Valence 1-2 Paris SG, l’analyse tactique

Paris a assuré l’essentiel. En décidant de laisser la possession de balle à leurs adversaires, les Parisiens sont restés dans leurs habitudes de « grands matchs », préférant se concentrer sur l’efficacité dans les deux surfaces. Bilan de l’opposition, l’axe Sakho-Alex-Verratti-Matuidi a parfaitement tenu derrière et le talent du quatuor offensif a parlé devant. En face, Valence est longtemps apparu sans réponse mais a su faire fructifier une fin de match en sa faveur pour se permettre d’y croire encore. Un peu.

Possession stérile espagnole :

Avant le match, plusieurs choix s’offraient à Ernesto Valverde pour compléter son milieu de terrain déjà composé de Tino Costa et Ever Banega. Les noms de Victor Ruiz et David Albelda, défensifs dans l’âme, semblaient tenir la corde mais le coach valencien a finalement opté pour Dani Parejo, ajoutant une touche technique supplémentaire. Avec cette solution, Valverde annonçait clairement son envie de tenir le ballon, tout en assurant ses arrières avec un milieu de terrain plus reculé que les deux créateurs habituels (Guaita – Joao Pereira, Rami, Ricardo Costa, Guardado – Parejo, Tino Costa, Banega – Feghouli, Jonas, Soldado). Côté parisien, aucune surprise n’était à signaler. Le 4-4-2 habituel était reconduit et Jérémy Ménez faisait les frais des choix d’hommes de Carlo Ancelotti en attaque (Sirigu – Jallet, Alex, Sakho, Maxwell – Matuidi, Verratti, Lucas Moura, Pastore – Lavezzi, Ibrahimovic).

Sans surprise, ce sont les Valenciens qui ont pris les choses en main au cours des premières minutes de jeu. Parejo et Tino Costa se rendaient disponibles à leurs défenseurs centraux pour remonter les ballons jusque dans le camp parisien. Une fois arrivés dans cette zone, ils recevaient les soutiens de Feghouli et Banega qui quittaient leurs positions avancées pour offrir des relais dans les zones couvertes par Matuidi et Verratti. Les deux milieux parisiens cherchaient avant tout à ne pas se faire éliminer.

Le quatuor Parejo-Costa-Feghouli-Banega : ici, l'Algérien décroche au milieu de terrain pour offrir une solution à Parejo. Pas attaqué, il peut s'avancer vers la zone de Matuidi et Verratti et utiliser la présence de ses partenaires pour prendre des risques avec le ballon.

Avec un tel surnombre autour des deux milieux parisiens, les locaux pouvaient librement faire tourner le ballon au milieu. Néanmoins, le peu de distances entre les milieux axiaux parisiens et les excentrés (Pastore et Moura), ainsi qu’entre les lignes parisiennes compliquaient la circulation de balle à mesure que celle-ci approchait de la surface de réparation de Sirigu. En clair, Valence trouvait très facilement des solutions dans l’entrejeu mais celles-ci venaient à manquer dès qu’il fallait rentrer dans les 30 derniers mètres.

Néanmoins, les mouvements du début de partie, avec notamment les déplacements de Banega et Feghouli ont poussé le PSG à ajouter un dixième joueur « derrière le ballon ». D’abord aligné avec Ibrahimovic à la pointe de l’attaque parisienne, Lavezzi a légèrement décroché pour se positionner devant le porteur de balle (Parejo ou Costa) et ainsi limiter les possibilités de projection de ce dernier vers la zone de Matuidi-Verratti. Ce replacement « protecteur » a été salvateur puisqu’il a empêché Valence de mettre en place son jeu habituel dans l’axe, faits de passes courtes. Excepté sur quelques ballons « par-dessus la défense » à destination de Soldado, cela a contraint la formation de Valverde à s’enfermer dans un jeu latéral peu dangereux pour la défense parisienne.

Lavezzi derrière le ballon : Matuidi et Verratti peuvent compter sur un joueur pour ralentir ou dissuader le porteur de balle dans son envie d'attaquer le milieu parisien balle au pied.

