Rennes 1-2 Marseille, l’analyse tactique

Après avoir battu Lille, Marseille poursuit son retour parmi les premiers rôles du championnat en allant infliger à Rennes sa première défaite à domicile. Bousculés en première mi-temps, les Phocéens ont su résister avant que leurs adversaires ne connaissent une grosse baisse de régime au retour des vestiaires. Sérieux et réalistes, ils ont su parfaitement en profiter.

Les compositions :

Mangane absent pour cause de CAN -tout comme Diawara à Marseille-, Apam est aligné en défense centrale aux côtés de Kana-Biyik. Derrière lui, Diallo profite de l’absence de Costil pour garder les buts rennais : Diallo (16) – Danzé (29), Apam (4), Kana-Biyik (15), Théophile-Catherine (2) – M’Vila (17), Doumbia (28), Féret (8), Brahimi (20) – Kembo-Ekoko (11), Montaño (21).

Côté marseillais, Fanni dépanne toujours en défense centrale en l’absence de Mbia et Diawara. Pour le reste, c’est du grand classique avec la présence de Cheyrou, Amalfitano ou Valbuena dans le onze de départ : Mandanda (30) – Azpilicueta (2), Fanni (24), Nkoulou (3), Morel (15) – Diarra (4), Cheyrou (7), Lucho (8), Amalfitano (18) – Valbuena (28), Rémy (11).

Premier acte rennais :

Rennes en 4-2-3-1, l’OM en 4-3-3, deux organisations calquées l’une sur l’autre au milieu de terrain… Inutile d’en rajouter pour comprendre rapidement que la rencontre s’annonce plus que fermée dans l’axe. Les premières minutes ne font pas mentir cette première impression : Doumbia et M’Vila sont au marquage de Cheyrou et Lucho (en rouge ci-dessous).

Très important dans le jeu de l’OM dès lors que les milieux se retrouvent ainsi sous pression, Amalfitano et Valbuena sont eux aussi bien pris par le bloc défensif rennais, qui fait en sorte de toujours conservé le surnombre derrière (trois contre deux). Amalfitano est marqué de très près par Théophile-Catherine qui ne le lâche jamais, quelque soit ses décrochages -le long de la ligne de touche ou vers le rond central- (en jaune et rouge). Les appels Valbuena sont eux couverts par l’organisation rennaise. La relance marseillaise -Diarra et les deux stoppeurs- ayant souvent besoin d’un soutien supplémentaire pour ressortir le ballon correctement, un milieu doit décrocher -Cheyrou le plus souvent- ce qui laisse une égalité numérique au niveau des milieux rennais en cas de déplacement dans l’axe de Valbuena -Lucho et lui étant couverts par M’Vila et Doumbia-.

Sans liant entre le milieu et l’attaque, l’OM doit s’en remettre à passer par les ailes (en blanc). Morel et Azpilicueta héritent du travail de première passe, alertant Rémy ou Amalfitano dans la profondeur mais ni l’un ni l’autre ne parviennent ensuite à prendre le dessus dans les duels. Du côté des Bretons, si le manque de solutions dans l’axe est aussi criant, les choses se passent beaucoup mieux sur les ailes grâce à une meilleure utilisation de la largeur. Usant de la paire M’Vila-Doumbia pour rapidement orienter le jeu d’un côté à l’autre du terrain -là où l’OM n’a que Diarra en attendant le déplacement d’un milieu pour venir à sa hauteur et poursuivre le changement de côté-, les Rennais réussissent à créer des situations de un-contre-un sur les ailes.

C’est ainsi que durant le premier acte, Brahimi et Kembo-Ekoko se retrouvent à plusieurs reprises en face-à-face avec leurs adversaires directs, Azpilicueta et Morel. Dans le couloir droit, le second sera soutenu ensuite par Danzé à partir de la demi-heure de jeu. Avant cela, le milieu marseillais suivait les courses du latéral rennais ; après, il s’est attaché à rester dans l’axe pour tenter de perturber les sorties de balle de la paire Doumbia-M’Vila, sans grand succès. Brahimi et Kembo-Ekoko gagnent plusieurs duels mais restent fébriles au moment de la dernière passe.

