Udinese 1-2 Arsenal, l’analyse tactique

Arsenal a souffert, mais Arsenal est passé. C’est ce que les supporters des Gunners retiendront à l’issue de ces barrages face à l’Udinese. Menés au score à la mi-temps et ce, malgré plusieurs grosses occasions, les joueurs de Wenger ont ressorti la tête de l’eau en deuxième mi-temps, notamment grâce à l’entrée de Rosicky dont le positionnement a gêné le repli défensif des Italiens.

Les compositions :

Forcé de réorganiser sa formation après le départ d’Alexis Sanchez à Barcelone (voir une archive dédiée à son importance dans le collectif de l’Udinese), Francesco Guidolin aligne un 4-4-1-1 avec Pinzi en soutien de Di Natale : Handanovic (1) – Ekstrand (24), Benatia (17), Danilo (5), Neuton (13) – Isla (3), Badu (7), Asamoah (20), Armero (27) – Pinzi (66) – Di Natale (10).

Côté Arsenal, par rapport à sa dernière sortie face à Liverpool (voir l’analyse tactique), Arsène Wenger récupère Gervinho et Song, suspendus en championnat. Par rapport au match aller, Van Persie fait aussi son retour à la pointe de l’attaque : Szczesny (13) – Jenkinson (25), Djourou (20), Vermaelen (5), Sagna (3) – Song (17), Frimpong (26), Ramsey (16) – Walcott (14), Gervinho (27), Van Persie (10).

L’Udinese joue le contre :

Les premières minutes de la rencontre sont à l’avantage des visiteurs. De la pointe de l’attaque, Van Persie décroche (à la manière du très en vogue faux n°9) pour récupérer les ballons remontées par le trio très travailleur dans l’entrejeu. Devant lui, Gervinho et Walcott occupent la défense en prenant la profondeur alors que les latéraux permettent d’étirer le jeu sur les ailes.

Face à cette animation, l’Udinese répond en faisant reculer son bloc (pour limiter les espaces dans la profondeur) et en resserrant son double rideau défensif. Les décrochages de Van Persie pour se sortir du marquage adverse sont désormais suivis par Danilo ou Benatia (selon la zone d’où démarre le Néerlandais) et ce, grâce au repli de Badu qui vient jouer le troisième homme capable de compenser les sorties d’un des stoppeurs de la ligne de défense.

Mais avant de se retrouver dans cette zone, le Ghanéen forme d’abord le premier rideau défensif de l’équipe avec Asamoah, Isla et Armero. Lorsque Arsenal doit ressortir de sa moitié de terrain, cette ligne est chargé de mettre la pression sur le porteur de balle adverse, plus particulièrement Badu (dominateur) face à Ramsey, Asamoah face à Song et Pinzi face à Frimpong.

Une fois Arsenal arrivé dans le camp adverse, le repli de l’équipe ne se fait pas de manière symétrique. Si, à gauche, les montées de Sagna sont bel et bien stoppées par Isla (l’ailier droit adverse, qui aura d’ailleurs du mal à défendre sur son pied gauche, Sagna rentrant constamment dans l’axe), c’est Asamoah qui s’oppose à celles de Jenkinson sur le flanc droit. Comme évoqué plus haut, Badu complète la défense en s’installant dans l’axe ; il est (rarement) supplée par Pinzi en cas de montées de Song ou Frimpong.

Outre Di Natale, ce repli bien spécifique permet de décharger Armero de certaines tâches défensives. Sur son côté gauche, le Colombien offre ainsi une solution de relance au sol rapide. Et, sa pointe de vitesse aidant, il peut rapidement semer Jenkinson pour créer immédiatement un décalage dans le camp d’Arsenal. Moins percutant, Pinzi offre plutôt sa qualité de passes pour offrir un appui à Isla, Badu ou Asamoah lors de leurs pénétrations.

Rosicky game-changer :

Marquage de Van Persie par les stoppeurs oblige, Udinese connaît des soucis lorsqu’un ou deux autres joueurs rentrent dans cette zone pour peser sur l’axe de l’Udinese. En première mi-temps, Walcott et Gervinho gênent ainsi la stabilité défensive du bloc italien par leurs courses vers à l’intérieur du terrain. A la reprise, l’entrée de Rosicky change le match.

Outre le fait d’apporter une touche plus technique dans l’entrejeu lors des remontées de balle, la présence du Tchèque devient très importante au moment où Arsenal doit terminer les actions ou créer le décalage. En inversant son triangle de l’entrejeu (Frimpong pour Rosicky), Wenger poste ainsi un joueur en soutien direct de Van Persie ce qui laisse constamment une présence au coeur du bloc adverse (déplacements complémentaires des deux hommes).

Ainsi, ce que Gervinho ou Walcott faisaient sur certains déplacements, Rosicky le fait de par sa position naturelle sur le terrain lorsque Arsenal a le ballon. Le repli de l’Udinese est perturbé : censé permettre de densifier la zone, Badu se retrouve avec un adversaire direct à gérer. Résultat, les défenseurs hésitent plus à sortir sur Van Persie qui trouvent de plus en plus de positions intéressantes. Ce rééquilibre des forces dans l’axe se retrouve aussi sur les côtés où les Gunners trouvent plus de positions (le bloc adverse se repliant dans l’axe), l’une d’entre elles aboutissant à l’égalisation suite au un-contre-un remporté par Gervinho.

Suite et fin :

Le penalty manqué par Di Natale (ou arrêté par Szczesny) finit d’achever l’Udinese. Les Gunners maîtrisent la dernière demi-heure face à une équipe qui n’avait pas d’autre plan que celui tenté en première mi-temps. A l’arrivée, les hommes de Wenger passent logiquement et peuvent redescendre en pression en attendant les poules. Et surtout en attendant Wilshere dont le retour dans l’entrejeu va forcément faire énormément de bien sur le plan du volume d’activité et de la créativité.

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