Les semaines passent sur e-foot.eu et les rubriques se multiplient à une certaine vitesse. Après les analyses, les palmarès et autres zooms sur certains joueurs, j’ai décidé de me lancer dans un genre nouveau pour moi et ô combien casse-gueule, du moins j’en ai l’impression, en faisant un peu de théorique. Je vous le dis tout de suite, les articles de cette rubrique ne sont pas à prendre comme parole d’évangile, il s’agit simplement de raisonnements qui se mettent en place au fil des quelques rencontres que je regarde chaque semaine. Le but de ces billets est tout simplement de lancer des discussions qui vont au-delà des joueurs, au delà des équipes. J’attends vos avis sur l’intérêt d’une telle rubrique et sur ce premier essai impatiemment !
Pour ce premier essai, j’ai décidé de me pencher sur la relation entre un latéral et le milieu ou l’ailier qui se retrouve devant lui dans son couloir. On entend souvent dire que tel latéral s’entend ou s’entendait parfaitement avec tel milieu de terrain au moment de combiner et de créer des décalages sur le plan offensif (voir la photo). Les rencontres de Ligue 1, Valenciennes-Marseille et Rennes-Bordeaux vont me permettre d’illustrer le caractère tout aussi indispensable de la parfaite complémentaire des deux hommes en phase défensive. Que ce soit dans un milieu en losange, avec une relation semblable au 4-3-3 entre le latéral et son soutien, ou un 4-2-3-1, ces deux rencontres nous ont offert quelques exemples d’entente sur lequel il est intéressant de se pencher.
Avant de zoomer sur nos deux joueurs de couloir, il ne faut pas oublier qu’ils s’intègrent au sein d’une équipe. Leur relation est complètement différente selon l’organisation de celle-ci. Ainsi, au sein d’un 4-3-3 (avec une sentinelle), ce n’est pas l’ailier qui est surtout chargé de soutenir le latéral mais le milieu axial qu’il retrouve dans sa zone. C’est la même chose lorsque l’équipe est construite autour d’un milieu en losange : les trois de devant sont déchargés d’une bonne partie du travail défensif, assuré par les relayeurs et surtout la présence du numéro 6 pour colmater les brêches. Pour vous donner un exemple précis, à Bordeaux, Wendel se charge de suppléer Trémoulinas.
C’est notamment pour cette raison qu’il est aujourd’hui impossible de voir un joueur comme Henry ou Ribéry à gauche d’un losange en équipe de France. Ce profil de joueur, très offensif, ne colle pas aux besoins défensifs de ces postes-là. D’ailleurs, même offensivement, ils ne collent pas mais c’est un autre thème. Même dans un 4-2-3-1, aligner ce genre de joueur sur un côté oblige l’entraîneur à adapter le profil de son latéral. Henry, Ribéry et les autres sont des attaquants ; le latéral doit donc avant tout avoir un profil de défenseur. Pour rester sur l’équipe de France, combien de fois s’est-on plaint de voir Abidal à la place de Evra ? Maintenant que les Bleus évoluent en 4-3-3, le Mancunien est titulaire et peut monter à sa guise !
A l’inverse des schémas avec trois joueurs consacrés quasi exclusivement à l’offensive (losange et 4-3-3), les autres organisations à quatre défenseurs (4-4-2 et 4-2-3-1 pour les plus fréquentes) ne peuvent bloquer les couloirs qu’en alignant des joueurs très complémentaires. Si le latéral est un habitué des débordements et des montées, il est généralement associé à un milieu de terrain qui ne néglige pas le travail défensif. Lors du dernier Rennes-Bordeaux, le travail défensif de Marveaux a permis aux Bretons de bloquer le couloir droit puis le couloir gauche jusqu’à ce qu’il sorte peu avant l’heure de jeu. Vous l’avez sans doute compris, dans les couloirs, tout est histoire de compensation.
Lorsque le milieu rennais cède sa place à Kembo, un véritable attaquant, il n’est pas surprenant de voir Bocanegra (le latéral gauche pour ceux qui ne suivent pas) pris par le surnombre bordelais dans son couloir jusqu’au coup de sifflet final. Même chose de l’autre côté avec Bangoura. Même chose à Valenciennes avec le duo Niang-Bonnart : Johan Audel s’est régalé pendant une bonne partie de la rencontre parce qu’aucun joueur ne compensait le peu de travail défensif fourni par Niang. Malgré le 4-3-3 sur la feuille de match, les Marseillais ont finalement joué en 4-5-1. Toujours à court de forme, Lucho n’a pas défendu comme le système le lui demandait sans doute et les couloirs se sont ouverts pour les Valenciennois.
La compensation, la complémentarité, voilà deux termes que vous risquez d’entendre souvent de les articles de cette rubrique. Alignez un attaquant sur une aile et vous devrez compenser avec un milieu relayeur ou vous priver d’un latéral capable de faire le surnombre. Alignez un milieu de terrain et votre latéral aura peut-être l’occasion de briller offensivement. Les joueurs de couloir, comme beaucoup d’autres sur le terrain, fonctionnent par paire. A l’issue d’une rencontre, juger le rendement du duo me paraît plus intéressant que de noter les prestations individuelles des deux hommes. En espérant avoir été clair dans mon développement (que j’espère aussi intéressant à lire), j’attends vos commentaires.




Réflexion intéressante. Et en effet, compensation et complémentarité sont primordiales pour l’organisation et l’équilibre de l’équipe.Reply – Quote
Pourtant à Barcelone, on a Daniel Alves qui monte énormément, et Pedro messi ou villa sur l’aile, donc un attaquant.
Ou est l’equilibre, en sachant que Iniesta et Xavi ne sont pas des joueurs défensifs ?
Ok il y a Busquet en sentinelle, mais ca ne change pas que le coté droit n’est pas équilibré avec le latéral et l’ailier ET le mileu axial relayeur droit qui sont offensifs.
So ???Reply – Quote
Twitter: flotoniutti
Si tu observes bien derrière, en effet Busquets n’est jamais loin. Mais surtout, le Barça possède une capacité à presser l’adversaire et le forcer à relancer n’importe comment. Sitôt le ballon perdu, les trois offensifs + Xavi, Iniesta et même Alves, bossent pour gêner la relance et empêcher les combinaisons. Il y a aussi le fait que la montée de Alves fixe forcément l’ailier adverse qui doit redescendre pour aider ses défenseurs (cf. Di Maria lors du dernier Clasico). La qualité technique des milieux du Barça et de sa circulation de balle (très peu de déchets quand il s’agit de faire tourner) les met à l’abri le plus souvent d’une perte de balle qui les mettrait en danger.
Par contre, s’ils perdent un ballon dans l’entrejeu, sans avoir eu le temps d’accélérer, sûr qu’il y de l’espace à droite…Reply – Quote
Voilà bien dit! Généralement si le Barça perd une balle avec Alves qui est monté, l’ailier en face a fait l’effort pour défendre et n’est plus dispo. Reste alors au 9 adverse d’aller décalé sans se faire suivre par Pique ou Puyol. Et il lui reste alors à jouer un 1 contre 3, voire 2 contre 4.. Sachant que psychologiquement, le Barça a déjà un ascendant avant de commencer le match qui peut annihiler certaines initiatives adverses!Reply – Quote