Parenthèse – L’ouverture du score :

Au quart d’heure de jeu, les Bretons ouvrent la marque sur un second ballon gagné dans les pieds de Lucho et rapidement transformé par Doumbia. Une action a priori anodine puisque résultant d’un coup-franc renvoyé par la défense marseillaise. Quelques minutes plus tôt -aux alentours de la 10ème-, Rennes s’était crée une situation identique sur un long ballon adressé dans les airs à Montaño. Le Colombien avait perdu son duel de la tête mais Brahimi avait récupéré le second ballon à 20 mètres des buts de Mandanda. Après un petit flottement, la défense marseillaise avait fini par s’en sortir… Tout simplement parce que la distance entre les milieux rennais et les quatre offensifs étaient trop grandes pour que les premiers puissent venir mettre la pression sur leurs adversaires. Une distance naturellement réduite sur un coup de pied arrêté où tout le bloc monte au moins d’une ligne. D’où la récupération dans les pieds de Lucho et ce qui a suivi.

Second acte marseillais :

Malgré une vraie domination des débats durant la première mi-temps, les Bretons rentrent aux vestiaires juste après avoir encaissé l’égalisation, sur un csc de Apam consécutif à un centre de Rémy depuis l’aile gauche de l’attaque marseillaise. Pendant la pause, Didier Deschamps sait que les Rennais ne reviendront pas aussi fort qu’en début de partie -il confiera après la rencontre avoir dit « à ces joueurs à la mi-temps qu’il était impossible que les joueurs rennais tiennent cette intensité. »

Et le coach de l’OM ne s’est pas trompé sur ce coup. Symbole des difficultés rennaises de la deuxième mi-temps, Kembo-Ekoko et Brahimi sont incapables de reprendre le dessus sur Morel et Azpilicueta. Plus les minutes passent et plus les latéraux marseillais gagnent de duels. Dans le même temps, c’est tout le bloc phocéen qui évolue un cran plus haut, enfermant les Rennais dans leur moitié de terrain avant de récupérer les ballons dans les couloirs -via les latéraux- ou dans rapidement dans leur camp avec les duels remportés par Nkoulou-Fanni face à Montaño.

Brahimi et Kembo-Ekoko désormais pris dès leurs prises de balle, Frédéric Antonetti retouche son animation offensive. Alors qu’il aidait auparavant ses milieux de terrain parfois mis sous pression par leurs homologues marseillais, Féret est plus attiré par le but adverse, évoluant désormais quasiment en tant que soutien de Montaño. L’entrée de Pajot à la place de Montaño (74e) ne change rien au problème du milieu rennais puisque l’international espoir prend la place de Féret en soutien de Erding, Féret glissant côté droit jusqu’à l’entrée en jeu de Diarra six minutes plus tard (80e).

Mais entre temps, l’OM en a déjà profité (voir ci-dessus). Cheyrou récupère une transmission manquée de Doumbia, qui tente une passe dangereuse vers l’avant faute de soutien. Valbuena s’occupe ensuite du travail de fixation et Cheyrou échappe à la vigilance de Doumbia, plus intéressé par le ballon et la couverture de Kana-Biyik au duel avec le porteur, que par le déplacement de son adversaire direct dans son dos. Une première faute à laquelle vient s’ajouter celle de Diallo dont la main n’est pas assez ferme pour écarter la tentative de Cheyrou.

Conclusion :

Les dernières minutes de la rencontre restent sur le même rythme. L’OM se contente de contrôler Erding derrière et les raids du jeune Diarra depuis l’aile droite. Le collectif de Rennes semble de toute façon ne plus avoir les ressources pour aller arracher l’égalisation. Loin d’être à son meilleur niveau, l’OM s’impose pour une seule raison : il a tout simplement commis moins de fautes que son adversaire.

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