Real Madrid 4-0 Tottenham : l’analyse à onze contre dix

Un match à sens unique. Alors que l’Inter et Schalke ont fait le spectacle, le rouleau-compresseur madrilène a complètement écrasé des Spurs rapidement dépassés. Gênés par l’intensité mise d’entrée de jeu par les milieux du Real, ces derniers n’ont presque pas existé durant le premier quart d’heure. Derrière, l’expulsion de Crouch les a complètement éteint. A partir de ce moment du match, une seule question se posait : à quand le second but du Real ? Frustrés à la mi-temps, les Madrilènes sont revenus plus forts après la pause. Décryptage.

Le début de match :

Comme évoqué dans l’introduction, le Real a rapidement pris le dessus sur son adversaire en lui imposant un gros pressing au milieu de terrain. Au coeur du jeu, Xabi Alonso et Khedira coupait la relation entre Sandro-Modric et leurs attaquants. La paire des Spurs était ensuite pressée par le trio Ozil-Ronaldo-Di Maria qui a aidé à la récupération de nombreux ballons sur les premières minutes de jeu. Après l’ouverture du score, Tottenham a eu quelques minutes intéressantes, lorsque Bale est sorti de son couloir pour offrir une solution de relance supplémentaire mais l’expulsion de Crouch a forcé Redknapp à revoir ce nouveau plan.

Avant la mi-temps :

Crouch expulsé, Tottenham passe en 4-4-1 avec le seul Van der Vaart en pointe. Selon la position du bloc madrilène, la première ligne défensive peut passer de trois à quatre joueurs et inversement (Modric en position haute ou Sandro en position basse). Quelque soit sa forme, elle se concentre surtout dans l’axe (flèches rouges), ce qui ouvre les couloirs aux Madrilènes pour lancer leurs actions (flèches blanches).

Problème : le premier rideau franchi, les offensifs madrilènes ont tendance à demander les ballons dans l’axe. Conséquence directe, lorsque le ballon est enfin écarté, la défense des Spurs est déjà bien en place dans la surface et les milieux ont resserré les espaces devant. En revanche, ces derniers abandonnent complètement la zone entre 25 et 30 mètres des buts de Gomes, laissant notamment Di Maria la possibilité de tenter sa chance (contré par Dawson).

Autre souci, cette organisation nécessite la présence de Sergio Ramos ou Khedira sur le flanc droit pour permettre le décalage en fin de mouvement. Ce besoin offre, au choix, quelques mètres d’avance à Bale en cas de contre-attaque ou quelques secondes de répit à Modric pour appliquer une bonne relance. Les deux hommes seront d’ailleurs au coeur de l’un des rares mouvements des Spurs de la soirée : Assou-Ekotto au départ, un relais sur Modric qui lance Bale impeccablement dans la profondeur, le Gallois usant de sa vitesse pour déposer Sergio Ramos avant de se faire sécher par Pepe (averti sur cette action).

Au retour des vestiaires :

La première demi-heure à dix contre onze s’étant plutôt bien passée pour les Spurs, il n’est pas impossible de les imaginer tenir de cette manière si le Real ne change rien. Et qui sait, si Bale passe encore une ou deux fois, peut-être réussira t-il à aller au bout. Redknapp doit se dire la même chose puisqu’il fait entrer Defoe à la place de Van der Vaart qui n’était plus à son poste. Mais Mourinho et le Real ne reviennent pas sur la pelouse de Bernabeu avec la même animation.

Principal changement, qui aura d’énormes conséquences sur la solidité défensive des Spurs, Di Maria et Özil occupent désormais les ailes dès la phase de construction. Dans l’axe, Ronaldo et Adebayor pèsent sur la défense centrale adverse. Derrière, Marcelo et Khedira encadrent Xabi Alonso et font circuler le ballon aux abords des 30 mètres. Le Brésilien et l’Allemand suivent ensuite les actions, que ce soit au moment de l’accélération (en combinant avec l’un des quatre offensifs) ou de la finition (celui qui n’est pas au début de l’action va apporter une présence supplémentaire dans la surface).

En plus d’enfoncer le milieu de terrain de Tottenham ce qui offre une liberté d’action supplémentaire à Xabi Alonso, ces incursions crée une situation de surnombre face au duo Gallas-Dawson. Les deux latéraux des Spurs doivent donc resserrer dans l’axe pour répondre à cette présence de trois adversaires dans leur surface. Conséquence, les deux ailiers (Bale et Jenas) doivent reculer d’un cran pour venir s’opposer à Özil et Di Maria dans les couloirs : un obligation qui annihile la menace Bale pour Sergio Ramos qui n’a plus le risque de se faire surprendre et se contente de contrôler les démarrages du Gallois.

Suite et fin :

Le second but inscrit (57e), Mourinho décide ensuite de gérer tranquillement son match en ajoutant un second milieu de terrain chargé de faire circuler le ballon : Diarra remplace Khedira et s’installe aux côtés de Xabi Alonso, qui, au passage, a réalisé une prestation de virtuose en tant que récupérateur-organisateur. Le Real termine la rencontre en roue libre, Di Maria donne du kiffe, Ronaldo y va même de son but… Le revers face à Gijon est déjà loin.

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