Saint-Etienne – Bordeaux : l’analyse pressing

N’ayant plus le temps, ni les moyens techniques surtout, de suivre au mieux les rencontres de Ligue 1 du week-end (et surtout celle du dimanche soir), j’ai décidé de m’infliger une session de Moustacup cette semaine. Avant, peut-être, le Lyon-PSG de ce soir, j’étais donc devant France 4 hier soir pour assister à la rencontre entre Saint-Etienne et Bordeaux. Un match pas forcément déplaisant, remporté par des Stéphanois efficaces, qui ont su frapper les Girondins dès la 11ème minute pour ensuite les contrôler. A la Brestoise en somme…

Pression bordelaise

Aussi surprenant que cela puisse paraître vu les dernières sorties des deux équipes, le début de match est à 100% Bordelais. Tigana a remanié son effectif pour aligner un 4-4-2 évolutif, qui tendra par la suite vers le 4-2-3-1 ou même le 4-3-3 sur certaines phases. Côté Stéphanois, Galtier a fait le choix du 4-2-3-1 avec Bergessio en pointe devant une ligne Riviére – Batlles – Sako de droite à gauche et un duo N’Daw – Matuidi chargés de la première relance. C’est sur cette paire de milieux que les Bordelais vont porter leur attention.

Le projet des Girondins est simple : lorsque les stoppeurs adverses (Bayal, Monsoreau) tiennent le ballon, chaque joueur présent dans le camp adverse doit être attentif au déplacement de son adversaire direct (l’ailier sur le latéral, le latéral sur l’ailier, le milieu sur le milieu). Le but ? L’empêcher de se mettre dans le sens du jeu pour servir Batlles ou Bergessio. Solutions privilégiées des deux défenseurs des Verts, N’Daw et Matuidi sont mis sous pression par Plasil et Ducasse dès leurs prises de balle.

Si le premier a du mal à s’en sortir, le second met en lumière les problèmes défensifs à venir des Girondins : le « tout pour le pressing » est à double tranchant lorsque plus personne n’est derrière en couverture. Traduction : la défense ne compense pas l’absence de Diarra et reste assez basse par rapport au reste du bloc bordelais. En bref, lorsque Matuidi réussit son dribble, il se retrouve face au jeu avec pour premier adversaire direct le défense central bordelais… Qui a déjà à négocier les déplacements de Batlles ou Bergessio.

Le but

Autre conséquence du choix bordelais d’aller chercher son adversaire, l’obligation du sans-faute à l’arrière. Plusieurs fois en première période, Saint-Etienne a envoyé des longs ballons par-dessus le milieu bordelais pour toucher ses ailiers (Sako, mais surtout Rivière). Il a suffit d’un alignement défaillant pour éliminer Trémoulinas, d’un j’y vais – j’y vais pas de Ciani pour permettre à Rivière de centrer et d’un retour en roller sans frein de Ducasse pour permettre à N’Daw d’ouvrir le score de l’entrée de la surface de réparation.

Les Verts répondent

Renforcés par leur ouverture du score, les Verts vont rapidement trouver la solution pour se mettre la première mi-temps dans la poche. En plus de prendre un coup derrière la tête sur le but, les Bordelais vont ensuite être gênés tactiquement par l’adaptation stéphanoise à leur envie de pressing. Les deux joueurs-moteurs de cette phase (Plasil et Ducasse) vont s’éteindre petit à petit, la faute à une série de consignes, dictées par Galtier ou naturellement adoptées par les joueurs. Attention, soyez attentifs.

Comme vous pouvez le constater, Saint-Etienne va annihiler la pression bordelaise en multipliant les déplacements et les permutations au milieu de terrain. Axial droit sur le tableau noir, N’Daw s’excentre dans le couloir pour se défaire du marquage de Plasil. Dans le même temps, Batlles décroche pour venir dans la zone du Tchèque alors que Matuidi (axe gauche) se lance dans une course croisée vers l’avant. A l’autre bout du terrain, Sako se recentre pour offrir un appui au cas où l’équipe aurait besoin de changer de côté.

Toutes ces courses vont pousser les Bordelais à glisser dans une schéma plus attentiste, et du coup moins dangereux pour des Verts qui mènent déjà au score. Le besoin d’un joueur devant la défense se faisant sentir, Ducasse glisse en couverture tandis que Bellion redescend défendre à hauteur de Plasil, Maazou restant seul en pointe. Saint-Etienne s’assure une bonne demi-heure facile… Jusqu’aux alentours de la 40ème minute où l’équipe a certainement dû ressentir une petite baisse physique, le milieu étant dans l’obligation de beaucoup courir pour calmer les ardeurs bordelaises.

A gauche, à gauche, à gauche !

Au retour des vestiaires, les Bordelais reviennent regonflés à bloc. Et ça se sent surtout sur le côté gauche. Véritable meneur, et parfois perforateur du milieu stéphanois en première mi-temps, Plasil s’efface et quitte l’axe pour aller bosser avec Trémoulinas sur le côté gauche. Le Tchèque lance les actions et couvre le couloir, Trémoulinas est censé les terminer et les ailiers (Saivet et Ben Khalfallah) essaient d’offrir des solutions entre la défense et le milieu stéphanois (30/20 mètres). Certains mouvements sont bons mais les Bordelais ne pèsent pas assez dans la surface pour inquiéter Bayal, Monsoreau et surtout Janot.

Au fil des minutes, le scénario classique s’installe. Bordeaux abat les cartes Modeste et Jussiê dans le money-time. Saint-Etienne répond en densifiant son milieu en ajoutant Sagna à la place de Batlles. D’un côté (Bordeaux), on attend un coup-franc, un exploit ou un malentendu. De l’autre, on espère un contre pour plier la partie. Rien n’arrivera, ni pour l’un, ni pour l’autre, la faute à deux gardiens en très grande forme. Pas grand chose à ajouter. Saint-Etienne est en quart de finale grâce à sa solidité. Bordeaux est out à cause des nombreux chantiers à réaliser.

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