Spartak Moscou 0-3 Marseille : l’analyse réaliste

Même si Deschamps et son staff en réfutaient l’idée, l’Olympique de Marseille jouait une partie de sa saison ce mardi soir face au Spartak Moscou. Petit rappel des données : une victoire avec au moins deux buts inscrits et c’était les huitièmes de finale, tout autre résultat éliminait les Phocéens. Comme des grands, et dans un match où l’adversaire les a bien aidés dans les moments-clés, ces derniers sont allés chercher leur qualification. Et se sont donnés le droit de disputer un match de gala face à Chelsea dans deux semaines.

Les formations :

Comme prévu, Valery Karpine accueille l’OM avec un disposition similaire à celle qui est allé gagner au Vélodrome au mois de septembre : un 4-2-3-1 avec deux ailiers censés se replier lors des montées des latéraux adverses pour former deux lignes de quatre bien compactes. Devant, Ari prend la place d’Alex et s’installe en retrait de Welliton seule véritable pointe.

Côté Marseillais, Brandao profite du forfait de Gignac pour s’installer à la pointe de l’attaque marseillaise. Derrière lui, Deschamps choisit d’aligner une ligne de trois offensifs composée (de gauche à droite) de Ayew, Valbuena et Rémy. Dans l’entrejeu, il fait confiance au duo Lucho-Cissé pour faire face au jeu moscovite. En défense, c’est du classique avec Azpi, Diawara, M’Bia et Heinze.

Pressing à l’extérieur

Les premières minutes sont à 100% en faveur des visiteurs. Extrêmement compact au milieu de terrain, les Marseillais coupent toutes les solutions de passes « propres » aux défenseurs du Spartak qui sont condamnés à faire tourner en attendant l’ouverture. Problème, Brandao (et Valbuena dans une moindre mesure) presse cette relance. Le Brésilien gagne ainsi plusieurs bons ballons dans l’entrejeu et les Russes multiplient les mauvaises passes et autres hésitations qui permettent à l’OM de s’installer sans difficulté en position dominante dans cette rencontre.

Aux alentours du premier quart d’heure, les débats vont toutefois s’équilibrer. Complètement éteint par M’Bia et Diawara, le duo Ari-Welliton va enfin sortir la tête de l’eau. Le premier décroche régulièrement pour proposer des solutions entre Cissé et Lucho qui ne parviennent pas à gérer correctement son cas tandis que Welliton fait avertir M’Bia sur l’aile droite. Petit à petit, un circuit de passes se met en place côté russe : généralement de Ibson (le milieu) vers Ari (l’attaquant de soutien) qui ensuite écarte vers ses ailiers qui tentent de finir le mouvement par un centre.

Mais alors que le Spartak semble prendre l’ascendant dans l’entrejeu, c’est l’OM qui fait la première différence au tableau d’affichage. Valbuena pour le 1-0 (la vidéo).

Ari Gold

A défaut d’éteindre les ardeurs russes, l’ouverture du score a au mois le mérite de redensifier le milieu marseillais… Pour quelques minutes seulement. A partir de la 25ème minute, le Spartak reprend ses habitudes à la construction. Ari quitte l’axe et vient demander des ballons dans les intervalles existants entre les deux lignes défensives marseillaises.

Sur le schéma ci-dessus, vous pouvez constater les deux zones « libres » dans le bloc défensif marseillais (cercle blanc, fond rouge). Dans l’axe sur le tableau, Ari (souligné en rouge) va venir dans ces zones du terrain pour s’intercaler entre le milieu axial et le latéral marseillais (Cissé-Heinze d’un côté, Lucho-Azpi de l’autre).

Ainsi libéré, il oblige un Marseillais à venir à lui pour compenser : soit le milieu axial qui le suit auquel cas un espace est libéré dans l’axe pour Ibson ou Sheshukov, soit le latéral qui vient à lui ce qui rend possible un décalage sur l’aile, soit le stoppeur qui monte d’un cran en espérant que personne ne profite de l’espace laissé dans la profondeur. Généralement, c’est cette dernière solution qui sera privilégiée par les Marseillais afin de ne surtout pas laisser d’espaces à Kombarov et McGeady (ou Makeev) sur les ailes, les deux solutions privilégiées par Ari lorsqu’il se retrouve dans cette position.

Passeur buteur

Passé tout près d’égaliser juste avant la mi-temps, les Moscovites repartent sur les mêmes bases au retour des vestiaires. Ari est toujours aussi indispensable de par ses déplacements. Sans doute sur consigne de Karpine, Kombarov et McGeady quittent leurs couloirs pour faire le nombre en attaque lorsque la phase de jeu se développe côté opposé. Exemple : si la construction penche à droite, Kombarov (l’ailier gauche) rentre à l’intérieur pour venir épauler Welliton en attaque. Bref, Moscou paraît toujours plus fort dans l’entrejeu mais la défense marseillaise ne tremble pas dans sa surface.

Et puis arrive cette fameuse 54ème minute. Marseille ressort enfin le ballon de sa moitié de terrain. Brandao sert Rémy qui est rentré dans l’axe, le Brésilien étant légèrement excentré. L’international français tente la reprise de volée qu’il loupe lamentablement… Mais son loupé lobe le très lourd Stranzl. Résultat, Rémy récupère et n’a plus qu’à finir le travail. Poteau. Poteau. But. 2-0. Pour la deuxième fois du match, l’OM fait la différence au tabeau d’affichage alors que son collectif semblait en difficulté.

Le Spartak ne se démonte pas et continue son travail au milieu de terrain. Mais la tension est palpable. Peu après l’heure de jeu, l’avant-centre Welliton craque après une provocation toute en finesse de Diawara et se fait logiquement exclure. Comme le dira Karpine en zone mixte après la rencontre, le match s’est terminé après ce dernier tournant. Même moi, je vous avoue que j’ai changé de chaîne.

Finition

Je n’ai donc pas vu Didier Deschamps faire sagement tourner son effectif : Cheyrou pour Valbuena, Abriel pour Lucho et Kaboré pour Rémy. Je n’ai pas vu non plus (en direct) le troisième but de Brandao, qui a été récompensé de son travail sur la défense moscovite (et sur le blocage de Makeev pendant une certaine période en deuxième mi-temps côté gauche). Bref, un OM costaud derrière et surtout très réaliste devant sera au rendez-vous des huitièmes de finale. Maintenant, il faudra bosser la solidité de l’entrejeu car il n’est pas sûr que Diawara et M’Bia ferment aussi bien les portes face aux gros calibres.

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