. Obligés de passer par la droite avec Caceres et Barreto, le Paraguay s’était alors découvert, offrant des espaces à Rondon. Lors de ce second acte, l’attaquant de Malaga se fera très discret, tout autant que Caceres dans le camp adverse. Bref, si Martino décide de fermer le côté droit, il doit changer quelque chose à l’animation de son aile gauche. Lorsque le bloc est bas et le ballon de ce côté, aucun joueur ne décroche de l’avant : c’est Ortigoza qui s’excentre pour venir se charger de la relance. Devant, Valdez s’excentre pour proposer une solution, entre les deux Vénézueliens. Dans le même temps, le milieu gauche paraguayen (ici, Riveros, 16) rentre dans l’axe pour venir évoluer en tant que meneur de jeu / attaquant de soutien à Barrios. A l’opposé, Barreto continue de rentrer dans l’axe ce qui crée le surnombre face au milieu de terrain adverse, du coup mis sur le reculoir.

Cette nouvelle organisation permet au Paraguay d’afficher plus de maîtrise technique dans l’entrejeu, tout en fermant indirectement le couloir droit aux offensives de Rondon. Toutefois, les déplacements sur l’aile de Valdez font de Barrios une proie facile pour la défense centrale vénézuelienne. Aucun joueur ne prenant la profondeur devant lui désormais, il est sollicité pour jouer en appui (avec Riveros ou d’autres milieux) et se retrouve dominé dans la majorité des duels par Rey et Vizcarrondo. Le Paraguay paraît moins subir mais n’en devient pas plus efficace dans les 30 derniers mètres adverses.

Coaching :

A vingt minutes de la fin, les deux entraîneurs entrent en scène. Martino dégaine le premier en faisant entrer Estigarribia à la place de Barreto (71e). Le Manceau s’installe à droite le long de la ligne, Valdez reste à gauche et l’équipe retrouve un 4-3-3 plus habituel. Trois minutes plus tard, l’entrée en jeu de Santa Cruz à la place de Valdez remet le Paraguay dans une configuration similaire à son premier match face au Brésil : Estigarribia repasse à gauche et évolue en ailier de débordement. Santa Cruz lui, se replace à droite, mais évolue dans l’axe en soutien de Barrios pour offrir un point d’appui proche pour ses trois milieux de terrain (principalement ses deux relayeurs, Riveros et Santana). Malheureusement, il sort sur blessure cinq minutes plus tard, remplacé dans le même registre par Martinez (80e) mais pas avec la même efficacité (présumée, vu que Santa Cruz n’a eu le temps de rien faire).

Côté Vénézuelien, Miku entre en jeu poste pour poste avec Moreno (73e). L’attaquant de Getafe tente de faire côté droit ce que faisait Rondon côté gauche en première mi-temps. Cinq minutes avant la fin du temps règlementaire, César Gonzales cède sa place à Maldonado (85e). Ce dernier évolue dans l’axe entre les deux lignes défensives paraguayennes pour former un 4-3-3 avec un Arango positionné légèrement plus bas. La première mi-temps de la prolongation se résume à un festival du gaucher qui, libéré, dans une position entre-deux (milieu gauche et milieu axial) qui le libère d’adversaire direct, envoie plusieurs ouvertures dans la surface de Villar, sans succès pour Miku qui manquera d’en reprendre une de volée. Juste avant la mi-temps de la prolongation, Santana est expulsé côté Paraguayen. A partir de là, le dernier quart d’heure se résumera à des offensives du désespoir côté vénézuelien et des Paraguayens à la recherche de temps à gagner pour aller aux tirs au but. Comme si les deux équipes savaient déjà ce qui était prévu.

Conclusion :

A l’instar de l’Uruguay après sa victoire face à l’Argentine, le Paraguay était attendu au tournant pour se qualifier en patron face à un Venezuela arrivé ici avec ses moyens. Mais la formation de Gerardo Martino n’est au final passé que par la petite porte pour atteindre la finale. Sans rien montrer. En face, le Venezuela a tout tenté, frappant trois fois les poteaux, avant de s’incliner aux tirs au but. Sans démériter. Dimanche, c’est un tout autre adversaire qui attend les Paraguayens. Ne serait-ce que pour une seule raison : l’Uruguay est au moins aussi redoutable dans l’exercice des tirs au but…

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5 réponses

  1. Jonathan Wilson dit :

    Si vous savez lire l’anglais, vous allez sur http://www.zonalmarking.com/. Ici, c’est juste du recyclage… Vous êtes traducteur professionnel?

  2. @Jonathan. Si vous faisiez simplement l’effort de lire, vous verriez que, si le concept de base est le meme, les analyses n’ont rien à voir la plupart du temps. Pas de traduction donc, simplement de l’analyse en français. C’est interdit par la loi. Au passage ce site, s’il a été refondu plusieurs fois, existe depuis mars 2009 : avant votre cher Zonal, que j’apprécie grandement aussi même si son analyse de Paraguay-Venezuela est des plus légères ne trouvez-vous pas ?

  3. Maître Capello dit :

    Faites un petit effort sur l’orthographe svp, même dans les commentaires :

    « les analyse n’ont rien à voir » => « les analyses n’ont rien à voir »
    « Ces interdit par la loi » => « C’est interdit par la loi »

  4. MOHA59600 dit :

    Les mecs se plaignent , a croire qu’ils ont payé pour un service, putain de rageux ! PS:pour les fautes d’orthographe, c’est vrai que parfois ca fait mal aux yeux!

  5. saM dit :

    Lol la rançon du succès : les haters !

    Encore un qui a juste regardé les schémas sans rien comprendre de l’article et qui se permet de juger sans raison..

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