Ukraine 7 – France 1

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Au moins, les médias ukrainiens l’auront leur « clasico » (abovelol). Quatre matchs, 360 minutes disputées et un score sans appel : sept buts et deux qualifications pour l’Ukraine contre un petit but pour les représentants français. Marseille, Paris et la France quittent la campagne européenne version 2008-2009 par un petit trou de souris à défaut d’une porte prise en pleine gueule. Car face au Shakhtar et au Dinamo Kiev, les deux clubs français n’ont même pas fait illusion. Plutôt que de les entendre tous parler de déception, il serait de bon ton d’évoquer une remise en question.

Les matchs allers avaient pourtant très bien annoncé la couleur. Au Parc, le Dinamo avait affiché les promesses d’un jeu court efficace et beau à voir se développer tout en s’appuyant sur un repli défensif suffisant pour contenir les timides attaques parisiennes (un peu moins lorsqu’il s’agissait de Sessegnon). Du côté de Donetsk, même topo : les Oranges ont rapidement jaugé les armes offensives de leur adversaire marseillais (dont le seul projet était de trouver Niang ou Koné le plus rapidement possible) avant de se contenter de profiter des erreurs de Mears et de Civelli pour faire la différence.

Très bien placés après 90 minutes, ils n’ont plus eu qu’à dérouler ce soir. Conscient que ses joueurs doivent désormais aller chercher la qualification en marquant, Semin, le coach de Kiev, aligne Bangoura aux côtés de Milevskiy (seul en pointe une semaine plus tôt). Trois minutes après le coup d’envoi, l’ancien Manceau ouvre le score. Un bon choix. Le reste n’est plus que gestion et maîtrise : affichant la même sérénité défensive qu’à l’aller, les joueurs du Dinamo n’ont plus qu’à attendre les erreurs défensives des Parisiens pour prendre le large.

N’en déplaise aux analyses hallucinantes qu’on peut voir fleurir ça et là ces dernières heures, le scénario a été le même à Marseille. Venus avec deux buts d’avance, le Shakhtar a logiquement attendu, comptant sur ses Brésiliens pour faire la différence devant. Et, bizarrement, c’est exactement ce qu’il s’est passé. La « grosse » pression marseillaise du début de match se solde sur des frappes lointaines sans danger pour la défense ukrainienne. A aucun moment, cette dernière n’a été prise à défaut que ce soit sur un décalage ou dans la profondeur. Sur leur première incursion dans la moitié de terrain marseillaise, Fernandinho ouvre le score et propulse déjà les Ukrainiens en demi. Même l’égalisation de Ben Arfa juste avant la mi-temps, pourtant porteuse d’espoir, ne déstabilisera pas les hommes de Lucescu. Pour la blague, Luiz Adriano offre la victoire aux Ukrainiens dans les arrêts de jeu ; histoire de bien enfoncer des Marseillais leader et sur un nuage en championnat depuis quelques journées…Tranquille quoi.

Alors est-ce le moment de se demander si le championnat ukrainien est meilleur que le championnat français ? Peut-être. Tout ce qu’on sait après ce soir, c’est que les deux plus grands clubs ukrainiens ont facilement dominé deux des trois grands clubs du championnat de France (à en croire M.Thiriez). Personnellement, ça me paraît assez révélateur… Une chose saute surtout aux yeux après cette quadruple confrontation : en Coupe d’Europe, les erreurs individuelles se payent cash. Que vous soyez attaquants ou défenseurs, vous ne devez pas compter sur la chance ou la réussite pour vous en sortir : rien ne doit être laissé au hasard. Le réalisme froid des Ukrainiens combiné à leur rigueur en défense et à leur concentration de tous les instants en est le meilleur exemple.

Mais comme personne ne semble vouloir retenir cette leçon, aperçue à plusieurs reprises ses dernières années pourtant (récemment Barça-Lyon et surtout Galatasaray-Bordeaux), le foot français n’a pas fini de vivre ce genre de soirées. Il est vrai qu’il est bien plus facile de se demander pourquoi ça ne marche pas (argent, manque de chance etc…) plutôt que d’analyser comment d’autres réussissent…

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