Real Madrid 3-4 FC Barcelone : la 2ème mi-temps

Après une première mi-temps impressionnante d’intensité, Barcelonais et Madrilènes ont continué sur leur lancée lors du second acte. Les deux équipes ont eu leurs temps forts, marqués par des pressings efficaces mais à chaque fois brisés par des accélérations que n’ont pu rattraper les défenses. A 3-3, l’expulsion de Sergio Ramos a transformé le match en une attaque-défense où le Barça se battait contre-la-montre pour prendre l’avantage face à des Madrilènes condamnés à subir.

Les compos : 

Préambule : Real Madrid 3-4 Barcelone : du coup d’envoi au but d’Iniesta (7e) – Real Madrid 3-4 Barcelone : du réveil madrilène jusqu’à la mi-temps

Au retour des vestiaires, Barcelone était évidemment dos au mur. Avec 4 points de retard sur le Real Madrid avant cette confrontation, ce sont bien les Catalans qui faisaient la mauvaise opération de la soirée en cas de match nul. Ils sont donc revenus forts dans la partie, avec l’intention d’aller chercher très haut la relance madrilène. Après l’avoir fait par à-coups en première mi-temps (et s’être offert une occasion de but de cette manière par Neymar, 18e), ils ont plus régulièrement poussé leur pressing jusqu’aux deux défenseurs centraux madrilènes.

Alors qu’il s’arrêtait le plus souvent au niveau de Xabi Alonso en première mi-temps, Fabregas rejoignait désormais Messi à la pointe de l’attaque barcelonaise pour s’opposer à Ramos et Pepe. Derrière, c’est évidemment tout le bloc barcelonais qui montait d’un cran : Xavi récupérait la zone de Xabi Alonso et Busquets orientait son positionnement en fonction de la position du ballon. Le plus souvent, il s’est ainsi retrouvé dans la zone de Modric. Sur les côtés, rien ne bougeait en revanche.

Au lieu de rester dans la zone de Xabi Alonso, Fabregas sort jusqu'à Pepe pour compléter la première aux côtés de Messi. Busquets et Xavi le suivent et se retrouvent face à Modric et Xabi Alonso.

Au lieu de rester dans la zone de Xabi Alonso, Fabregas sort jusqu’à Pepe pour compléter la première aux côtés de Messi. Busquets et Xavi le suivent et se retrouvent face à Modric et Xabi Alonso.

Résultat de ce pressing, le Real Madrid a forcé plusieurs relances et s’est retrouvé cantonné à sa moitié de terrain pendant quelques minutes. La prise de risques du Barça était toutefois réelle puisque leur approche pouvait se payer au moindre duel perdu. En effet, avec des milieux de terrain positionnés plus haut sur le terrain, c’est un quatre-contre-quatre qui se jouait derrière avec les attaquants madrilènes et Di Maria, face aux quatre défenseurs barcelonais. C’est donc sans surprise que le premier « sursaut » du Real est venu d’une différence individuelle signée Gareth Bale. Le Gallois a fait la différence sur l’aile droite et offert un nouveau ballon de but à Benzema, sorti par Victor Valdes (53e).

Sur cette phase de jeu, le Real Madrid parvient à récupérer le ballon au milieu de terrain et à la ressortir sur Pepe. Les Barcelonais préposés au pressing (Messi, Fabregas, Xavi)

Sur cette phase de jeu, le Real Madrid parvient à récupérer le ballon dès le milieu de terrain et à le ressortir sur Pepe. Les Barcelonais préposés au pressing (Messi, Xavi) sont présents pour gêner la première relance. Problème, le décrochage de Gareth Bale offre une solution courte supplémentaire. En une accélération, il fera la différence sur une quarantaine de mètres.

Renvoyant ainsi le Barça dans ses 30 mètres, le Real Madrid a ensuite ressorti les ingrédients qui avaient fait sa force en début de partie, en l’occurrence le pressing dans le camp adverse (Di Maria, Modric) et le fait d’appuyer sur le côté droit de la défense du Barça. Sur une remise en jeu a priori anodine dans cette zone, Di Maria (face à Xavi) et Benzema (face à Mascherano) ont fait la différence et mis Ronaldo dans le sens du but. Accroché par Daniel Alves, le Portugais a ainsi obtenu la balle de 3-2 sur pénalty (56e).

