Real Madrid 2-1 Bayern Munich, l’analyse tactique

Vingt minutes et puis plus rien. Comme à l’Allianz Arena il y a une semaine, le Real Madrid a parfaitement débuté son match avant que la sérénité et la maîtrise bavaroise ne prennent doucement mais sûrement le dessus. Sûr de sa force, le Bayern a notamment impressionné en allant puiser les ressources nécessaires pour ne pas couler après un premier quart d’heure désastreux. Si la décision ne s’est faite qu’aux tirs au but, les Bavarois n’ont pas volé leur qualification.

Le Real démarre très fort :

Obligé de marquer, le Real Madrid a entamé très fort la rencontre, comme  il en a d’ailleurs l’habitude devant son public. Les premières minutes de la rencontre ont ainsi été marquées par une très grosse présence madrilène dans le camp adverse, et un pressing qui s’est évidemment focalisé sur les trois milieux de terrain du Bayern. Organisé en 4-3-3, ce dernier a vu Özil, Xabi Alonso et Khedira s’opposer à Luiz Gustavo, Kroos et Schweinsteiger. Autres relais habituels pour chercher les trois offensifs bavarois, les latéraux (Lahm et Alaba) ont aussi été bloqués par les positionnements de Ronaldo et Di Maria. Benzema participant lui aussi à l’effort défensif dans le camp adverse, le Bayern n’avait souvent plus qu’un seul joueur libre pour essayer de servir Gomez, Ribéry et Robben aux prises eux avec Pepe, Ramos, Arbeloa ou Marcelo.

Une fois le ballon en leur possession, les Madrilènes ont exploité au maximum la largeur afin de prendre à défaut un bloc bavarois qui avait décidé de rester bien compact dans l’axe pour protéger sa charnière. Grâce aux fixations de Benzema, Özil ou Ronaldo, soutenus par Marcelo côté gauche, Xabi Alonso a souvent hérité de ballons à envoyer sur l’aile droite pour libérer Di Maria, en position de un-contre-un face à Alaba. Finalement, c’est sur un centre de Marcelo dans la même zone que le jeune latéral du Bayern a craqué en déviant de la main une reprise de son adversaire direct. Ronaldo a transformé la sentence pour qualifier virtuellement son équipe. Mais ce n’était pas suffisant pour les Madrilènes. Bien décidé à garder leurs adversaires sous l’eau, ils ont poursuivi leur travail de pressing dans le camp adverse, le poussant encore un peu plus pour ne plus laisser de solutions courtes aux Bavarois et les obliger ainsi à allonger et casser leur bloc-équipe.

Légende – Un cinq contre cinq devant la surface de Neuer : il est intéressant de voir le changement de marquage en bas de cette zone (côté gauche donc). Alors qu’il est au marquage de Kroos, Xabi Alonso se dirige vers Lahm tandis que Özil s’apprête à compenser son déplacement en reprenant le marquage du milieu du Bayern. A noter aussi que Alaba ne participe plus à l’effort de relance et est seul dans le couloir gauche, libre de tout marquage.

Le Bayern modifie sa formule :

A 2-0 en leur faveur après un quart d’heure, les Madrilènes ont relâché la pression pour entrer dans une phase plus attentiste, misant sur la contre-attaque. Dans le même temps, le Bayern a aussi légèrement modifié sa formule en inversant son triangle dans l’entrejeu. Gustavo Luiz et Schweinsteiger se sont retrouvés sur la même ligne devant la défense alors que Kroos est monté d’un cran pour se rapprocher de ses attaquants (Gomez et Robben principalement). Comme au match aller, les dézonages de certains joueurs ont alors pesé pour permettre aux visiteurs de s’installer dans l’entrejeu face à des Madrilènes mis sur le reculoir. La position décrochée de Schweinsteiger aux côtés de Gustavo Luiz a permis aux Bavarois de bénéficier de deux rampes de lancement dans la zone du seul Özil, créant un surnombre qui a fait basculer définitivement la possession de balle en leur faveur.

