RIP : le Toque argentin

Argentine-Allemagne : le deuxième quart de finale sera celui attendu par tous les simulateurs post-tirage au sort. Ce sera aussi une revanche du quart de finale de 2006 où les Allemands avaient sorti une magnifique équipe argentine coachée par Pekerman. Pour ceux qui l’auraient déjà oublié, l’Albiceleste avait enflammé le premier tour en appliquant le principe de jeu qui a fait sa légende : le fameux toque. Quand on voit ce que propose l’Argentine de 2010, on regarde cette période avec nostalgie. Tout en sachant très bien que cette dernière ira peut-être au bout. Explications…

2006, un collectif :

Avant de regarder ce que fait la sélection de Maradona, il est de bon ton de regarder ce qu’a fait Pekerman à l’époque. Le Toque c’est quoi pour ainsi dire ? Pour faire simple, un jeu qui privilégie le jeu au sol et les passes courtes. Pour rentrer un peu plus dans le détail, c’est une animation qui fait participer tous les joueurs en les poussant à multiplier les déplacements verticaux pour proposer des solutions au porteur du ballon. Latéraux, milieux et attaquants, tous se déplacent de manière coordonnée sur plusieurs lignes imaginaires pour offrir des solutions au porteur du ballon. Dans un monde parfait, ça donne ça. Le plus beau but du Mondial 2006 et qui serait loin devant ceux de 2010…

2010, une somme d’individualités :

Quatre ans plus tard, il n’y a plus aucun vestige du travail de Pekerman. Certains cadres de l’époque ne sont plus là (Cambiasso, Riquelme, Sorin) et les rescapés n’appliquent plus du tout les mêmes principes de jeu. Si l’on devait résumer l’Argentine de 2010 en quelques mots : solide derrière, spectacle devant. Le quinté défensif (back four + Mascherano) conserve quand même sa fameuse grinta : les prises de risque sont minimisés, les défenseurs restent en place et misent tout ou presque sur leur capacité à remporter des duels. Il faut dire qu’avec Heinze, Samuel, Demichelis, Otamendi et Mascherano en sentinelle, les attaquants ont quelques clients à passer avant de se présenter face à Romero.

On remonte le tableau noir pour arriver à l’entrejeu. Depuis le début de ce Mondial, Maradona a présenté deux solutions. La première fonctionne avec Veron : aux côtés de Mascherano en phase défensive, le vétéran de l’Estudiantes évolue devant lui lorsque l’Argentine doit ressortir le ballon. Aux avants-postes, les quatre offensifs argentins se déplacent pour lui offrir des solutions. Depuis son rond central, Veron n’a plus qu’à arroser d’ouvertures, transversales et autres passes en profondeur pour les servir et leur permettre de finir le travail. Parfois, Messi ou un autre vient le solliciter en décrochant pour pouvoir se retourner et accélérer ensuite. Mais le vrai intérêt de la présence de Veron, c’est d’éviter au Catalan et à ses potes de redescendre.

On l’a vu face au Mexique. Maradona avait pris le risque de se priver (de préserver ?) son vrai meneur de jeu pour aligner un milieu en losange très offensif avec Di Maria et Maxi Rodriguez chargés de couvrir les côtés. Messi se retrouve lui devant Mascherano et avec la charge supposée d’animer le jeu. Car dans les faits, il n’en est rien : Messi n’est pas un meneur. Et l’Argentine a joué sans organisateur face au Mexique. Avec l’absence de Veron, Messi redescendait plus bas pour récupérer les ballons et faire ses raids. Du coup, il partait de plus loin et était moins efficace. Ce choix de Maradona (?) peut s’expliquer par l’habitude mexicaine de se découvrir au moment de construire. Une perte de balle au milieu avec un Messi/Tevez rapidement lancé et c’était le strike. Face aux Allemands, si Veron ne rentre pas, cela risque d’être beaucoup plus compliqué…

La récap’ :

Est-elle vraiment nécessaire ? En 2006, on avait un collectif au service d’un jeu magnifique à voir se développer. Les onze joueurs participaient avec et sans ballon en se déplaçant d’une ligne (imaginaire) à l’autre pour offrir des solutions au porteur. En 2010, on a une équipe qui se base sur cinq défensifs purs et durs, un chef d’orchestre (intermittent pour Diego) dans l’entrejeu et un quatuor offensif largement au-dessus de la moyenne puisqu’un seul peut suffire pour faire la différence. Et le pire dans tout ça, c’est que cette formation a toutes les qualités pour aller au bout de cette Coupe du Monde : du talent devant et de la rigueur derrière. A voir si la machine allemande suffira pour les arrêter. Une chose est déjà sûre aujourd’hui, la défense argentine ne sera pas coupable des mêmes erreurs que l’anglaise dimanche après-midi…

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2 réponses

  1. Queen dit :

    « Une chose est déjà sûre aujourd’hui, la défense argentine ne sera pas coupable des mêmes erreurs que l’anglaise dimanche après-midi… »

    Don’t cry FOUR me Argentina !! :D

  2. Queen dit :

    Si seulement Veron avait joué….

    J’ai lu une stat sur le match de Veron contre la Grèce : « Juan Sebastian Veron both made (153) and completed (131) the most passes in a #worldcup game since 1966. »

    Tout simplement.

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