Une histoire d’accélérations : 

Une fois encore, le momentum a semblé basculer sur une seule action de jeu. Car bien décidés à enfoncer définitivement leurs adversaires, les Madrilènes ont fait les efforts pour maintenir le Barça dans son camp pendant quelques minutes. Défensivement, ils ont ensuite basculé dans un système oscillant entre le 4-1-4-1 du début de partie et le 4-4-2. Ce dernier leur permettait à la fois de conserver Ronaldo et Benzema devant, mais rapprochait surtout Bale et Di Maria des premiers relanceurs. Avec ces derniers, le Real Madrid pouvait en effet s’appuyer sur deux experts en contre-attaque dans cette configuration, capables de déjouer le pressing du Barça avec leur pointe de vitesse avant d’alerter leurs attaquants.

Mais comme lors des précédents temps faibles de Barcelone, c’est Messi qui est une nouvelle fois sorti de sa boîte pour ramener les siens dans le match. Comme en tout début de partie, l’Argentin a fait la différence en décrochant pour faire fructifier les « premières passes » de ses partenaires. Cette fois, la passe est venue de Jordi Alba. En une passe, Messi a fait exploser un bloc madrilène pas repositionné et qui commençait sans doute à ressentir les efforts effectués depuis la reprise de l’avantage. La suite est connue : Neymar a pris Marcelo de vitesse avant d’être accroché par Sergio Ramos. Penalty pour le Barça et carton rouge pour le défenseur madrilène.

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Au moment de sa prise de balle, Messi est parfaitement positionné entre Xabi Alonso, Di Maria et Bale. Au-delà du manque d’agressivité sur l’Argentin, le Real Madrid va aussi payer le mauvais positionnement de Modric : exceptionnellement en couverture sur cette action, le Croate est mal placé puisqu’il ne protège pas l’intervalle entre Sergio Ramos et Pepe.

Son équipe réduite à dix et en manque d’un défenseur central, Carlo Ancelotti devait forcément réagir et faire un changement. Celui-ci est intervenu juste après le pénalty transformé par Messi avec l’entrée en jeu de Varane à la place de Benzema (66e). Le coach italien n’avait pas vraiment le choix au moment de décider de son changement. Bale et Di Maria défendant désormais les côtés, il fallait sacrifier l’un des deux attaquants. Différence de statut oblige, c’est le Français qui est sorti, marquant la fin de l’affrontement au milieu de terrain et le début d’une domination sans partage du Barça.

Face aux deux lignes de quatre madrilènes, les Catalans ont continué à utiliser la largeur et les montées de leurs latéraux. Busquets et Xavi se chargeaient de faire circuler le ballon, Fabregas et Messi offraient des solutions à l’intérieur du bloc madrilène et Iniesta – qui pouvait repiquer lui aussi -, Neymar, Jordi Alba et Daniel Alves accompagnaient les mouvements sur les extérieurs. Monopolisant le ballon, les Blaugranas ont su éteindre les rares sorties de balle madrilènes en bloquant Ronaldo (entre Piqué, Busquets et Mascherano) et en appliquant une bonne pression sur Modric, qui était généralement le joueur chargé de chercher une solution pour partir en contre.

Si les joueurs bougent beaucoup quand le Barça domine, ils occupent des rôles bien définis.

Si les joueurs bougent beaucoup quand le Barça domine, ils occupent des rôles bien définis : deux milieux de terrain (Iniesta et Busquets) restent en retrait par rapport au bloc adverse et assure la conservation du ballon. Deux joueurs sont présents sur les extérieurs pour offrir des appuis sur les côtés et étirer les lignes adverses. Les quatre joueurs restants proposent des solutions en fonction de leurs qualités : ici, Fabregas, Messi et Xavi sont là pour offrir des relais au sein du bloc adverse tandis que Neymar est positionné sur l’aile droite (hors-champ) pour se créer une situation de un-contre-un avec le latéral gauche adverse.

