Ukraine-France : le but de Zozulya

Assez symptomatique du revers des Bleus en Ukraine, l’ouverture du score de Zozulya a mis en exergue l’une des faiblesses du 4-2-3-1 français : si la défense a failli en tant que dernier rempart, l’action est partie de plus loin et de l’une des rares incursions des milieux ukrainiens dans les 30 derniers mètres.

Avant la rencontre, plusieurs solutions étaient évoquées pour limiter l’influence de Konoplyanka et Yarmolenko sur les ailes. Toutes mettaient Pogba et Matuidi en première ligne afin d’aller aider leurs latéraux en empêchant les deux ailiers ukrainiens de repiquer à l’intérieur du terrain. Le 4-3-3 avec l’option Mavuba sécurisaient leurs sorties avec la présence d’un joueur supplémentaire devant la défense. Le 4-2-3-1 laissait lui cette question de couverture des milieux axiaux en suspens : le n°10 allait-il redescendre ou les ailiers allaient-ils coulisser sur la largeur avec leurs milieux de terrain ?

A priori, Didier Deschamps avait opté pour la première option. Malheureusement pour lui et pour les Bleus, il a suffit d’une seule incursion de Stepanenko dans les 30 derniers mètres pour que celle-ci vole en éclat. Battu par la puissance du milieu ukrainien, Nasri n’a pu suppléer Pogba. Et derrière, c’est toute la défense qui a explosé.

Tout part d'un lancement de jeu de la part de Kucher depuis le rond central.

Tout part d’un lancement de jeu de la part de Kucher depuis le rond central. Sans doute par peur de subir l’impact de Matuidi ou Pogba dans l’axe, la relance ukrainienne a souvent joué long afin d’alerter directement Zozulya ou Edmar. L’idée était notamment de profiter du marquage des latéraux français sur Konoplyanka et Yarmolenko pour trouver les espaces dans leur dos. Ici, le défenseur ukrainien va réussir à passer dans le dos de Debuchy sur son ouverture, obligeant Koscielny à accompagner Zozulya dans le couloir.

Zozulya parvient à contrôler le ballon et à résister au pressing de Koscielny. Debuchy se replie pour lui fermer la porte mais il abandonne aussi Konoplyanka en retrait.

Zozulya parvient à contrôler le ballon et à résister au pressing de Koscielny. Debuchy se replie pour lui fermer la porte mais il abandonne aussi Konoplyanka en retrait. Dans l’axe, Rotan est entre Pogba et Matuidi tandis que Edmar et Yarmolenko sont entre les deux lignes françaises.

Conséquence du positionnement du repli de Debuchy, Pogba quitte sa position pour empêcher Konoplyanka d'accélérer balle au pied.

Conséquence du positionnement du repli de Debuchy, Pogba quitte sa position pour empêcher Konoplyanka d’accélérer balle au pied. Nasri redescend à hauteur de Matuidi pour compenser son déplacement. A noter le positionnement de la défense française, et la distance qui sépare Abidal et Koscielny.

S'intéressant plus à la zone à couvrir qu'à l'homme, Nasri libère Stepanenko en se repliant, ce qui offre à Konoplyanka une solution pour sortir du couloir. En une touche de balle, le milieu ukrainien alerte Zozulya et lance un jeu à trois.

S’intéressant plus à la zone à couvrir qu’à l’homme, Nasri libère Stepanenko en se repliant, ce qui offre à Konoplyanka une solution pour sortir du couloir. En une touche de balle, le milieu ukrainien alerte Zozulya et lance un jeu à trois. A noter que personne n’est venu combler l’espace entre Koscielny et Abidal.

Avec un peu de réussite (l'aile de pigeon de Zozulya...), l'Ukraine parvient à sortir le ballon du couloir. Pogba est battu et Nasri se retrouve à défendre sa zone alors que Koscielny revient vers l'intérieur du terrain. Stepanenko sent bien le coup et prend ses responsabilités en attaquant le milieu de Manchester City.

Avec un peu de réussite (l’aile de pigeon de Zozulya…), l’Ukraine parvient à sortir le ballon du couloir. Pogba est battu et Nasri se retrouve à défendre sa zone alors que Koscielny revient vers l’intérieur du terrain. Stepanenko sent bien le coup et prend ses responsabilités en attaquant le milieu de Manchester City. C’est (peut-être) la première fois dans le match qu’un milieu ukrainien se projette vers l’avant. Oui parfois, une seule fois suffit…

Nasri battu par la puissance de Stepanenko, deux joueurs tentent de réagir pour bloquer le milieu ukrainien : Matuidi et... Koscielny qui sort légèrement de l'alignement défensif et laisse Abidal et Evra en retrait face à Edmar et Yarmolenko.

