Uruguay 2-3 Allemagne : les buts analysés et révélateurs de certaines faiblesses des deux équipes

En attendant d’attribuer les deux dernières places ce soir, l’Allemagne et l’Uruguay se sont disputés à la première place sur le podium de ce Mondial 2010, la troisième donc, hier soir à Port Elizabeth. Comme Paul le Poulpe l’avait prédit (voir l’article), c’est la Mannschaft qui l’a emporté et conserve donc sa troisième place acquise en 2006. Mais les choses n’ont vraiment pas été faciles face à une Celeste qui a montré plus entreprenant que d’habitude. C’est l’heure de revenir dessus.

Je l’annonce en préambule : toute mon attention n’était pas focalisée sur ce match. Je ne vous en voudrais pas d’avoir eu une vision différente (second degré inside). Avant d’entrer dans la description des quatre premiers buts de ce match (j’enlève le coup de pied arrêté victorieux), une analyse lapidaire : « encore une fois, l’Allemagne a profité des faiblesses de son adversaire pour faire la différence. » Car ne nous leurrons pas, Musiera est passé à côté sur deux (voire les trois si on est sévère) buts allemands.

Un petit topo sur les organisations aussi, ça me servira au moment du détail ? L’Allemagne a présenté son 4-2-3-1 habituel (seules quelques têtes ont changé) et a peut-être tenté de presser un peu plus que d’habitude le porteur du ballon, en tout cas en début de match. Côté uruguayen, Tabarez a profité du retour de Suarez pour retrouver son équipe-type (ou presque) et offrir à Forlan deux attaquants avec lesquels combiner à l’avant, lui qui se sentait très seul en demi-finale.

Allemagne 1-0 Uruguay, Muller (19e) :

Le cinquième but du meilleur jeune dans ce Mondial doit tout à son art de l’anticipation. Pour ceux qui ont pu voir le révélateur, on voit son très bon départ dans la profondeur au moment où Schweinsteiger arme sa frappe. Sur ce but, c’est d’ailleurs le moment le plus important puisqu’il nous éclaire sur une faiblesse du blog uruguayen, de son six majeur pour être plus précis. Perez et Arevalo Rios ont pour job de ne laisser personne s’intercaler dans leur dos et devant la défense centrale. Avec plusieurs Allemands traînant dans cette zone et Schweinsteiger recevant le ballon à 30 mètres, personne ne monte sur lui pour éviter qu’il ne trouve quelqu’un. Résultat, il a largement la place pour tenter sa chance et la suite suit logiquement.

Uruguay 1-1 Allemagne, Cavani (28e) :

On en a beaucoup fait, souvent à juste titre, à propos du profil offensif de la paire de récupérateurs allemande Schweinsteiger/Khedira. Les deux hommes sont plus joueurs et offrent ainsi une palette technique beaucoup plus large que les habitués du poste. Mais pour peu que l’adversaire se montre assez agressif, les choses peuvent mal tourner. Comme lors de cette 28ème minute où Perez chipe le ballon à Schweinsteiger sur la ligne médiane. Khedira étant sur la même ligne, personne n’est en couverture pour protéger la défense. Le ballon arrive immédiatement dans les pieds de Suarez qui amorce une merveille de trois contre deux avec les participations de Forlan et Cavani, le futur buteur.

Uruguay 2-1 Allemagne, Forlan (51e) :

Et voilà que je vais rappeler encore une fois mon article « Comment battre l’Allemagne ? » (voir l’article). J’avais alors lourdement insisté sur l’importance d’utiliser les extérieurs pour faire la différence face au six défensifs allemands, très regroupé dans l’axe. Du coup, quand Arevalo Rios s’est décidé à prendre le couloir droit après un appui sur Maxi Pereira, c’est toute la défense allemande qui a reculé d’un cran pour suivre le déplacement du milieu uruguayen. Ce qu’elle n’avait pas prévu, c’est que Schweinsteiger et Khedira ne suive pas le déplacement. Résultat, Forlan (et Cavani si mes souvenirs sont bons) s’est retrouvé intercalé et a pu ajuster sa magnifique reprise de volée pour l’un des plus beaux buts de ce Mondial.

Allemagne 2-2 Uruguay, Jansen (57e) :

Et hop, on renvoie encore vers un petit lien pour ce dernier but : « l’hommage tactique à l’Uruguay » (voir l’article). J’y avais fait un rapport entre les six défensifs uruguayens et les six défensifs allemands. Pour prendre les deux à revers, la meilleure idée est de passer par les extérieurs. L’Uruguay l’a fait sur le 2-1. L’Allemagne en a profité sur le 3-1. Plus précisément, ils ont profité de l’absence de pressing uruguayen sur les ailes pour pouvoir envoyer un centre en profondeur dangereux dans la surface de Musiera. Si mes souvenirs sont bons, c’est Boateng qui envoie le centre victorieux. Conclu par Jansen, l’autre latéral de cette équipe.

Vous aimerez aussi...

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *