Uruguay 2-3 Pays-Bas : l’analyse et zoom sur l’entrée de Van der Vaart à la mi-temps

L’heure est grave. Les Pays-Bas ne jouent plus au football et pourtant, les Pays-Bas sont en finale du Mondial 2010. Les hommes de Van Maarwijk ont évité le piège uruguayen grâce à deux coups de boutoir : le premier par Van Bronckhorst auteur d’une ouverture du score hallucinante et le second par Sneijder qui choisit la frappe déviée (homme au grand Thierry Gilardi qui nous manque plus que jamais) pour enterrer les espoirs uruguayens. J’ai bien fait de rendre hommage à la Celeste avant le match d’ailleurs.

Le match :

Comme souvent, Christian Jeanpierre en a fait des caisses. Oui on a vu des buts mais non cette demi-finale ne fut pas un grand match. Elle aurait pu le devenir si les Uruguayens avaient réussi à remonter au score dans les dernières secondes : raté. La rencontre a démarré sur un rythme assez calme. Normal avec des Néerlandais réduits à leurs individualités et des Uruguayens patients, prêts à sauter sur le moindre ballon de relance. Le round d’observation a véritablement pris fin au moment de l’ouverture du score magique de Van Bronckhorst.

Derrière, on pouvait imaginer deux scénarii : les Pays-Bas qui gardent le contrôle en laissant le ballon pour mieux contrer un Uruguay qui se découvrirait (le plus plausible) ou un Uruguay qui reviendrait au score sur un malentendu. Finalement, on en a eu un troisième. L’Uruguay a véritablement pris la mesure de son adversaire sur la deuxième partie de la première période et l’égalisation de Forlan, si elle reste chanceuse, n’a pas surpris beaucoup de monde à ce moment de la rencontre. Les Pays-Bas n’ont que très peu maîtrisé les débats au cours des 45 premières minutes.

Les choses ont changé au retour des vestiaires avec l’entrée en jeu de Van der Vaart à la place de De Zeeuw. Les Pays-Bas se sont alors retrouvés avec Van Bommel derrière une ligne de quatre capable de tenir un pressing assez haut pour forcer les relances uruguayennes. Derrière, le milieu du Bayern n’avait plus qu’à surveiller les déplacements et les décrochages de Forlan pour finir de couper la relation entre l’attaquant-meneur et ses relanceurs. Résultat, ce dernier a peu à peu disparu de la circulation avant de sortir à 10 minutes de la fin.

Dans le même temps, les Pays-Bas se sont petit à petit installés dans le camp adverse et on finit par faire la différence sur deux mouvements se développant à l’intérieur d’un bloc qui a utilisé toute la largeur du terrain (attention pour l’Allemagne…). A 2-1, les Uruguayens ont passé cinq minutes au fond du trou ; suffisant pour permettre aux Néerlandais de se mettre à l’abri en rajoutant un troisième but. Et ils ont bien fait puisque même avec cette avance confortable, ils ont tremblé jusqu’au bout des arrêts de jeu.

Zoom sur : Van der Vaart pour De Zeeuw

Ceux qui ont lu mes deux derniers articles ont noté le parallèle que j’ai fait entre l’Uruguay (voir l’article) et l’Allemagne (voir l’article) : le fameux six majeur. Lundi, je me suis permis de donner un conseil aux Espagnols pour contourner celui des Allemands : l’étirer au maximum en utilisant les côtés. Par ailleurs, autre point commun entre l’Uruguay est l’Allemagne : le jeu se lance en ressortant rapidement de ce six majeur. Autre solution pour les Espagnols : presser haut pour gêner cette relance.

En remplaçant De Zeeuw pour Van Der Vaart à la mi-temps, Van Maarwijk a poussé son équipe à appliquer ses principes. Au niveau du pressing tout d’abord, les quatre relanceurs uruguayens (latéraux et milieux défensifs) se sont retrouvés face à une ligne de quatre néerlandais (Kuyt, Van der Vaart, Sneijder et Robben) contre trois seulement au cours de la première période. Ces derniers ont donc pu se lâcher un peu plus au niveau du pressing mais surtout ralentir la première relance vers Forlan, complètement esseulé entre les deux lignes dans la zone de Van Bommel.

Mais le plus important pour les Pays-Bas, c’était de se retrouver avec un joueur supplémentaire pouvant participer à la préparation. Pour simplifier, dans un 4-2-3-1 : l’animation se fait autour des trois joueurs en soutien de la pointe, soutenu par un quatrième larron, récupérateur à la base, qui monte à leur hauteur. Face à l’Uruguay et son repli, le temps que le quatrième monte, les six majeur est déjà constitué. Mettez le quatrième sur la même ligne que les trois autres et vous vous retrouvez immédiatement avec une animation capable de créer des décalages.

On a ainsi pu observer la ligne de quatre des Pays-Bas faire circuler le ballon assez haut dans le camp adverse. Lorsque les latéraux se portaient à hauteur des milieux de terrain, les ailiers rentraient pour se rapprocher de Van Persie ou (le plus souvent) prenaient la profondeur dans les couloirs. L’apport des défensifs a de cette façon mis l’Uruguay sur le reculoir en faisant reculer les milieux excentrés (Alvaro Pereira et Walter Gargano). Et la suite a suivi. Cela peut aussi expliquer les difficultés en fin de match, enlever un mec devant la défense peut faire facilement paniquer cette dernière quand l’adversaire joue son va-tout avec quatre attaquants sur la même ligne…

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2 réponses

  1. DumB dit :

    De Zeeuw est partit a l’hôpital, on peut penser que le changement est dicté par des raisons médicales.

    Mais a la base il devait remplacer le rôle de De Jong, qui a un rôle plus besogneux que Van Bommel, j’ai d’ailleurs eu l’impression que l’association De Jong-Van Bommel avait pour but de se placer en rang serrer devant la défense, Van Bommel avait du mal a assurer seul le liant avec le quatuor offensif.

    Bref je reste un peu circonspect quand a savoir si Van Bommel seul devant la défense peut être une solution solide pour la suite.

  2. Florent dit :

    Tu noteras que ce n’est pas ça que je mets en avant.

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