Nasri battu par la puissance de Stepanenko, deux joueurs tentent de réagir pour bloquer le milieu ukrainien : Matuidi et… Koscielny qui sort légèrement de l’alignement défensif et laisse Abidal et Evra en retrait face à Edmar et Yarmolenko.

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Problème, les deux Français perdent leur pari et ne parviennent pas à couper la passe entre Stepanenko et Edmar. Conséquence de cet « échec », il n’y a plus personne entre Zozulya et le but : Debuchy est en retard, et Koscielny est battu alors qu’il accompagnait jusqu’ici la course de l’attaquant ukrainien.

Non sans difficulté, Zozulya parvient tout de même à profiter de cette avance pour terminer l'action.

Non sans difficulté, Zozulya parvient tout de même à profiter de cette avance pour terminer l’action.

 

 

 

 

 

 

 

 

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6 réponses

  1. mawwwaly dit :

    La dernière image qui décrit l’action du joueur ukrainien ,ne montre pas,la violente poussée de la main, exercée par celui-ci, contre Koscielny, envoyant ce dernier bouler à près de trois metres, et s’ouvrant ainsi le chemin des buts.
    Pour comprendre, les conséquences de ce geste, il suffit simplement d’imaginer, ce qui se serait passé, en inversant les rôles; à coup sur, l’arbitre aurait accordé le penalties; Koscielny étant le dernier défenseur.

  2. C’est vrai que tactiquement, c’est franchement intéressant ce fait de jeu. L’article est fait pour mettre en avant les failles françaises sur l’action, pas pour s’arrêter sur une possible faute ukrainienne à la finition.

  3. thomasito2001 dit :

    @mawwwaly

    Il me semble que c’est Debuchy qui valse suite au contact viril de Vuvuzela, Kos est clairement en retard sur ce coup la (alors qu’il etait entre lui et le but au depart de l’action).
    Je suis pret a parier que en compensation de l’arbitrage laxiste a Kiev en faveur des locaux, l’arbitrage sera tout aussi a l’avantage des francais. Un petit penalty n’est pas a exclure.
    Je pense pas que l’Ukraine soit en mesure de reediter de sitot un tel exploit (but magnifique), tous les espoirs sont permis pour Mardi! Allez les Bleus!

  4. tu devrais peut-être mettre les noms des joueurs sur les images, je comprends pas ou est Debuchy sur les images.

  5. Yallame dit :

    En regardant cette action de nombreuses fois, c’est bizarre à dire mais j’ai pris du plaisir à l’analyser. Et pourtant c’est un but de l’Ukraine, mais il y a tellement de choses à en dire…

    Tout part de Debuchy qui se précipite vers Zozulya alors qu’il n’y avait absolument pas besoin de faire ça, il pouvait simplement se mettre entre Kono et Zozu, Koscielny s’occupant déjà de Zozu. Même chose pour Pogba, qui se précipite vers Kono, certainement bien conditionné par les consignes de Deschamps concernant les menaces Kono et Yarmo (côté Matuidi). Déjà que Koscielny avait délaissé l’axe, il fallait surtout pas que Pogba fasse de même, quitte a laisser de l’espace à Konoplyanka.

    Derrière Nasri fait ce qu’il peut et Matuidi n’anticipe pas le déboulé du milieu Ukrainien ce qui fait qu’il se retrouve avec un temps de retard. Et surtout Abidal, conscient que s’il était sorti de sa zone il laissait Evra à 1 contre 2, a été très passif et inutile. Aucune anticipation, aucune initiative qui aurait pu perturbé le déroulé de l’action Ukrainienne, avec le risque de rater l’interception. Et Evra, une statue…

    Quant à Koscielny, je vois pas trop ce qu’on peut lui reprocher sur l’action, il a fait le choix de monter sur le milieu pour l’empêcher de frapper et stopper sa course, laissant Debuchy s’occuper de Zozu. J’entends beaucoup mettre ce but sur son dos mais c’est pas parce qu’il quitte sa zone (de façon justifiée en suivant Zozu) que le but est forcément pour sa pomme. C’est le problème posé par sa sortie qui n’a pas été résolu collectivement. Et je rappelle que Kos a dit avant le match qu’il préférait évoluer avec une sentinelle…

    Je le cite : « J’aime avoir une sentinelle devant moi. J’estime que c’est important pour garder un équilibre défensif, surtout dans le foot moderne. C’est aussi précieux lors des contre-attaques adverses. Pour ne pas se faire prendre sur ce type d’action-là, c’est un atout, ça nous facilite la tâche. »

  6. Yallame dit :

    Et merci pour ton travail, tes chroniques stimulent mon intérêt pour l’analyse tactique et c’est très intéressant. On se sent moins pilier de comptoir devant un match :)

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