PSG 2-0 Lyon : ce qu’il faut retenir

Le PSG a remporté hier à Montréal le Trophée des Champions en s’imposant facilement face à une équipe de Lyon certes diminuée, mais surtout loin d’être au niveau. Retour sur un match à sens unique.

Les compositions : 

D’un côté comme de l’autre, l’été a été – pour le moment – calme sur le marché des transferts. Les onzes de départ ressemblaient donc beaucoup à ceux de la saison dernière. Côté parisien, Trapp s’est quand même installé dans les cages. Dans l’entrejeu, Rabiot est préféré à Thiago Motta pour jouer devant la défense.

Côté lyonnais, Hubert Fournier devait composer avec quelques blessures en plus de la suspension de Fekir. Bref, une équipe loin d’être au complet, en défense (Bisevac), au milieu (Grenier, Fofana) et en attaque (Fekir). Des absences qui l’ont poussé à abandonner son losange pour un 4-5-1 beaucoup plus prudent.

Paris sans forcer : 

Bien qu’elles aient été lyonnaises – dans le sens où Paris semblait bloqué au milieu de terrain -, les premières minutes ont parfaitement présenté ce qu’allait être le reste de la rencontre. D’un côté, une équipe du PSG en possession du ballon et qui le fait tourner aux abords de la ligne médiane, entre ses milieux de terrain. De l’autre, une formation lyonnaise regroupée dans sa moitié de terrain derrière Lacazette, cherchant à bloquer la transition entre les milieux et les attaquants parisiens.

Problème, les Lyonnais ont laissé beaucoup (trop) de liberté à Verratti, Rabiot et même Matuidi. Ces derniers avaient juste à décrocher dans leur camp pour sortir de la zone de leurs adversaires (Tolisso, Lacazette, Ferri) et s’assurer le contrôle du ballon. Au bout de quelques minutes de jeu, Ibrahimovic est lui aussi redescendu pour participer à la circulation de balle et la rendre plus fluide.

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Ibrahimovic, Rabiot, Matuidi et Verratti ont eu beaucoup d’espaces dès lorsqu’ils redescendaient au niveau de la ligne médiane. Aucun Lyonnais ne sortait au pressing, laissant Lacazette seul dans cette zone.

Malgré la pression de Gonalons sur le Suédois, les Parisiens n’ont eu aucun mal à faire tourner la balle au milieu de terrain. Le manque d’agressivité des Lyonnais, notamment sur les passes en retrait, a fait qu’ils n’ont quasiment jamais eu besoin de reculer dans leur moitié de terrain (les rares séquences de pressing lyonnais ont eu lieu dans les 30 mètres parisiens).

Bref, Paris promenait le ballon autour du rond central, en attendant une combinaison dans l’axe (passe-et-va d’un milieu, appel en profondeur…) ou la montée d’un latéral (Aurier à droite, Maxwell à gauche) pour accélérer et rentrer dans le dernier tiers adverse.

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Résultat de l’apathie lyonnaise, un PSG qui peut construire très près de la ligne médiane en attendant de placer ses attaques. A noter que 4 Parisiens ont dépassé les 100 passes sur ce match, dont Verratti pourtant sorti à 20 minutes de la fin. (remplacé par Stambouli qui a eu le temps de toucher 33 ballons en 20 minutes…).

Rabiot dans un fauteuil, Aurier en accélérateur

Aligné aux côtés de Verratti et Matuidi dans l’entrejeu parisien, Adrien Rabiot a su reprendre le rôle de Thiago Motta. Comme la saison dernière, les trois milieux parisiens ont beaucoup bougé, n’hésitant pas à changer de rôle et de position pour perturber le bloc adverse, en ayant toujours l’objectif d’offrir une solution au porteur de balle. Ibrahimovic s’est en plus ajouté à ce trio, travaillant comme un 4e milieu de terrain et permettant donc de varier encore plus les combinaisons.

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Ibrahimovic s’est même retrouvé (une seule fois) en position de numéro 6, entre ses deux défenseurs.

Cette maîtrise technique n’aurait toutefois pas été utile sans joueurs capables d’accélérer. Les premières minutes ont d’ailleurs révélé une formation lyonnaise en mesure de repousser son adversaire, à défaut de pouvoir récupérer le ballon. Mais les Parisiens ont eu plusieurs armes pour mettre à mal l’arrière-garde des Gones. La circulation du ballon au milieu de terrain – et l’apathie lyonnaise – ont d’abord permis de libérer Verratti ou Ibrahimovic, capables d’ouvertures en profondeur et de changements de jeu.

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Bon exemple des lacunes de l’OL, la liberté accordée à Verratti qui a le temps de lever la tête et d’attendre les appels de ses coéquipiers.

Les Parisiens ont aussi réussi quelques enchaînements dans l’axe, Rabiot, Ibrahimovic ou Matuidi donnant l’impulsion avant de se projeter dans la moitié de terrain lyonnaise (passe-et-va). Mais un homme est sorti du lot hier soir par sa capacité à changer le rythme de l’attaque parisienne : Serge Aurier. Toujours prompt à prendre le couloir, il a offert des solutions pour les ouvertures de Verratti ou Ibrahimovic. Mais ce sont surtout ses accélérations balle au pied qui ont fait mal à la défense lyonnaise.

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A l’origine du second but parisien, une belle passe d’Aurier pour Ibrahimovic dans le dos de la défense lyonnaise.

Souvent « abandonné » par Benzia – attiré aussi par le positionnement de Verratti -, il a profité du moindre espace pour accélérer et tenter de passer en puissance face à Bedimo. Avec de la réussite puisqu’il a terminé la rencontre avec 5 dribbles réussis sur 5 tentés. Il a apporté de la percussion à une aile droite parisienne qui en manquait, la physionomie de la rencontre ayant forcé Lucas à travailler comme un 2e attaquant plutôt qu’en véritable ailier.

Et l’OL dans tout ça ? 

« Trop d’écart », « beaucoup d’insuffisances », « états d’âme et attitudes qui nous pénalisent »… La conférence de presse de Hubert Fournier après le match a résumé la prestation de ses joueurs. Les Gones n’ont tout simplement pas été à la hauteur sur le plan de l’engagement. Encaisser un but sur le premier coup de pied arrêté de l’adversaire était déjà un indicateur, ne pas réagir après cette ouverture du score a confirmé le manque d’agressivité et d’implication de l’OL dans ce match.

 

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2 réponses

  1. Coco dit :

    Est-ce que tu peux un peu détailler sur le rôle d´Ibra quand il redescent. OK, il apporte le surnombre au milieu mais du coup quelqu´un plonge en pointe pour le remplacer? J´ai eu l´impression que très souvent au milieu. Zlatan redoublait juste les passes… du coup j´avais du mal à saisir l´intéret stratégique de telles prises de balle?

  2. Pistolero dit :

    Très bon article, j’aime beaucoup ton blog et le travail d’analyse réalisé.

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