Real Madrid 4-2 Villareal, l’analyse corrective

Villareal avait offert une très belle opposition à Barcelone il y a quelques semaines (victoire 3-1 du Barça). Du coup, la curiosité était de mise alors que le sous-marin jaune s’attaquait à l’autre gros morceau du football espagnol ce dimanche soir. Une fois de plus, les hommes de Garrido sont tombés non sans avoir inquiété les Madrilènes. Pendant la première demi-heure, ils ont parfaitement su exploiter les failles de l’organisation du Real. Une fois celles-ci comblées, Ronaldo et ses potes ont pu faire la différence…

Les formations :

– Vainqueur de Getafe lundi dernier (voir l’analyse), Mourinho n’a pas surpris au coup d’envoi en alignant son 4-2-3-1 habituel. A noter néanmoins le retour de Ricardo Carvalho en défense centrale aux côtés de Raul Albiol. Devant, le quatuor offensif reste le même avec Di Maria, Ronaldo, Özil et Benzema. Entre les deux, Xabi Alonso et Diarra occupent le milieu de terrain.

– Côté Villareal, Garrido a tenu promesse : son équipe a conservé ses habitudes au moment de se déplacer à Madrid. Le sous-marin jaune se présente donc avec son 4-4-2 habituel avec le duo Borja Valero – Bruno dans l’entrejeu et Cani – Cazorla sur les côtés. Seul absent de marque devant, Nilmar est supplée par Marco Ruben, aligné aux côtés de Rossi.

La première mi-temps :

D’entrée de jeu, le Real se fait très agressif à la récupération du ballon. Xabi Alonso, Diarra et les quatre défenseurs ne laissent que très peu d’espaces à leurs adversaires directs et le ballon repart ensuite très vite vers l’avant, vers Ronaldo à gauche notamment. Le Portugais se crée deux situations de un-contre-un face à Angel en cinq minutes de jeu. Pas impressionné par la pression adverse, Villareal se montre patient une fois la possession de balle assurée : plutôt que de sauter une ligne pour tenter de trouver des Rossi et des Marco Ruben esseulés, le sous-marin jaune aère son jeu.

Depuis leur moitié de terrain, Bruno et Borja Valero écartent vers Angel (à droite) ou Cani (à gauche) pour remonter les ballons et annihiler la pression madrilène. Les combinaisons commencent à se multiplier dans l’entrejeu pour mettre le Real sur le reculoir. Et quelques brèches vont apparaître dans le fameux bloc des six (4 défenseurs + 2 milieux de terrain) de Mourinho. La preuve avec les captures des mouvements à l’origine des deux buts de Villareal.

Cani vient de servir Borja Valero dans le rond central. Obéissant sans doute à une consigne de Mourinho (ne pas laisser d’espaces à Borja Valero), Xabi Alonso vient à sa rencontre. Mais Cani poursuit son mouvement (flèche jaune) et Borja Valero lui remet dans la course (flèche bleue). Diarra, qui aurait pu compenser, est loin, occupé par un autre offensif de Villareal. Résultat, les milieux défensifs madrilènes prennent quelques dixièmes de retard et personne ne sera en mesure de récupérer le ballon jusqu’à ce que Casillas le fasse dans ses propres filets.

Étonnamment (ou pas), le second but est lui aussi consécutif à une montée de Xabi Alonso sur Borja Valero. Alors que Bruno vient de récupérer le ballon, le Madrilène monte sur le maître à jouer de Villareal, pensant certainement qu’il serait le premier servi. Diarra en fait de même sur l’autre solution la plus proche du porteur du ballon. Problème, Bruno décide de dribbler et s’ouvre une angle de passe en profondeur. Marco Ruben sent le coup et plonge entre les deux défenseurs pour partir au but.

Par la suite, Villareal s’en remet surtout aux permutations incessantes entre ses offensifs pour perturber le bloc de six du Real. Les lancements de jeu étirent le bloc adverse et, dans la foulée, Santi Cazorla, Cani ou Rossi essaient de rentrer à l’intérieur, entre les deux lignes adverses pour finir le mouvement. L’un d’entre eux finira d’ailleurs au fond des filets de Casillas mais l’arbitre assistant sgnalera justement une position e hors-jeu de Cazorla sur cette action. Alors que la demi-heure de jeu approche, le Real va enfin réagir tactiquement.

Première nouveauté, Özil et Di Maria viennent fermer les couloirs face aux montées des latéraux adverses. Les joueurs de Villareal profiteront de ce recul global du bloc madrilène pour tenter de le mettre sous pression dans ses propres 30 mètres mais celui-ci s’en sortira sans trop de difficultés. Une dizaine de minutes passent et les deux équipes semblent parties pour se neutraliser d’ici à la mi-temps, un constat qui arrange Villareal qui mène au score (2-1). Malheureusement pour eux, les Madrilènes égalisent juste avant la pause sur un coup-franc de Xabi Alonso repris par Ronaldo (2-2).

La deuxième mi-temps :

La rencontre n’est plus la même au retour des vestiaires. Khedira a remplacé Diarra pour apporter une touche technique supplémentaire dans les 25 derniers mètres adverses. De l’autre côté, Marcelo multiplie ses montées dans le couloir gauche. Mais surtout, le Real est beaucoup plus efficace lorsqu’il s’agit de défendre dans sa moitié de terrain. Comme en fin de première période, Özil et Di Maria bossent défensivement et les deux lignes de quatre formées par les Madrilènes récupèrent beaucoup plus facilement les ballons.

Comme évoqué un peu plus haut, les apports offensifs de Khedira et de Marcelo pèsent et s’ajoutent aux menaces Ronaldo et Di Maria qui mettaient déjà en difficulté la défense adverse. Pour remédier à cela, Garrido abandonne son schéma à deux pointes et densifie son milieu de terrain :  Musacchio remplace Marco Ruben, l’équipe passe en 4-2-3-1 avec Borja Valero en soutien de Rossi seul en pointe. Mourinho répond quasi immédiatement à ce changement en ajoutant un atout offensif : Albiol sort au profit de Kaka.

Ramos ayant coulissé dans l’axe, c’est Khedira qui hérite du poste de latéral droit. Garrido essaiera de profiter de ce positionnement un peu spécial pour le milieu allemand en faisant rentrer Oriol sur l’aile gauche, sans succès. De l’autre côté, les montées incessantes de Marcelo condamne Cazorla à défendre sans répit ou presque. Dans l’axe, Xabi Alonso se retrouve une nouvelle fois face à Borja Valero. Özil et Kaka se partagent eux la gestion du ballon dans le camp adverse, associés respectivement aux accélérateurs Ronaldo et Di Maria.

Le Real a mis quelques minutes à s’adapter à ce nouveau système, laissant quelques situations dangereuses dans l’axe à son adversaire. La machine s’est ensuite mise en route et la différence fut faite dans le dernier quart d’heure, d’abord par Ronaldo puis par Kaka pour clôturer le score. A l’arrivée, le Real prend trois points capitaux qui lui permettent de rester dans la roue du Barça. Après une excellente première demi-heure, Villareal n’a rien pu faire à partir du moment où le Real avait corrigé ses soucis de repli défensif. L’égalisation juste avant la mi-temps a très certainement fait basculer la rencontre.

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