Aucun Madrilène n’était en effet en mesure de venir prêter main forte à leur coéquipier, coincé entre les deux milieux allemands. Si Di Maria venait à repiquer dans cette zone, le couloir gauche s’ouvrait pour les montées d’Alaba, qui bénéficiait des relais de Ribéry, toujours supérieur à Arbeloa une semaine après le match aller. Si Ronaldo venait à travailler dans l’axe, c’est Lahm qui se retrouvait libéré sur le flanc droit : à l’aise techniquement, le latéral a porté de cette façon le danger à plusieurs reprises dans le camp adverse, n’hésitant pas à prendre les espaces qui s’ouvraient plein axe. Enfin, si Xabi Alonso ou Khedira sortaient sur les rampes de lancement du Bayern, c’est Kroos, Robben ou Gomez qui pouvaient en profiter en allant demander les ballons entre les lignes madrilènes. Résultat de ce nouveau match qui a débuté à 2-0, le Real Madrid a été contraint de reculer sans doute plus qu’il ne l’aurait voulu, tous ses joueurs devant participer à l’effort défensif alors qu’habituellement, Mourinho conserve au moins un attaquant-référent qui reste aux duels avec les défenseurs adverses.

Légende – Le Bayern face au repli madrilène : preuve du problème posé par la présence de deux joueurs dans la zone de Özil, le Real a dû faire travailler Benzema sur la même ligne pour fermer la profondeur. Sur la capture ci-dessus, Kroos travaille avec Luiz Gustavo dans l’axe, ce qui permet à Schweinsteiger de se décaler sur le flanc gauche. Il devient alors le pendant de Lahm (au premier plan), ce qui permet à Alaba d’évoluer plus haut. A signaler aussi dans l’axe, l’occupation de la zone en soutien de Gomez par Robben : au sortir du premier quart d’heure de jeu, le Bayern a joué la carte du surnombre en phase offensive plutôt que celle de l’occupation de toute la largeur du terrain (de Ribéry à gauche et Robben à droite, le Bayern est passé à des situations plaçant par exemple Ribéry à gauche et Robben dans l’axe entre les lignes adverses lorsque l’attaque se construit côté gauche).

Statu-quo et fatigue

A partir de l’égalisation bavaroise (3-3 au cumul des deux matchs), la rencontre a pris une toute autre tournure, confirmée après la reprise. D’un côté comme de l’autre, les prises de risques ont été minimisées. Un petit but bavarois l’obligeant à en inscrire deux autres, le Real Madrid n’a pas démarré le second acte avec la même mentalité qu’au coup d’envoi et l’envie d’aller chercher son adversaire jusque dans son propre camp. La second acte a donc déroulé le fil du dernier quart d’heure du premier. Seule petite différence, Özil, envoyé sur l’aile gauche pour contenir Lahm en fin de première période, a repris son poste dans l’axe derrière Benzema. L’Allemand a d’ailleurs livré l’un des duels-clés de cette rencontre face à Luiz Gustavo.

Offensivement, le Real s’en est remis à la capacité de son quatuor offensif à créer lui-même des différences. L’entrejeu étant bien fermé, Xabi Alonso est venu décrocher à hauteur de ses défenseurs afin d’assurer la première passe vers ses créateurs (Di Maria, Özil). Resté aux alentours de la ligne médiane, Khedira offrait un relais au coeur du jeu pour permettre à ces derniers d’avancer, si tant est qu’ils aient réussi à résister aux duels (face aux milieux du Bayern). Sur les côtés, Marcelo et Arbeloa offraient des appuis sur les extérieurs tandis que Ronaldo et Benzema pesaient surtout dans les trente derniers mètres. Face à cette animation, le Bayern a répondu en cherchant à résister le plus haut possible, n’hésitant pas à faire des fautes à 40 mètres de ses buts pour couper la relation entre les créateurs et les finisseurs madrilènes. Malgré de nombreux coups de pied arrêtés en leur faveur, ces derniers se sont montrés peu inspirés dans l’exercice.

Dans l’autre camp, le Bayern s’est lui appuyé sur ses hommes de couloirs pour porter le danger sur les buts de Casillas. Schweinsteiger a particulièrement pesé sur le flanc gauche, devenant un rampe de lancement efficace pour Alaba et permettant ainsi à Ribéry de varier ses courses et de rentrer à l’intérieur du jeu. Si ce circuit était choisi pour attaquer, Kroos récupérait un rôle plus conservateur aux côtés de Luiz Gustavo. A l’inverse, il se portait vers l’avant dès lors que le jeu du Bayern penchait à droite, profitant des prises à deux sur Robben (Marcelo et Xabi Alonso) pour tenter de se glisser dans le dos du milieu espagnol et hériter du ballon dans les 30 derniers mètres du Real. Dans ces situations, c’est Schweinsteiger qui à son tour restait en retrait pour prêter main forte à Luiz Gustavo, limitant les prises de risque (deux milieux ne se projetant pas vers l’avant).

