Real Madrid 3-4 Barcelone : du réveil madrilène jusqu’à la mi-temps

Rapidement en tête au tableau d’affichage, le Barça pensait être en bonne position après une entame difficile. C’était sans compter sur l’énorme activité d’Angel Di Maria, créateur d’espaces au milieu de terrain et dernier passeur sur les deux buts de Benzema. Heureusement pour eux, les Blaugranas ont pu eux aussi s’appuyer sur leur Argentin, qui les a remis dans le match alors que le Real commençait à accepter leur domination.

Les compos : 

Préambule : Real Madrid 3-4 Barcelone : du coup d’envoi au but d’Iniesta (7e)

Suite à l’ouverture du score, le match a changé de physionomie. C’était au tour du Barça de mettre le pied sur le ballon et, surtout, de mettre en place son organisation pour perturber la relance madrilène. Comme au match aller, où il avait abattu un énorme travail en position d’avant-centre, c’est Cesc Fabregas qui s’est collé à la tâche en sortant en pointe du milieu de terrain pour occuper le rond central, zone de prédilection de Xabi Alonso.

Il était parfois rejoint par Xavi, notamment lorsqu’il fallait gérer les décrochages deModric en plus de Xabi Alonso. Les Barcelonais se sont même permis quelques phases de pressing très haut dans le camp adverse : Fabregas sortait alors à hauteur de Messi pour mettre la pression sur Pepe et Ramos, les deux hommes entraînant le reste du bloc dans leur sillage. Une situation presque gagnante juste après le quart d’heure de jeu, puisqu’elle a permis à l’ancien Gunner d’offrir un excellent ballon de but à Neymar (18e).

Mais à l’instar de leurs adversaires, et avantage au score oblige, les Catalans ont la plupart du temps limité leur pressing aux milieux de terrain adverses. Ramos ou Pepe, en fonction du positionnement de Messi, se sont souvent retrouvés libres pour ressortir les ballons en cas de besoin et réorienter le jeu. Naturellement, face à un axe bloqué (Fabregas et/ou Xavi), le jeu se dirigeait vers les côtés où des deux-contre-deux devaient se jouer. D’un côté comme de l’autre, les ailiers barcelonais étaient dans une attitude plus « passive » face aux prises de balle dans leurs zones de jeu. Un comportement logique étant donné qu’il s’agissait aussi de protéger les latéraux des un-contre-un face à Ronaldo et Bale.

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Derrière Messi, le Barça « retourne » son triangle au milieu de terrain afin de mettre Fabregas dans la zone de Xabi Alonso. Si Modric décroche à son tour, Xavi monte lui aussi afin de créer un deux-contre-deux dans l’axe, laissant Busquets en couverture. Iniesta et Neymar ne quittent pas leurs couloirs afin de couper du mieux possible les passes qui permettrait de servir Ronaldo ou Bale dans la course sur leurs ailes respectives.

Di Maria, encore une fois 

Tout comme l’Atletico Madrid il y a quelques semaines, l’option défensive choisie par le Barça a été perturbée par le rôle hybride d’Angel Di Maria côté gauche. Ni milieu ni ailier lorsque son équipe est en possession du ballon, l’Argentin avait déjà été le premier joueur à perturber l’énorme pressing des Colchoneros. Cette fois, il a notamment profité du manque d’agressivité de Neymar pour se rendre disponible dans le couloir gauche. Excentré, il devenait un relais supplémentaire permettant aux Madrilènes d’atteindre le milieu de terrain tout en restant hors de la zone de pressing de Fabregas ou Xavi.

Capable d’accélérer à tout moment avec le ballon, l’Argentin était tout de même être surveillé d’assez près par les milieux catalans. Xavi était concerné par ses prises de balle dans le couloir puisqu’il pouvait repiquer à tout moment vers sa zone à l’intérieur. Avec Fabregas en position avancée pour rester dans la zone de Xabi Alonso, le trident du Barça se mettait alors à dangereusement sur sa droite (vers le couloir gauche du Real Madrid donc), ce qui libérait beaucoup d’espaces côté opposé. Comme face à l’Atletico, les Madrilènes ont ainsi fixé leurs adversaires côté gauche avant de renverser le jeu côté opposé (en une transversale ou plusieurs passes entre Ramos, Xabi Alonso et Pepe – face à Fabregas et Messi) vers Bale et Carvajal, qui se projetait très vite à hauteur de son attaquant.

