Real Madrid 4-0 Lyon, l’analyse tactique

L’apprentissage du très haut niveau n’est pas chose facile : pour les équipes comme Lille et pour les entraîneurs comme Rémi Garde. Toujours privé d’un Lisandro souvent moteur en Ligue des Champions, le coach lyonnais a vécu la même chose que ces joueurs sur la pelouse de Bernabeu : il a assisté impuissant à l’écrasante victoire d’un Real qui n’a jamais eu à forcer son talent.

Les compositions :

Sahin encore un peu juste, c’est un Real identique à celui de la saison dernière qui retrouve l’Olympique Lyonnais. Carvalho absent, Ramos glisse dans l’axe, laissant le couloir droit à Arbeloa : Casillas (1) – Arbeloa (17), Pepe (3), Ramos (4), Marcelo (12) – Xabi Alonso (14), Khedira (6) – Özil (10), Di Maria (22), Ronaldo (7) – Benzema (9).

Côté lyonnais, Rémi Garde surprend en titularisant Gourcuff et Fofana au milieu de terrain. A part ça, la défense ne bouge pas, Kallström est toujours là et l’inamovible trio offensif aussi : Lloris (1) – Reveillère (13), Koné (4), Lovren (5), Cissokho (20) – Fofana (15), Kallström (6), Gourcuff (8) – Bastos (11), Briand (19), Gomis (18).

Le projet lyonnais :

Les premières minutes de jeu ne laissent aucune place au doute. Loin des prestations face au Real sous l’ère Puel, lorsque Lisandro déclenchait le pressing, Lyon a décidé de ne pas sortir sur son adversaire. Certainement par peur d’être pris de vitesse à l’arrière. L’équipe est donc replié dans ses 40 mètres, organisée sur deux lignes de quatre avec un Gourcuff chargé de se joindre à la première ligne pour passer à cinq éléments lorsque cela est nécessaire. Gomis reste seul devant.

Derrière l’international français, les neuf autres joueurs de champ se répartissent les tâches défensives. Côté gauche, l’opposition est classique avec un deux-contre-deux avec Michel Bastos face à Arbeloa et Cissokho face à Di Maria. Décisif la saison dernière lors du huitième de finale, Marcelo est couvert par Briand qui tente de rester le plus souvent possible entre le Brésilien et la ligne de but de Lloris. Résultat, il n’est pas rare de le retrouver à hauteur de sa propre défense, en position de cinquième défenseur (cf. image 1).

Pour compléter la défense sur ce flanc droit, Fofana et Reveillère se partagent le marquage de Ronaldo selon les déplacements de ce dernier : s’il repique, c’est face à Fofana ; s’il s’excentre, c’est pour Réveillère. Dans l’axe, il reste un autre deux-contre-deux à jouer avec Gourcuff et Kallström face à Khedira et Özil. Un Madrilène échappe ainsi à la surveillance lyonnaise : Xabi Alonso. Penchant légèrement à gauche (pour couvrir et permettre les montées de Marcelo), le milieu de la Roja a passé 90 minutes tranquilles à orienter le jeu à sa guise et à se retrouver à la base de toutes les actions du Real.


A gauche, l’activité des joueurs / A droite, toutes les passes de Xabi Alonso.

L’animation madrilène dans le camp adverse :

Xabi Alonso libre de lancer le jeu, le Real doit maintenant s’animer autour de sa plaque tournante pour créer du mouvement et mettre à mal le bloc lyonnais. Cela passe par différents déplacements de certains joueurs, selon les lignes sur lesquelles ils veulent travailler (soit à hauteur du milieu lyonnais, soit à hauteur de la défense).

A l’instar du Stade Rennais face à Lorient (à une autre échelle), le Real utilise la largeur du terrain pour créer des situations de décalage ou d’égalité numérique. Le plus souvent, cela s’organise de la droite vers la gauche (en jaune) avec un Di Maria qui repique dans l’axe et profite des relais de Khedira, Özil voire Xabi Alonso pour traverser le terrain et aboutir sur des situations de deux contre deux côté fort avec Ronaldo et Marcelo. Le non-pressing des Lyonnais permet au Real de maîtriser sans souci la possession de balle en attendant que ces joueurs de couloir ne prennent ainsi le dessus.

A défaut de deux contre deux, ils joueront aussi la carte de la supériorité numérique dans ces zones grâce aux déplacements de Özil et Benzema sur les ailes. Exemple côté droit : Arbeloa a le ballon, Bastos fait opposition sans mettre de pression. Di Maria décroche pour attirer Cissokho et Özil plonge dans le dos du latéral pour créer le décalage. Dans l’axe, Khedira monte d’un cran pour venir occuper la zone laissée libre par son coéquipier (en orange). Plus que Özil, c’est Benzema qui se charge de ce travail au coin des deux surface de réparation adverse, permettant ainsi à Khedira de marquer le second but du Real.

Deuxième mi-temps :

Le break rapidement réussi par le Real au retour des vestiaires scelle évidemment les espoirs de l’OL. Malgré tout, la formation de Remi Garde évoluera plus en 4-2-3-1 en faisant permuter au passage Bastos et Briand (sans doute dans le souci de trouver plus rapidement Gomis en profondeur). Le Real répondra à ce petit changement en faisant certes reculer Marcelo et Arbeloa… Mais pour mieux les utiliser afin de prendre leurs adversaires directs de vitesse et créer des différences sur les côtés.

C’est ainsi que le Real a le plus souvent préparé ses actions plein axe grâce au surnombre toujours existant au milieu de terrain avant de les terminer par le décalage d’un joueur venu de l’arrière dans le couloir. La faible opposition aidant, Mourinho a pu faire tourner à loisir : Kaka s’est joint au trio offensif avant que Higuain ne remplace Benzema poste pour poste. Coentrao a lui pris aux côtés de Xabi Alonso qui s’est recentré pour laisser l’axe gauche du milieu de terrain au Portugais qui s’est permis de monter sur quelques offensives.

Conclusion :

A l’arrivée, un score sans appel pour un match à sens unique et qui confirme que cet OL n’est pas en mesure de jouer dans la même cour que son adversaire du soir. Si l’enjeu de la première place ne sera pas au rendez-vous, la possible intégration de Lisandro au retour permettra de jauger du véritable potentiel de cet OL version 2011/2012.

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