Légende – Illustration de la deuxième mi-temps : comme face à Barcelone samedi dernier, le Real a abandonné toute idée de pressing, décidant de quadriller sa moitié de terrain. Les marquages sont aisément repérables, l’équipe cherche à bloquer les solutions plutôt que le porteur. A noter sur cette phase que le Bayern se retrouve avec Schweinsteiger et Kroos dans l’entrejeu alors que Luiz Gustavo évolue entre les lignes adverses.

Fin de l’histoire :

Les changements opérés par les deux entraîneurs n’ont pas transformé l’opposition tactique. Plus efficaces à la récupération, les Bavarois ont été les plus dangereux dans le dernier quart d’heure, leurs circuits offensifs aboutissant à plusieurs situations favorables malheureusement croquées par Gomez. Les minutes passant, les débats se sont rééquilibrés jusqu’à ce que les 22 acteurs disputent des prolongations où le manque de fraîcheur physique dans les deux camps a préservé le suspense. La séance de tirs au but a ensuite permis de mettre deux superbes gardiens de but sous le feu des projecteurs avant que Ramos n’expédie sa tentative dans les nuages.

Au final, le Bayern crée la surprise et la mérite amplement : sur les deux rencontres, les Bavarois ont affiché beaucoup plus de maîtrise et de sérénité que leurs adversaires. Auteur de deux excellentes entames de match, à Munich comme à Madrid, ces derniers ont certainement manqué de jus pour pouvoir s’autoriser plus de vingt minutes de pressing tout terrain par match, des périodes que les Bavarois ont à chaque fois traversé avec beaucoup de difficultés. Mais bonne nouvelle pour eux, ce comportement conquérant en défense n’est pas dans les habitudes de Chelsea depuis le début de la saison.

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8 réponses

  1. Un match dur pour les deux équipes physiquement, cependant le Bayern mérite la victoire, car le Real a manqué de constance durant les doubles confrontations.

  2. aziz dit :

    Le réal est trop habitué à gagner ses matchs de championnat sans trop de résistance de la part de ses adversaires surtout quand ils marquent les premiers. La ténacité Allemande les a perturbé. J’ai toujours pensé que ce n’était pas une TRES grande équipe.
    Sinon, je trouve quand même bizarre qu’après un classico joué 4 jours avant, le réal finisse en meilleur forme physique que le Bayern qui s’est reposé toute la semaine. Dr Fuentes???

  3. Les madrilènes ont manqué de fraicheur.Ils n’ont pas pu accélérer.Les allemands les ont bouffé dans l’entre-jeu.ça a fait la différence à mon avis .

  4. Amko dit :

    Le Bayern a largement dominé les débats à mon sens dans la mesure où le jeu du Real était seulement fait, à partir de la 20e, de long ballons balancés devant et ça a, quelque part eu des allures de matchs type classico où le FCB a été remplacé par un autre FCB…

  5. Qays Adam dit :

    Aziz est surement une groupie du Barça pour tenir de tels propos, comment après un match magnifique et pleins de suspenses comme celui-la on peut faire des insinuations sur le dopage (docteur fuentes) comme ça ? Le Real n’était pas en meilleure forme physique, pour preuve qu’ils n’ont joué que pendant les 20 premières minutes. Tu es d’une mauvaise fois et d’un ridicule pas croyable…

  6. RMCF2002 dit :

    Tout a fait raison !

  7. Tedd dit :

    Tous ici vous disez que de la merde! Le Real était incontestablement plus fort, une simple erreur tactique leur a couté un penalty. Ils méritait la victoire de très loin c’est le manque de controle qui a contribué a se qui s’est passé et une défaite par penalty comme une remonté par penalty, ou est passé la force qu’ils avaient a l’Alienz Arena? Pk ils n’ont pas marqué autant? Sans le penalty le bayern auraient pris 3/0, et la ligue des champions auraient dur etre pour le Real car c’était le meilleur qui ne l’est plus de nos jour et l’analyse peut aller se faire foutre en disant que c’est le bayern qui a controlé le match, ils auraient dis le contraire si c’était le Real qui a gagné ses fichus penos

  8. Tedd dit :

    On leur a mis un 5/0 deux ans après ;)

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