PSG 2-0 Guingamp, l’analyse tactique

Sans forcer, le PSG est allé chercher son premier trophée de la saison en battant assez facilement Guingamp à Pékin (2-0). Réalistes, les Parisiens ont profité de l’apathie adverse en début de match pour faire la différence. Les Bretons ont ensuite réagi en se montrant plus agressifs au pressing, sans toutefois réellement inquiéter la formation parisienne.

Les compositions : 

Thiago Silva, David Luiz, Maxwell, Matuidi, Cabaye et Lavezzi toujours absents, le PSG ne présentait pas une équipe-type pour cette première « officielle » de la saison. Marquinhos et Camara en profitaient pour débuter en défense, Pastore complétait le milieu de terrain et le duo de la formation parisienne Ongenda-Bahebeck accompagnait Ibrahimovic en attaque.

Côté guingampais, ce match était l’occasion de découvrir quelques nouvelles têtes. Jacobsen et Baca débutaient sur les côtés de la défense. Cardy évoluait lui dans l’entrejeu aux côtés de Mathis. Aux avants-postes, le Danois Schwartz se retrouvait lui en soutien de Yatabaré, seul en pointe.

 

Paris fait la différence d’entrée : 

La saison dernière, Guingamp avait réussi une belle performance au Parc des Princes face au champion de France. Malgré la défaite (2-0), les Bretons avaient notamment posé des problèmes aux milieux de terrain parisiens, et plus particulièrement aux rampes de lancement qu’étaient et sont toujours Thiago Motta et Verratti. Un an après, rien n’a changé et les deux internationaux italiens sont toujours à la base des actions parisiennes.

Mais cette fois, les Bretons sont passés à côté de leur début de match, faisant preuve d’un manque d’agressivité flagrant dans l’entrejeu. A cause des conditions climatiques étouffantes ? Possible. Si Thiago Motta était bien « bloqué » par la présence de Schwartz dans sa zone, Verratti bénéficiait d’assez de temps pour se mettre dans le sens du jeu dès qu’il décrochait à hauteur de son partenaire.

La liberté accordée à Verratti a naturellement fait pencher le jeu du PSG à droite en début de partie. L’Italien avait ensuite pour mission de trouver des relais dans le camp adverse, proposés à tour de rôle par Ibrahimovic (qui décrochait comme d’habitude), Pastore et surtout Ongenda. Très disponible, le jeune Parisien rentrait souvent dans l’axe depuis son aile droite, créant une situation d’égalité numérique dans la zone des deux milieux guingampais (Cardy et Mathis vs Ongenda et Pastore).

ongenda-axe

Verratti redescend récupérer le ballon à hauteur de Thiago Motta. Pas suivi par Cardy, il a tout le temps de voir les positions de ses partenaires. Les déplacements d’Ongenda dans l’axe (justement dans la zone de son adversaire « naturel ») lui offrent encore plus de confort dans sa prise de décision. 

Une fois cette zone atteinte, les Parisiens écartaient le jeu pour rentrer dans les 30 derniers mètres. Van der Wiel et Digne étaient évidemment les premiers choix pour déborder. Ils ont d’ailleurs été à la finition des deux premiers décalages crées par leurs partenaires du milieu de terrain. Dans le dernier tiers, les Parisiens finissaient soit par un centre, soit en remettant le jeu à l’entrée de la surface où Ibrahimovic, Pastore et Verratti se rendaient disponibles.

C’est sur une action de ce type que le Suédois a ouvert le score, profitant une nouvelle fois du manque d’agressivité des Guingampais pour envoyer une belle frappe dans les filets de Samassa (9e). Dix minutes plus tard, il doublait la mise sur un penalty (20e). A l’origine de l’action, Ibrahimovic avait récupéré une première passe de ses milieux pour lancer Ongenda sur l’aile droite. Véritable deuxième attaquant, à l’inverse d’Ongenda qui se comportait plus comme un 4ème milieu de terrain, Bahebeck était ensuite bousculé par Jacobsen à la finition du mouvement.

bahebeck-2-attaquant

Au-delà des circuits courts, qui aboutissent sur les ailes avec Van der Wiel ou Digne, le PSG a aussi la possibilité d’allonger vers Ibrahimovic et Bahebeck. Comme Ongenda, l’ancien Valenciennois repique dans l’axe pour offrir des solutions, mais le fait « une ligne plus haut » afin d’offrir des solutions en profondeur et épauler Ibrahimovic en attaque.