Sur les côtés, Lucas Moura et Pastore étaient sérieux dans leur repli défensif, limitant les possibilités de décalage. Pour y parvenir, les Espagnols devaient s’y mettre à trois pour créer un surnombre et lancer un joueur sur l’aile. A gauche par exemple, Costa et Banega ont travaillé pour tenter de lancer Guardado. Mais cette nécessité d’être nombreux à la construction se payait ensuite devant les buts de Sirigu : Sakho et Alex se sont régalés sur les nombreux centres adverses, profitant de la bonne couverture de Matuidi et Verratti à l’entrée de la surface de réparation. A défaut de surnombre côté droit, Valence comptait sur la percussion de Feghouli et le soutien de Joao Pereira pour faire la différence face à Maxwell. Là encore, le bon comportement de Pastore, qui a notamment fermé l’intérieur à son adversaire direct après une première incursion de celui-ci, et le sérieux du latéral parisien ont permis d’éviter les situations dangereuses en première mi-temps.

Banderilles parisiennes :

Au bout d’une vingtaine de minutes de jeu, la possession penchait à plus de 60% en faveur des Espagnols contre 40% pour les Parisiens. Mais ces derniers avaient déjà fait le plus dur en ouvrant le score. Avec le ballon, Paris n’a pas fait de fioritures. Sitôt celui-ci récupéré, les joueurs de la capitale recherchaient Ibrahimovic ou Lavezzi, dont les appels vers les extérieurs servaient à décaler les centraux adverses, obligés de couvrir leurs latéraux partis en attaque. Avant d’aboutir à l’ouverture du score de Lavezzi, c’est une passe directe de Matuidi vers Ibrahimovic qui a permis aux Parisiens de rentrer dans la moitié de terrain adverse. Le soutien sérieux des milieux et des latéraux et le talent des attaquants permettaient ensuite de conserver le ballon assez haut dans le camp adverse… Pour ensuite faire mal à la défense sur des accélérations individuelles (combinaison Pastore-Lavezzi sur le premier but, exploit de Lucas sur le second).

En plus de leur bonne prestation défensive, Lucas Moura et Pastore ont aussi été très intéressants pour faciliter les sorties de balle, lorsque les attaquants n’étaient pas directement atteignables. Depuis son aile droite, Lucas Moura pouvait lui-même porter les ballons, profitant d’un Guardado moins défenseur dans l’âme que les absents à son poste (Cissokho, Mathieu). Mais c’est surtout Pastore qui est sorti du lot côté gauche, tant par sa capacité à repiquer vers l’axe que par le repli nécessaire des latéraux valenciens (en réponse aux appels des attaquants parisiens dans leur dos). L’Argentin a ainsi souvent trouvé des espaces pour porter le ballon et atteindre le camp adverse. Dans les 30 derniers mètres, il bénéficiait aussi d’une totale liberté, comme en témoigne son implication sur les deux buts parisiens.

Les Valenciens sont sur le reculoir : Pastore est lâché par son adversaire direct (Joao Pereira) et a tout son temps pour faire le bon choix alors que ses attaquants plongent dans les espaces.

Valence sans filet :

Menés au score et complètement dominés dans les deux zones de vérité, les Valenciens n’ont pas eu d’autre choix que de prendre tous les risques en deuxième mi-temps. Cette nécessité s’est matérialisée par deux changements : l’entrée en jeu de Canales à la place de Jonas et, surtout, celle de Valdez à la place de Banega. Avec ce dernier, Valverde lançait un véritable deuxième attaquant, qui a tenté de peser sur la défense parisienne en plus du travail de Soldado. Après son entrée, quand Valence envoyait un centre dans la surface de Sirigu, les deux hommes étaient présents pour aller aux duels avec Sakho et Alex. Dans l’entrejeu, la possession de balle n’était dès lors plus assurée que par deux joueurs, Parejo et Tino Costa, qui recevaient en cas de besoin le soutien de Canales. En repiquant dans l’axe depuis son couloir gauche, le second joueur entré en jeu ouvrait l’aile à Guardado, qui cherchait ensuite les duels avec Chantôme et/ou Jallet.

Les Valenciens ont toutefois insisté côté droit où Joao Pereira a profité de l’attentisme parisien pour chercher à plusieurs reprises Feghouli dans le dos de Maxwell. Mais malgré quelques centres dangereux, la défense parisienne est restée souveraine. En revanche, Valence se montrait plus pressant sur les seconds ballons et, plus globalement, au pressing : Valdez et Soldado s’opposaient à Sakho et Alex et la paire Matuidi-Verratti était désormais pressée par Tino Costa et Parejo. Les Espagnols se sont du coup retrouvés sans filet derrière – comprendre avec des deux contre deux à jouer : Lavezzi et Ibrahimovic face à Rami et Ricardo Costa -.  Dès que Paris franchissait le milieu valencien, il y avait danger de but. Mais Guaita, parfois avec réussite, a su limiter la casse. A ce niveau, la sortie rapide de Moura (53e) a peut-être limité les possibilités parisiennes en contre-attaque (moins de vitesse).