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Di Maria récupère le ballon dans le couloir gauche et se retrouve face à Xavi (Neymar hors-champ avec Marcelo). Fabregas est au contact de Xabi Alonso et Busquets à proximité de Ronaldo, qui a décroché et repiqué vers l’intérieur du terrain. De son aile gauche, Iniesta resserre dans l’axe afin de ne pas laisser trop d’espaces à Modric. En une passe, Di Maria renverse le jeu côté opposé. A la réception, Bale et Carvajal ont deux solutions (flèches blanches) : attaquer la profondeur ou remettre en retrait (Pepe ou Modric). Le Croate offre une solution très intéressante puisque Iniesta quitte naturellement sa position dans l’axe pour revenir sur l’aile, alors que Busquets va décrocher devant sa défense afin de pouvoir répondre à un possible duel perdu sur l’aile (flèches rouges)

Le Real Madrid entrait alors dans les 40 derniers mètres et pouvait à son tour déployer son bloc. A ce niveau, Di Maria se distinguait une nouvelle fois par son positionnement, restant souvent en position d’ailier afin de permettre à Cristiano Ronaldo de se muer en deuxième attaquant. Le Real se retrouvait alors avec deux joueurs (Benzema et Ronaldo) pour peser sur la défense centrale barcelonaise (Piqué-Mascherano).

L’origine de l’égalisation du Real Madrid (Benzema, 20e) a d’ailleurs bien illustré son animation : un gauche-droite pour rentrer dans le camp barcelonais (ci-dessus), avant d’aller de nouveau de la droite vers la gauche pour finir l’action par un débordement de Di Maria. Même chose pour le second but (Benzema, 24e), qui a vu Pepe intercepter un ballon au milieu de terrain avant de porter le jeu à droite : la balle est ressortie du couloir pour aller sur Modric, qui l’a lui-même amenée jusqu’au côté gauche, où il a combiné avec Marcelo et Di Maria. A chaque fois, les couloirs du Barça ont explosé (Iniesta absent sur les prises de balle côté gauche, Neymar passif, Daniel Alves et Xavi pris de vitesse sur les deux actions) avant que Mascherano soit battu dans sa surface de réparation.

Le Real, puni par Messi 

Repassé devant au tableau d’affichage, le Real Madrid a même frôlé le break quelques minutes plus tard sur une contre-attaque bien lancée par Ronaldo et terminée, comme d’habitude désormais, par un centre de Di Maria pour le Français. Piqué a alors sauvé les siens en dégageant le ballon sur sa ligne (26e). Passée cette troisième alerte, le match est entré dans une période relativement plus « calme » où le Real a reculé, opposant au Barça une énorme densité dans le coeur de sa moitié de terrain. Les Catalans ont donc multiplié les longues phases de possession, utilisant la largeur du terrain pour tenter de contourner le bloc madrilène à défaut de pouvoir le transpercer.

La distribution des passes du Barça, avant et après les deux buts madrilènes. Où l'on distingue clairement une avancée de la zone de construction et une relance plus facile (moins de passes dans leur camp).

La distribution des passes du Barça, avant et après les deux buts madrilènes. Où l’on distingue clairement une avancée de la zone de construction et une relance plus facile (moins de passes dans leur camp).

Comme sur leur premier but, il leur a suffit d’une seule opportunité plein axe pour revenir au score. Encore une fois, Messi a eu une énorme influence, au-delà du simple fait d’être à la conclusion (42e). A partir du moment où le Real « acceptait » la possession barcelonaise dans sa moitié de terrain, les Barcelonais pouvaient se comporter comme ils en ont l’habitude face à un bloc replié : chaque joueur bénéficie en effet d’un certain degré de liberté dans son positionnement, à partir du moment où celui-ci est compensé par un partenaire (Neymar et Iniesta repiquent par Jordi Alba et Daniel Alves montent dans les couloirs, Xavi monte d’un cran parce qu’Iniesta repique etc…).

Et parmi tous ces déplacements, il y aussi la complémentarité Messi-Fabregas : elle permet à l’Argentin de sortir du bloc adverse pour toucher le ballon à hauteur de ses milieux de terrain, laissant à Fabregas le rôle de point d’appui, dos au jeu au coeur de la défense. En revenant travailler au niveau des milieux adverses, l’Argentin apportait une solution différente de celles proposées jusqu’ici par Fabregas ou Xavi.

Capable d’accélérer lui-même le jeu en portant le ballon, il était le seul capable de prendre à défaut un bloc madrilène très resserré afin de limiter les risques de voir le Barça combiner. Comme les buts madrilènes, son égalisation (2-2, 42e)a parfaitement symbolisé cette capacité d’accélérateur puisqu’il a coupé la circulation habituelle de ses milieux de terrain (latérale) pour s’infiltrer dans le milieu madrilène. Son entente avec Fabregas et sa capacité à résister aux duels lui a ensuite permis de pousser le mouvement jusqu’au bout.

