Ribéry n’a pas Lahm chez les Bleus

C’est l’un des plus grands mystères du moment en équipe de France. Toujours au plus haut niveau avec le Bayern Munich (4 buts et 7 passes décisives depuis le début du championnat), Franck Ribéry ne parvient pas à atteindre les mêmes performances en équipe de France. S’il n’est pas improbable que le problème vienne tout simplement du joueur, plusieurs éléments de l’animation offensive des Bleus permettent aussi d’expliquer pourquoi il n’est pas aussi efficace dès lors qu’il revêt le maillot de la sélection. Car le mettre à gauche ne suffit pas forcément.

Avec l’équipe de France :

Vainqueur (a priori) de la bataille qui l’opposait à Florent Malouda, Franck Ribéry a été réintroduit par la gauche dans le système de jeu de Laurent Blanc. Il n’est pas question ici de discuter de la pertinence de ce choix, mais de se pencher sur son rôle dans l’animation offensive des Bleus.

Dans les couloirs, à gauche comme à droite, l’animation offensive de l’équipe de France est des plus classiques. Les latéraux jouent d’abord un rôle de points d’appui sur les côtés afin de permettre aux milieux de terrain de faire circuler le ballon sur toute la largeur. Devant eux, les deux joueurs de couloir, dont Ribéry, sont chargés de provoquer la défense adverse une fois le ballon reçu. De son aile gauche, le joueur du Bayern tente le plus souvent de rentrer dans l’axe, ouvrant ainsi le couloir à la montée de son latéral. Problème, avec l’absence de partenaires dans sa zone, Ribéry se retrouve très souvent pris par deux adversaires : le latéral lui bloque la profondeur et l’ailier redescend pour lui fermer l’intérieur du terrain. Et en cas de montée du latéral français, c’est un deux-contre-deux qui se joue dans cette zone du terrain.

Ci-dessus, en jaune, Ribéry tente de rentrer devant le milieu de terrain adverse : il est bloqué par l’ailier et le latéral adverse reste en position en cas de montée du latéral français. En orange, Ribéry tente de rentrer dans l’axe entre l’ailier et le latéral adverse. C’est alors ce dernier qui se charge du marquage, l’ailier surveillant lui les déplacements du latéral français qui pourrait en profiter pour dédoubler. La réciproque (ailier sur Ribéry et latéral sur latéral) est aussi possible dans ce cas.

Avec le Bayern :

En club, la donne est complètement différente. Sur le tableau noir, l’organisation est pourtant assez similaire. Le 4-4-2 de Jupp Heynckes avec Muller (ou Kroos ; Muller jouant à droite quand Robben est blessé) en soutien de Gomez se rapproche du 4-2-3-1 habituel de Laurent Blanc. Mais encore une fois, l’animation est différente. Et Ribéry possède avec Philipp Lahm le latéral parfait pour le compléter sur le flanc gauche.

A l’inverse du latéral gauche français, Lahm est en effet un soutien beaucoup plus actif pour Ribéry. Ainsi, il n’hésite pas à monter à hauteur de son ailier pour combiner avec lui dans des petits espaces. Le plus souvent, les deux hommes travaillent assez bas dans le camp adverse, aux abords de la ligne médiane. C’est donc un deux contre un qui se joue face au seul ailier adverse (en rouge). La qualité technique des deux hommes aidant, le petit périmètre de jeu qui leur est offert leur permet de faire des différences, le plus souvent pour lancer ensuite Ribéry vers l’intérieur du terrain où il trouvera des relais avec Schweinsteiger (venu de l’arrière) ou Muller (entre les lignes adverses).

Ceci dit, plusieurs questions peuvent se poser. Pourquoi le latéral adverse ne monte t-il pas pour venir perturber les échanges entre Lahm et Ribéry ? La plupart du temps, il reste sous la menace d’un déplacement dans son dos de l’un des attaquants du Bayern (en gris sur le schéma). Autre question : qui pour assurer la couverture de Lahm si celui-ci monte alors même que l’action de jeu n’est pas lancée et qu’une perte de balle pourrait être dangereuse ? C’est le rôle qui revient à Luiz Gustavo (excellent transfuge de Hoffenheim l’hiver dernier) qui se charge de compenser depuis son poste de milieu axial gauche. Par ailleurs, le Brésilien offre aussi un soutien intéressant pour peu que Ribéry et Lahm ne parviendraient pas à prendre le dessus et faire une première différence. Le trio avait d’ailleurs parfaitement fonctionné face à Manchester City en Ligue des Champions.

Un schéma transposable ?

Laurent Blanc peut-il mettre Franck Ribéry dans les mêmes conditions qu’à Munich ? L’idée peut paraître séduisante. Avec sa tendance naturelle à se déplacer côté gauche, Benzema pourrait être (et il le fait déjà) la menace qui fixe le latéral adverse ou profite de ses montées. Mais les chances de voir une telle animation se mettre en place tombe à l’eau, Abidal n’ayant a priori pas démontré qu’il possédait les qualités pour travailler de la même façon que Lahm. A partir de là pour Ribéry, à gauche ou à droite, même combat. Qui a dit sur le banc ?

Article écrit pour Eurosport

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1 réponse

  1. fomba dit :

    vraiment moi je suis un jeune malien je suis a la recherche d’un contra en europe j’ai besoin devotre aider voie ci mon mail [email protected]]yahoo.fr mon contacte est de 0022375698191

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