Guingamp, plus agressif : 

La sortie sur blessure de Cardy, remplacé par Alioui (14e), a marqué un premier changement dans l’attitude des Bretons. Giresse est passé dans l’axe pour épauler Mathis, laissant le côté gauche au nouvel entrant. Petit à petit, Guingamp a évolué plus haut pour tenter de bloquer la relance parisienne. Verratti s’est retrouvé à tour de rôle sous la pression d’Alioui (qui laissait alors Van der Wiel dans le couloir) et de Giresse. Ce dernier devait toutefois ne pas manquer ces sorties au pressing puisque Ongenda offrait une solution immédiate dans son dos.

A défaut d’être dangereux avec le ballon, c’est grâce à ce regain d’agressivité que les Bretons sont allés chercher le penalty qui aurait pu relancer le match (31e). A l’origine de cette action, Marquinhos est poussé à la faute par un bon pressing de Yatabaré et alors que toutes les solutions parisiennes dans l’axe sont prises par les milieux guingampais (Giresse-Verratti, Schwartz-Motta, Mathis-Pastore).

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La bonne séquence de pressing guingampais à l’origine du penalty. Marquinhos est mis sous pression par Yatabaré et n’a pas d’autre choix (court) que de jouer vers Digne, qui va être devancé par Beauvue.

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Après la pause, Guingamp a poursuivi ce travail dans le camp adverse jusqu’à l’heure de jeu, où les Bretons ont sans doute ressenti le contrecoup physique. En coupant la relation entre la défense et les milieux parisiens, ils ont réduit le danger dans leur camp. Ici, Schwartz et Yatabaré sont accompagnés par Giresse qui suit Verratti. Derrière, les ailiers (Alioui et Beauvue) encadrent Mathis, l’ensemble encerclant les solutions parisiennes (Thiago Motta et Pastore). 

Face à ce pressing guingampais, les Parisiens ont su garder la maîtrise des débats. Si Ongenda était très visible en début de match, lorsque le jeu partait de Verratti, c’est Pastore qui est sorti du lot quand il a fallu se défaire du pressing adverse. Très juste dans ses remises et ses déplacements, l’Argentin a livré une vraie partition de milieu de terrain. Une nouveauté pour lui, qui a souvent souffert de son manque de régularité dans l’entrejeu la saison dernière pour être un véritable candidat à l’un des trois postes du milieu de Laurent Blanc.

Il faudra toutefois d’autres rencontres pour confirmer ou non cette évolution dans son jeu. Avec Mathis et Giresse, les Bretons souffraient notamment d’un déficit athlétique pour gêner les milieux parisiens et mettre Pastore au défi. Défensivement, l’Argentin a aussi fait le nécessaire. Les Parisiens se sont d’ailleurs adaptés à sa présence en phase défensive puisqu’il s’est retrouvé sur certaines séquences en soutien d’Ibrahimovic, alors que Sirigu était protégé par deux lignes de quatre.

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Selon les situations, le PSG se repliait en 4-1-4-1 ou en 4-4-1-1. Ici, Pastore évolue devant Thiago Motta et Verratti. L’Argentin était aussi le premier milieu à ressortir lorsque le PSG parvenait à repousser une attaque adverse de ses 30 mètres. 

Coaching : 

L’heure de jeu a marqué un tournant dans la partie. Les conditions climatiques aidant, l’entrée en jeu des remplaçants a diminué l’intensité de l’opposition. Cavani a été le premier remplaçant parisien, à la place d’Ongenda (61e) moins en vue après la pause. Démarrant sur un côté, l’Uruguayen a pris la pointe de l’attaque au bout de quelques minutes. Pastore est passé côté gauche mais a conservé son rôle dans le coeur du jeu (faux-ailier). Ibrahimovic a lui évolué beaucoup plus bas, redescendant parfois jusque dans sa moitié de terrain pour toucher le ballon.

L’entrée en jeu de Chantôme (72e) à la place de Bahebeck a offert un soutien défensif à Van der Wiel côté gauche, en plus de créer les conditions pour la mise en place d’un milieu en losange : Chantôme, Motta et Verratti derrière Pastore, Cavani et Ibrahimovic. Le manque de rythme en fin de partie n’a toutefois pas permis de tirer d’enseignements, que ce soit pour ce système comme pour le 4-4-2 à plat parfois présenté, avec Ibrahimovic et Cavani associés devant.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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