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Après une circulation de la droite vers la gauche pour finir sur Jordi Alba et Iniesta face à Carvajal et Bale, le Barça repart vers l’autre côté. Iniesta ressort le ballon du couloir, suivi par Bale. Xavi est en relais face à Modric. Les deux Madrilènes sont là pour empêcher leur progression vers le but. Arrivent alors Messi et deux problèmes : 1/ au lieu de Di Maria, c’est Ronaldo qui se retrouve en position d’intérieur gauche ; 2/ étant resté en position pour protéger sa défense face à la présence de Fabregas, Xabi Alonso est « loin » de ses milieux de terrain. Le temps de sortir, Messi dépasse déjà Ronaldo et trouve l’intervalle pour toucher son partenaire, qui lui remet dans la course.

A la mi-temps, le score de parité faisait évidemment les affaires du Real Madrid. Les 5 minutes folles d’Angel Di Maria ont permis aux Madrilènes d’effacer le souvenir du début de rencontre, qui avait vu le Barça marquer sur sa première accélération. Toutefois, Messi leur a rappelé juste avant la pause qu’il ne tolèrerait aucune approximation dans leur organisation défensive (comment Ronaldo a-t-il pu se retrouver à l’intérieur du terrain au départ de l’action ?). A 2-2, les Merengues gardaient la main puisqu’il est – a priori – toujours plus simple de défendre que d’attaquer. Qui plus est, avec un Barça obligé de l’emporter pour revenir dans la course au titre, les hommes de Carlo Ancelotti allaient forcément se créer quelques situations intéressantes en contre-attaque…

 

 

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5 réponses

  1. Duc Anh dit :

    votre article est très intéressant. Je trouve que Martino donne souvent une bonne tactique, mais parfois, il a perdu des matchs incompréhensibles récents. En plus, sous son ère, Fabregas joue beaucoup plus et est très efficace, ceci est différent sous l’ère de Guardiola ou Vilanova.

  2. aziz dit :

    Je suis d’accord avec toi. J’ai eu l’impression aussi que cette mi-temps était une affaire de performances individuelles: sans les performances de Di Maria et Messi on aurait eu un match agréable mais sans trop de buts. Les tactiques se sont bien neutralisés finalement. Par contre, si Pedro était titularisé d’entrée de jeu, Di Maria aurait été moins en vue car le couloir droit -talon d’Achille du Barça en première mi-temps- était une passoire, la faute à Neymar (Mascherano, je ne le compte pas car il ne fait que rendre service)

  3. Moun-B dit :

    Au final un Barcelone très réaliste sur cette première période que j’ai trouvé globalement dominé en terme « d’occasion » par le Real Madrid.

    Cruel pour les madrilènes mais aussi logique vu qu’un joueur comme Messi ne laisse aucune erreur possible dans l’organisation défensive.
    Maintenant le problème reste toujours le même, peu de travail des 3 offensifs et franchement je pense pas qu’on puisse remporter une LDC avec 3 mecs devant qui ne travaille pas sans ballon (défensivement) surtout face à des équipes comme Barcelone ou le Bayern qui justement pousseront le Real à lâcher la balle.

    C’est le paradoxe aussi du Real sous Ancelotti, il garde pas énormément la possession (même si c’est bien plus basé sur un jeu de possession que sous Mourinho) est très fort quand il a le ballon par contre sans ballon défensivement c’est très friable et le non repli de Cristiano (qui je pense est due au fait de laisser le portugais libre et décharger de tâches défensives afin qu’il garde toute sa lucidité) fait que l’adversaire va souvent pilonner le côté gauche madrilène.

    Le Real Madrid a un potentiel monstrueux, mais faut régler ce problème, si il y arrive alors on pourra tenir une équipe extrêmement complète aussi bien défensivement que offensivement capable de tout faire.

    Par contre je tenais à souligner le match très mauvais de Xabi Alonso, et le marquage approximatif de Carvajal au final c’est sur des erreurs individuelles que le Real a payé le prix plus que par une faillite collective.

  4. jAX dit :

    @aziz – Mascherano faisait son travail défensivement quand Ronaldo était dans son couloir. Il travaillait avec Alves pour empêcher le Portugais de progresser (vers l’axe ou dans le couloir) et c’était efficace. Alves l’orientait vers l’axe où Mascherano l’attendait pour lui voler le ballon.
    Seulement quand c’est Di Maria qui provoque dans le couloir, Mascherano ne peut pas réaliser le même travail parce que Cristiano Ronaldo se positionnait dans la surface catalane à la réception des centres (CR7 vs Piqué, Benzema vs Mascherano). Si Mascherano s’était proposé il aurait laissé le Real en supériorité numérique dans la surface (3vs2 en comptant le duo Bale-Alba), impensable.

    Comme tu le dis, c’est vraiment l’absence défensive de Neymar qui a causé cette débandade dans ce couloir pendant une dizaine de minutes.

  5. MauricePaf dit :

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