A l’entrée du dernier « quart » de la rencontre, une course contre-la-montre s’ouvrait pour le Barça pour trouver la faille avant le coup de sifflet final. Tata Martino le savait et s’est donné les moyens : après un changement poste pour poste (Pedro pour Neymar, 68e), il a lancé Sanchez à la place de Fabregas (78e). L’entrée de Pedro a apporté une nouvelle force de percussion sur l’aile droite, qui permettait à Alves de repiquer à l’intérieur (frappe sur le poteau, 74e). Celle de Sanchez a permis au Barça d’équilibrer ses forces sur les ailes, Pedro passant à gauche et Iniesta au milieu de terrain. Et c’est une combinaison entre les deux hommes, qui a permis à Iniesta d’aller chercher le penalty de la victoire (84e) suite à une faute de Xabi Alonso.

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Le Barça pousse dans le final : par rapport à la capture précédente, Mascherano est monté d’un cran. Il complète Busquets et permet au second milieu (Xavi) de se désaxer par rapport au bloc madrilène. Ce dernier parvient à trouver Iniesta, qui devance Xabi Alonso et remet le ballon à Pedro. Un une-deux plus tard, le n°8 est dans la surface du Real et obtient le penalty de la victoire.

Conclusion :

A 4-3 pour le Barça, fin du suspense. Il aurait fallu un petit miracle pour que le Real Madrid sauve la situation. Au final, un très grand match entre deux équipes exceptionnelles mais qui n’ont jamais su conserver le contrôle sur la rencontre jusqu’à ce que l’expulsion de Sergio Ramos. D’un côté comme de l’autre, on a su déjouer le pressing mis en place par l’adversaire et appuyer sur ces points faibles derrière. Car si ce match a permis de relancer complètement le suspense pour la Liga, il a aussi mis en avant les problèmes que devront régler les deux formations en Ligue des Champions.

Côté barcelonais, le flanc droit a pris l’eau durant toute la partie : hors du coup, Daniel Alves et Mascherano n’ont pas été aidés par la passivité de Neymar et de Xavi, qui manquait de densité physique pour faire face aux accélérations de Di Maria. S’il est évident que le Barça ne changera pas d’approche tactique dans les grands rendez-vous, Tata Martino préfèrera peut-être renforcer ce couloir avec un joueur plus actif (Pedro ?) pour protéger plus efficacement ses défenseurs.

Côté madrilène, au-delà du problème désormais classique posé par Ronaldo côté gauche, Xabi Alonso est passé à côté de son sujet, manquant notamment de vivacité face à Messi et Iniesta sur deux actions-clés de la rencontre (ouverture et clôture du score). Si le Real continue à tendre vers un 4-4-2 dans les grands matchs où il n’aura pas le ballon, il ne pourra pas aller bien loin sans une paire de milieux axiaux en très grande forme.

 

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4 réponses

  1. aziz dit :

    Je suis d’accord avec ta phrase « deux équipes exceptionnelles mais qui n’ont jamais su conserver le contrôle sur la rencontre ». C’est inquiétant pour la LDC.
    Sinon, hier le Réal a perdu contre Séville et le Barça a bien joué contre Vigo: ce classico risque d’être un tournant pour ces deux équipes en fin de saison.

  2. Carlitos__94 dit :

    Penses tu que l efficacite de Pedro sera la meme qu’un neymar dans ce 4-3-3 qui pour moi etait plus un 4-3-1-2 contre le real?

    Pedro aime jouer sur les ailes et defend mieux que Neymar dans cette zone, mais je suis moins sur de son efficacite dans l’axe. Et l expulsion de Ramos vient de cette capacite de Neymar a prendre l axe et l espace entre les centraux.

  3. Duc Anh dit :

    @Carlitos__94 ta question est intéressante. Je suis aussi curieux du choix de Martino: dans cette rencontre, il préfère Neymar, tandis que dans le match précédent, il préfère Pedro et Sanchez. Donc quelle est la différence entre ces choix?

  4. Pedro fait déjà ce genre d’appels depuis très longtemps quand même.

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