Suisse 1-0 République Tchèque (Euro Espoirs), l’analyse tactique

Quelques heures après l’Espagne (voir Espagne 3-1 Biélorussie, le résumé vidéo), la Suisse s’est qualifiée pour la finale de l’Euro Espoirs 2011. Pour y parvenir, la Nati est venue à bout de la République Tchèque après prolongations. Sans être très enthousiasmante, la rencontre a quand même permis de dégager plusieurs points tactiques assez intéressants pour être décortiqués.

A lire : Euro Espoirs 2011 – La Suisse pour une première

Composition :

Côté suisse, Pierluigi Tami a conservé la formation qui s’est montrée très solide depuis le début du tournoi (aucun but encaissé). Hochstrasser rentre dans le onze de départ pour remplacer Xhaka, suspendu après avoir reçu deux cartons lors de la phase de poules. Sommer (1) – Koch (4), Klose (15), Rossini (5), Berardi (23) – Lustenberger (6) – Shaqiri (10), Hochstrasser (22), Frei (9), Emeghara (7) – Mehmedi (11). Côté tchèque, l’organisation est la même. Vaclik (1) – Vacha (6), Mazuch (4), Suchy (17), Celustka (5) – Gecov (13) – Dockal (8), Moravek (10), Marecek (18), Cerny (15) – Kozak (9).

Suisse ou l’importance des latéraux :

Rapidement maîtres du ballon (ils termineront la rencontre avec plus de 60% de possession de balle, les Suisses mettent en place leur jeu d’attaque. Mais avant cela il faut ressortir et la phase de transition tient évidemment une place très importante dans l’animation offensive de l’équipe. Et dans celle-ci, ce sont les latéraux qui ont le beau rôle.

Positionnements.
A l’instar d’une certaine organisation de la meilleure équipe du moment (cf. Barcelone 2009), la Suisse s’appuie sur une base de trois joueurs une fois le ballon récupéré. Les deux défenseurs centraux, Klose et Rossini, s’écartent et le milieu défensif, Lustenberger décroche à leur hauteur pour offrir des solutions. Dans le même temps, les latéraux montent au milieu de terrain, environ à la même hauteur que le second milieu de terrain, Hochstrasser. Reste alors quatre joueurs devant, Frei, Shaqiri, Emeghara et Mehmedi. Ceux-ci resserrent au maximum dans l’axe autour de Mehmedi pour pouvoir enchaîner rapidement en cas de relance longue. Sur le schéma, les flèches jaunes indiquent les positions originelles.

Transition.
En cas de relance au sol, le trio de l’arrière (stoppeurs + milieu défensif, cercle noir) peut s’appuyer sur ses trois joueurs de transition (latéraux + milieu) pour faire circuler le ballon et déplacer le bloc adverse sur la largeur (traits gris). Devant eux, les quatre offensifs se concentrent principalement dans l’axe afin de resserrer le bloc adverse. Arrive alors la phase d’accélération dans le camp adverse : les six tenant le ballon cherchent à toucher le quatuor offensif. Là, sur du jeu rapide et court (ex : appui du milieu sur un offensif qui lui remet), le ballon est envoyé dans un couloir où le latéral arrive lancé et place la première accélération balle au pied dans la moitié de terrain adverse. Accélération qui va du coup faire reculer le bloc défensif… Et permettre aux offensifs de prendre les intervalles crées par les compensations ou au bloc entier de s’installer dans le camp adverse.

La réponse tchèque :

Après un bon quart d’heure de domination suisse (marquée par les montées de ces fameux latéraux), la République Tchèque va s’organiser pour ne plus autant subir. Et son adaptation va grandement court-circuiter le jeu adverse, la relance suisse multipliant ensuite les longs ballons pour tenter de mettre la défense tchèque à contribution.

Pression.
Comme les équipes qui ont inquiété le Barça de Guardiola à une époque, la République Tchèque a répondu à la Suisse en envoyant d’abord deux joueurs pour perturber la circulation entre les trois joueurs de base. L’avant-centre (Kozak) s’est ainsi retrouvé soutenu par Moravek qui suit les décrochages de Lustenberger. Du trois contre un, la zone est passée à un trois contre deux. Si les deux hommes n’ont quasiment récupéré aucun ballon, leur simple présence a suffit à gêner la circulation de balle suisse, nécessitant les décrochages de plusieurs joueurs pour venir en soutien.

Marquage.
Premiers concernés par cette nécessité de décrocher, les trois « joueurs de transition » suisses se retrouvent en plus marqués de près. Très important de part ses déplacements sur la largeur dans le rond central, Hochstrasser est suivi à la trace par Marecek. De leur côté, les ailiers tchèques s’occupent des latéraux adverses. Et ceux-ci sont d’autant plus faciles à marquer qu’ils ne sont pas servis dans le sens du jeu et se retrouvent donc la plupart du temps sans vitesse. Et comme ni Koch, ni Berardi n’ont le coffre ou la puissance de Walker (voir : Espagne 1-1 Angleterre, l’analyse tactique) pour faire la différence en un-contre-un, les Suisses ont du mal à sortir proprement de leur moitié de terrain.

Conclusion :

Une fois de plus, le pressing haut sur la première relance adverse est apparu comme le facteur déterminant pour gêner une formation construite sur la même base (à trois joueurs) que Barcelone. Si elle a fini par l’emporter dans les arrêts de jeu, la Suisse n’a vraiment su créer le danger qu’à partir de ses individualités (Shaqiri, Mehmedi, Emeghara). Collectivement, les Tchèques ont su résister mais n’ont jamais su, eux non plus, prendre la main dans le jeu et se montrer vraiment dangereux pour Sommer.

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