Schalke 04 3-0 Lyon, l’analyse – Schalke attack !

Un sans-faute sur les matchs aller, déjà deux défaite lors des matchs retour : le parcours de l’Olympique Lyonnais croise parfaitement celui de l’Olympique de Marseille. Les campagnes européennes des deux équipes ont toutefois un point commun : elles se poursuivront au printemps pour les huitièmes de finale de la Ligue des Champions. Et d’ici là, Claude Puel aura énormément de travail pour rendre son équipe compétitive sur la scène européenne. Après trois matchs où tous les détails ont tourné de leur côté, les Gones ont livré une prestation inquiétante à Gelsenkirchen, trois semaines après la déroute (masquée) face au Benfica.

Le match aller :

Ce petit rappel est nécessaire avant de démarrer l’analyse de ce match. Ne vous inquiétez pas, on va faire ça vite. L’OL s’était imposé 2-0 mais avait fait preuve d’un réalisme monstre pour ouvrir le score par Bastos sur une erreur de la défense allemande. Jusque-là, les visiteurs avaient même maîtrisé les débats et s’étaient crées des situations chaudes (par Farfan notamment). L’ouverture du score lyonnaise a mis du plomb dans l’aile à leur plan de jeu, basé sur l’attente et le contre… Et l’expulsion de Howedes avant la mi-temps avait assuré l’OL d’une belle soirée de Ligue des Champions.

Les formations :

Sans doute refroidi par le 4-0 encaissé sur la pelouse de Benfica en une mi-temps, Puel abandonne son 4-3-3 type en Ligue des Champions pour un schéma plus défensif. Le back four (Réveillère, Diakhaté, Lovren, Cissokho) est toujours protégé par Toulalan, cette fois aidé par un Kallström qui fait le lien entre défense et attaque. Gourcuff reste un cran plus haut, en soutien de Lisandro. Bastos et Briand complètent sur les côtés.

Du côté de Schalke, Magath ne change pas le système qui avait su gêner l’OL à Gerland avant d’encaisser le premier but : deux lignes de quatre en phase défensive avec Raul en soutien de Huntelaar. Par rapport à l’aller, on note surtout les entrées de Kluge et Jurado dans le onze de départ. Le premier va se signaler à la récupération et le second va poser énormément de problèmes aux Lyonnais en quittant son aile pour rentrer dans l’axe.

Because Magath high :

Après ce jeu de mot fort bien senti, l’explication des 20 minutes de Schalke 04. A l’inverse du match aller où ils s’étaient contentés de quadriller leur moitié de terrain. Les Allemands vont se montrer beaucoup plus agressifs sur le porteur de balle, et plus précisément sur les axiaux de l’OL. L’idée est simple, et avait été appliquée par Bordeaux en championnat : presser les deux rampes de lancement (Toulalan et Kallström) pour couper la relation avec Gourcuff.

Sitôt le ballon perdu, le milieu aligné par Magath va imposer une pression constante dans l’entrejeu. Alors que Raul (ou Huntelaar), Kluge et Jones se chargent de monter (ou de faire face) sur Toulouse ou Kallström, Jurado et Farfan resserrent sur les côtés pour prendre leurs adversaires en tenaille. Mais, plus important, les deux ailiers se rendent ainsi immédiatement disponibles en cas de récupération de balle. En deux passes, et grâce à l’explosivité de Farfan et Jurado, Schalke peut complètement prendre à défaut la défense lyonnaise. Le second but allemand illustre d’ailleurs parfaitement ce projet.

Schalke vient de récupérer le ballon dans l’entrejeu. C’est Huntelaar (rouge, rond central) qui est redescendu travailler avec Jones pour intercepter une transmission entre Toulalan et Kallström. Kluge récupère le ballon. A sa gauche, Jurado est déjà disponible pour du jeu court. Réveillère est loin.

L’Espagnol est servi entre Toulalan et Gourcuff. Il embarque avec lui Réveillère qui vient à sa hauteur et Toulalan puisqu’il se retrouve dans sa zone. Très intelligemment, il libère immédiatement son ballon pour Kluge qui se retrouve avec un boulevard face à lui sur le côté gauche.

Le milieu de terrain poursuit son action jusqu’à se retrouver avec deux Lyonnais sur le dos (Reveillère et Diakhaté). Dans l’arc-de-cercle de la surface de réparation, Raul embarque Lovren dans une fausse piste pour libérer l’angle de passe pour Huntelaar. Cissokho est à la ramasse à gauche. La finition en vidéo.

Side by side

Avec un tel travail dans l’axe (7 duels perdus sur 9 pour Toulalan pour exemple), les gars de Schalke se découvrent logiquement sur les côtés. Bien décidés à empêcher Briand et Bastos de participer à la relance pour forcer le jeu dans l’axe (très agressif sur le porteur pour l’empêcher de jouer vite ou de se retourner), les latéraux allemands se font en revanche souvent prendre dans le dos. Bastos et Briand se retrouvent ainsi lancés en profondeur dans leurs couloirs respectifs.

Problème, dans la surface de réparation, Höwedes et Metzelder rendent au moins dix centimètres à Lisandro. Au fil des minutes, les Lyonnais vont toutefois insister sur les ailes. Des longs ballons le long de la ligne de touche, on passe aux remontées par du jeu en triangle (ailier-milieu-latéral). Au retour des vestiaires, l’entrée de Gomis fait définitivement passer l’OL en 4-3-3. Se forment alors deux trios de chaque côté : Briand-Gourcuff-Reveillère à droite et Lisandro-Kallström-Bastos à gauche. A noter aussi les rentrées à l’intérieur de Lisandro pour opérer en soutien de Gomis lorsque Bastos prend son couloir.

Malheureusement pour l’OL, ce nouveau schéma n’inquiète pas son adversaire outre-mesure. Metzelder et Höwedes renvoient quasiment tous les ballons qui traînent dans leur surface et le duo Jones-Kluge n’a aucun mal à défendre plus bas qu’en première mi-temps. A 2-0 en leur faveur, les Allemands peuvent voir venir et n’ont plus vraiment besoin d’aller chercher les Lyonnais. Ils patientent donc et n’hésitent pas à hacher le jeu (et les joueurs) pour faire baisser le rythme de la rencontre. La sortie de Gourcuff sur blessure marque à peu près la fin de l’intérêt de cette rencontre.

Conclusion :

A l’instar de Deschamps avec l’OM, Puel a du boulot s’il veut faire autre chose que de la figuration au printemps prochain. Mercredi soir, l’équilibre de son milieu de terrain a été mis à mal par la pression allemande et la défense a encaissé certains contres sans aucune capacité de réaction autre que le recul. Mais au moins, la qualification est là…

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