Tottenham 2-1 Arsenal : l’analyse tactique

Arsenal ne jouera pas le titre, c’est Arsène Wenger qui l’a confirmé. Néanmoins, les Gunners sont-ils armés pour se mêler à la lutte pour les places européennes ? Leur dernière sortie à White Hart Lane, bien que s’étant soldée par une défaite, pousse à l’optimisme. En attendant le retour de Wilshere pour la transformer, l’équipe a des armes pour limiter la casse au classement. Et il le faudra car Tottenham sera au rendez-vous en fin de saison…

Les compositions :

Comme souvent quand il s’agit d’évoluer à White Hart Lane, Harry Redknapp aligne une équipe très offensive au coup d’envoi. Bale, Van der Vaart et Modric sont là et Defoe est associé à Adebayor en attaque, laissant Parker comme le seul joueur à vocation défensive dans l’entrejeu : Friedel (24) – Walker (28), Kaboul (4), King (26), Assou-Ekotto (32) – Parker (8), Modric (14), Bale (3), Van der Vaart (11) – Defoe (18), Adebayor (10).

Du côté d’Arsenal, Arsène Wenger doit encore composer avec plusieurs forfaits (Vermaelen, Diaby, Wilshere, Koscielny…). Du coup, Song est encore forcé de dépanner en défense centrale ce qui permet à Coquelin d’intégrer le onze de départ dans l’entrejeu avec Ramsey et Arteta : Szczesny (13) – Sagna (3), Mertesacker (4), Song (17), Gibbs (28) – Coquelin (39), Ramsey (16), Arteta (8) – Walcott (14), Gervinho (27), Van Persie (10).

Tottenham comme Dortmund :

Bien décidés à enfoncer des Gunners toujours fragiles, les Spurs démarrent la rencontre en imposant un gros pressing dans l’entrejeu. A l’instar du Borussia Dortmund en Ligue des Champions, ils ciblent leur travail dans l’axe du terrain, principalement sur le milieu à trois formé par Coquelin, Arteta et Ramsey.

Ainsi, Modric et Parker, les deux milieux axiaux de Tottenham, sont soutenus dans leur travail de pressing par trois des quatre offensifs. Si Adebayor reste en pointe pour peser sur la défense centrale adverse, Bale, Van der Vaart et Defoe rentrent dans l’axe ou décrochent pour enfermer les milieux d’Arsenal et limiter leur influence. La plupart du temps, les joueurs d’axe (Modric, Parker ou Defoe) sortent au pressing tandis que Bale et Van der Vaart ceux contentent d’empêcher la passe vers l’avant en faisant simplement opposition à leur adversaire.

Derrière ce premier rideau, Assou-Ekotto et Walker marquent respectivement Walcott et Gervinho tandis que Kaboul suit les déplacements de Van Persie, même lorsque celui-ci tente de décrocher pour apporter une solution à ses milieux de terrain. Cet ensemble gêne considérablement Arsenal en début de partie. Le fait de resserrer les distances entre les milieux de terrain est aussi utile sitôt le ballon récupéré. Le nouveau porteur du ballon a des solutions courtes en appui et Modric ou Parker réussissent à amener plusieurs contres rapides sur les buts de Szczesny, sans toutefois parvenir à conclure.

Arsenal par les côtés :

Incapable de mettre en place son jeu de passes et son fameux double pivot au coeur du jeu, Arsenal passe par les côtés pour pouvoir s’installer dans la moitié de terrain de Tottenham. Les deux joueurs de couloir des Spurs attirés vers l’axe en phase défensive, les latéraux sont libres de monter pour offrir des solutions et faire circuler le ballon sur la largeur.

C’est ainsi que les latéraux d’Arsenal, Sagna et Gibbs, sont mis à contribution dans la première moitié du camp adverse afin d’étirer le premier rideau des Spurs. Dans le même temps, le milieu d’Arsenal s’animer avec le décrochage d’un des deux milieux de terrain censé animer le jeu dans le camp adverse (en l’occurence Arteta). Modric et Parker ne sortant que lorsqu’il s’agit de presser, Arsenal se retrouve avec une ligne de quatre joueurs pour faire circuler le ballon sur la largeur (Gibbs, Arteta, Coquelin, Sagna) face trois adversaires (Van der Vaart, Defoe et Bale).

De cette nouvelle position, les quatre Gunners chargés de lancer le jeu ont plusieurs solutions qui s’offrent à eux. A gauche, Gibbs peut jouer des deux contre deux avec Gervinho devant lui, ou chercher la profondeur avec Van Persie. A droite, un deux-contre-deux se joue aussi entre ailiers et latéraux avec parfois le concours de Ramsey pour créer le surnombre mais Modric suit le Gallois de près.

La meilleure solution vient en vérité des ouvertures crées dans l’axe par les sorties au pressing de Modric ou Parker. Ainsi, lorsque ce dernier tente d’aller mettre la pression sur Arteta ou Coquelin, il libère des espaces devant sa défense. Intervalles dans lesquels s’engouffrent très souvent Gervinho en première mi-temps. L’Ivoirien trouve ainsi des espaces où se lancer mais vient buter la plupart du temps sur la défense des Spurs.

L’ouverture du score :


Un but très intéressant dans sa construction. Avant le début de la vidéo (visible ici à 1’18), Van der Vaart est rentré dans l’axe à la préparation de l’action pour offrir une solution à Modric et combiner avec Defoe face aux trois milieux de terrain adverse (égalité numérique). Devant, Adebayor profite du marquage de Gibbs sur Van der Vaart pour s’écarter vers le flanc droit laissé libre et recevoir le ballon. Song est fixé, Mertesacker est attiré par le marquage de Defoe qui continue sa course dans le dos du Camerounais. Gibbs lâche lui le marquage de Van der Vaart qui continue pourtant sa course. C’est lui qui sera parfaitement servi par le Togolais et terminera l’action, quasiment libre de tout marquage.

Deuxième mi-temps : Song 2.0

Mené au score à la pause sur une action qui a rapidement mis hors de position son milieu de terrain pour laisser sa défense impuissante, Arsenal revient évidemment des vestiaires avec l’intention de revenir. Et pour cela, il lui faut prendre plus de risques, notamment à la relance (pour avoir plus de solutions dans les 30 derniers mètres adverses).


by Guardian Chalkboards

C’est justement dans ces conditions que Alexandre Song va parfaitement s’illustrer tout au long de la seconde mi-temps. Arsenal évolue plus haut et le Camerounais n’y pas étranger puisqu’il n’hésite plus à offrir une solution supplémentaire pour lancer le jeu dans le camp adverse. Outre le chalkboard visible ci-dessus, ses statistiques confirment son changement de registre en deuxième mi-temps puisque Song a tenté une dizaine de passes pour les trente derniers mètres adverses (pour une réussite de 50%) et a délivré 19/24 passes vers l’avant contre seulement 8/12 en première mi-temps. Conséquence directe de ce jeu plus porté vers l’avant, Gibbs et Arteta ont notamment pu évoluer plus haut. Malgré son nouveau rôle et sa passe décisive pour Ramsey, la deuxième mi-temps de Song n’a pa ssuffit puisque Arsenal a craqué en fin de partie sur un tir de Walker à l’issue d’une action qui avait démarré sur un oubli de marquage de Bale sur une rentrée en touche.

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1 réponse

  1. macduff31 dit :

    pas mal!! un peu vite sur la fin

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