Valence sans protection derrière : huit contre huit sur l'image dans le camp parisien, deux contre deux entre le ballon et les buts de Guaita.

Alors que l’on se dirigeait vers une fin de match sans histoire, la prise de risques de Valence a fini par payer après plusieurs coups de pied arrêtés (dont de nombreux corners), Rami réduisant le score sur un coup-franc de Tino Costa. S’il ne change pas considérablement la donne en vue du match retour, ce second but validera peut-être aux yeux de Valverde l’approche choisie après le repos : seule une prise de risques maximale permet de poser des problèmes défensifs à ce PSG. Avant cela, les Valenciens étaient aussi impuissants que les clubs de L1 qui ont récemment croisé les Parisiens en championnat (Bordeaux notamment) : capables de dicter le rythme au milieu de terrain mais sans véritable poids devant, et finalement punis sur la première action de classe de la partie. Un enseignement qui pourrait augurer d’un match retour encore plus enlevé que celui-ci, avec une équipe de Valence jouant le tout pour le tout et un PSG attendant les contres pour se régaler avec la pointe de vitesse de ses attaquants (Ménez, Lavezzi, Moura…).

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7 réponses

  1. thibier dit :

    Franchement c’est super riche mais on suffoque… Le fond je ne me permettrais pas de le critiquer j’en suis incapable mais la forme amigo.
    Citation : « Le quatuor Parejo-Costa-Feghouli-Banega : ici, l’Algérien décroche au milieu de terrain pour offrir une solution à Parejo. Pas attaqué, rien ne l’empêche d’utiliser les relais des milieux à hauteur du premier rideau adverse pour attaquer celui-ci balle au pied. » Commentaire de la première photo, la dernière phrase me fait recracher mes poumons. Va vraiment falloir faire un effort là dessus, tu gagnerais en nombre de lecteur et sans perdre en qualité.

  2. J’entends la critique et j’essaie un maximum de faire le plus court et le plus concis possible. Mais l’heure à laquelle j’écris généralement fait que certains formulations passent parfois à l’as de ma relecture. Le problème, c’est l’envie de détailler, d’imager, qui fait parfois que le texte est lourd à lire ou relire.

  3. kamal dit :

    c’est au top! Moi j’en veux plus ;-)

  4. Gar dit :

    bah la forme est convenable, et importe assez peu finalement, tellement le fond est interessant.

  5. thibier dit :

    Florent

    C’est toute la difficulté de l’entreprise : écrire simplement mais avec un contenu savant. Je ne suis pas journaliste et n’ai aucun talent stylistique (je suis plutôt dans les sciences en fait) mais quand je lis ça : « J’entends la critique et j’essaie un maximum de faire le plus court et le plus concis possible. » je ne peux que t’encourager à épurer ton style. A ta place j’écrirais : « J’entends la critique. J’essaie de faire le plus court et concis possible » ou quelque chose comme ça parce que dire « un maximum […] le plus » dans la même phrase ça fait un peu tousser le lecteur. Ce n’est qu’un exemple pour t’aider un peu. J’espère que ce ne sera pas mal pris, d’autant que j’adore ton blog.

    Keep good vibes brotha.

  6. thibier dit :

    Je dirais que le principal problème des articles c’est les conjonctions. On ne sait pas toujours de qui tu parles et on doit souvent remonter de quelques lignes pour être sur de suivre. Mais encore une fois je ne souhaite pas critiquer pour casser au contraire.

    Keep good vibes.

  7. Jaouad dit :

    Ca me déçoit un peu Florent que tu ne détailles pas le positionnement de Jonas. Il a été très bien pris par le milieu parisien. D’ailleurs, il était aussi souvent dans l’axe du terrain que Banega, alors que son positionnement sur la feuille de match était l’attaque gauche. Le côté gauche étant laissé totalement à Guardado, Jonas devait servir surtout pour apporter le surnombre dans l’axe. Etre un point d’appui.
    Le côté droit de Valence a été le plus souvent utilisé alors qu’il y’avait un surnombre clair sur le côté gauche. Guardado-Banega-Jonas pour Lucas-Jallet-Matuidi . Jallet ne suivant pas la course de Jonas, Jonas n’a que très peu été trouvé alors que c’était clairement lui la solution. D’ailleurs, Canales en a très bien profité de ce côté gauche, usant de sa qualité technique mais surtout, du surnombre valencien.

    Sinon, ne change pas . Tes chroniques sont parfaites.

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