Schalke 04 2-1 Inter Milan, l’analyse tactique

Il n’y a pas eu de miracle au Veltins-Arena de Gelsenkirchen. Malgré toute sa volonté, le tenant du titre milanais quitte la compétition au stade des quarts de finale. Après avoir vu sa défense exploser à Giuseppe Meazza, les Milanais ont cette fois été contrôlés par une équipe de Schalke très bien en place. Maîtres dans leurs 20 mètres et capables de tenir le ballon pour empêcher l’emballement de la partie, les Allemands se qualifient logiquement pour les demi-finales, le facteur Raul leur offrant en plus un succès de prestige supplémentaire.

Les compositions :

Farfan suspendu, Rangnick réadapte son équipe en conséquence. Aligné dans l’axe à l’aller, Jurado glisse à gauche alors que Baumjohann prend le flanc droit. La place laissée vacante par l’Espagnol est récupérée par Matip qui monte d’un cran après avoir joué en défense à Giuseppe Meazza. Lui-même est remplacé par Metzelder : Neuer – Uchida, Höwedes, Metzelder, Sarpei – Baumjohann, Papadopoulous, Matip, Jurado – Raul, Edu.

Dans le camp adverse, Leonardo n’a pas d’autre choix que de jouer le tout pour le tout. Nagatomo est titularisé sur le flanc gauche de la défense pour tenter d’apporter autant offensivement que Maicon de l’autre côté. C’est Cambiasso qui fait les frais de ce choix du technicien brésilien, l’Argentin laissant sa place dans l’entrejeu à Zanetti : Julio César – Maicon, Lucio, Ranocchia, Nagatomo – Zanetti, Thiago Motta, Stankovic – Sneijder – Eto’o, Milito.

L’erreur de Leonardo :

Comme annoncé dans le paragraphe précédent, Leonardo a décidé de prendre des risques. Avec Nagatomo à gauche, l’entraîneur de l’Inter espère voir le Japonais débouler dans son couloir comme peut le faire Maicon à droite. Charge ensuite à Sneijder, Eto’o, Milito ou Stankovic d’offrir des relais et surtout d’être présents à la finition. Problème, l’Inter va souffrir de l’énorme déséquilibre de son organisation. Explications.

Dès les premières minutes, il est possible de s’apercevoir que l’Inter ne joue véritablement qu’avec un seul attaquant de pointe. Livrant un très gros duel avec Metzelder, Milito joue les points d’appui pour Sneijder ou Eto’o. Le Camerounais penche clairement sur le côté gauche, d’où il démarre souvent pour rentrer vers l’intérieur et tenter de trouver ses deux partenaires de l’attaque en relais. Dans la continuité de ces mouvements, Nagatomo prend lui le couloir pour offrir une solution sur l’extérieur et des possibilités de décalage.

Avec une attaque adverse qui penche clairement sur le flanc droit de sa défense, Schalke coulisse intelligemment pour venir combler lees brèches qui pourraient se créer dans cette zone. Metzelder ne lâche pas Milito, Papadopoulos en fait de même avec Sneijder. Matip surveille lui les incursions des milieux de l’Inter (Stankovic principalement). Face au duo Eto’o-Nagatomo, une double couverture se met en place (Baumjohann revenant aider Uchida), parfois supplée par le repli d’un attaquant (Edu ou Raul). Depuis son côté gauche, Jurado suit le mouvement et coulisse lui aussi dans l’axe.

Résultat de cette préparation intériste à gauche, tout le flanc droit s’ouvre pour les montées de Maicon. Problème, le Brésilien est attendu par Sarpei qui n’hésite pas à l’attendre très haut sur le terrain pour l’empêcher d’accélérer. Solide physiquement, le Ghanéen n’est jamais pris à défaut en un-contre-un. Privé d’un appui devant lui, Maicon n’arrive pas à enchaîner débordement et centre en première mi-temps. Seule solution pour lui, chercher Milito dans le dos de Sarpei. Plus rapide que Metzelder, l’Argentin récupère plusieurs ballons mais l’absence de soutien dans la surface ne lui permet pas de les faire fructifier.

L’entrée de Pandev au tout début de la deuxième mi-temps confirme le besoin qu’avait l’Inter de rectifier le tir. Le Macédonien remplace numériquement Stankovic et transforme le 4-4-2 en losange en un 4-2-3-1 beaucoup plus équilibré et qui offre à Maicon une présence devant lui qui fixe Sarpei et lui permet de se lancer depuis le milieu de terrain. Preuve de l’impact de cette entrée, Jurado est beaucoup plus concerné par le cas Maicon en deuxième mi-temps. Du coup, l’étreinte dans l’axe se desserre quelque peu et Sneijder a plus d’espaces pour orienter le jeu. Mais à l’arrivée, on retient surtout les 45 minutes de perdue par Leonardo.

La clé Jurado :

Solide défensivement, Schalke 04 a été aussi très efficace dans la maîtrise du ballon pour empêcher l’Inter de pouvoir emballer la partie (si tant qu’il en avait la possibilité. Outre Raul, l’autre Espagnol de cette équipe a été prépondérant dans chacune (ou presque) des possessions de balle allemandes.

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Milieu gauche au coup d’envoi, l’ancien milieu de l’Atletico a en fait travaillé sur toute la largeur du milieu de terrain (d’où sa position moyenne sur l’image de gauche). L’Inter possédant un milieu à trois très dense dans l’axe, Schalke s’est attaché à travailler sur les côtés pour tenir le ballon le plus efficacement possible. Si la remontée s’est parfois faite par la gauche, les Allemands ont été particulièrement efficaces sur leur aile droite grâce aux dézonages de Jurado mais aussi aux montées de Uchida, venant régulièrement prêter main forte à ses offensifs dans le camp adverse.

En plus d’apporter des solutions, les déplacements de Uchida et Jurado ont aussi et surtout permis aux joueurs à vocation défensive de ne pas se découvrir. Une fois la relance effectuée, Matip et Papadopoulos n’ont négocié que très peu de ballons au-delà du rond central (sept à eux deux), pouvant ainsi se concentrer exclusivement aux tâches défensives, le marquage de Sneijder en particulier. L’ouverture du score de Schalke est d’ailleurs révélatrice puisque c’est Jurado qui s’est retrouvé en position de numéro 10, un rôle qui, pour rappel, incombait au milieu axial mardi soir (voir Manchester United 2-1 Chelsea, l’analyse tactique).

Conclusion :

Peu aidé par des défenseurs dépassés à l’aller, Leonardo a perdu 45 minutes à chercher la bonne animation pour inquiéter Schalke. L’entrée de Pandev a clairement rééquilibré les débats et les Allemands ont subi sur plusieurs assauts en deuxième mi-temps. Mais leur gestion quasi parfaite des possessions de balle, grâce à des joueurs hyperactifs (Jurado, Uchida, Raul), leur a permis de calmer le jeu dans les moments les plus chauds et ainsi s’assurer une qualification tranquille et sans surprise après un match aller exceptionnel.

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