Real Madrid 2-0 Valence, l’analyse tactique

Malmené techniquement par les manieurs de ballon valenciens, le Real Madrid est pourtant sorti de son quart de finale aller de Coupe du Roi avec la victoire et un avantage de deux buts avant le match retour. Après un début de match difficile, les Madrilènes ont appliqué ce qu’ils font le mieux : presser, harceler et contrer… Avant de gérer.

Valence avec le ballon :

Sur le papier, ce sont deux 4-2-3-1 qui s’affrontaient sur la pelouse de Bernabeu : Costa, Banega et Parejo d’un côté, contre Xabi Alonso, Khedira et Modric de l’autre pour s’en tenir aux milieux de terrain. Pourtant, les premières minutes de jeu ont révélé deux animations qui différaient réellement l’une de l’autre. Etonnamment (?), c’est Valence qui a pris les choses en main grâce une organisation efficace à la relance. Celle-ci se basait sur trois joueurs : Victor Ruiz et Rami, les deux défenseurs centraux, ainsi que Dani Parejo qui restait dans sa moitié de terrain, aux abords du rond central. Les latéraux évoluaient le long de la ligne de touche aux environs de la ligne médiane, afin d’étirer la première ligne madrilène (le 3 du 4-2-3-1). Dans le camp adverse, Banega et Costa évoluaient en tant milieux relayeurs, derrière un trio offensif attiré par le coeur du jeu et composé de Jonas (à gauche), Soldado (en pointe) et Piatti (à droite).

Le schéma valencien était assez simple : profiter du surnombre (trois contre deux) face à Benzema et Modric pour envoyer le ballon dans le camp adverse le plus proprement possible. Parejo suivi de près par Modric, la première relance revenait le plus souvent aux défenseurs (Victor Ruiz et Rami), qui profitaient de l’absence de pressing de Benzema. Au mieux, les deux hommes recherchaient leurs partenaires au sol. En tout début de partie, Victor Ruiz a ainsi trouvé Soldado décroché de sa position d’attaquant. L’attaquant a remis le ballon en une touche à Banega qui a immédiatement cherché Piatti, parti dans la profondeur (11e). Autre possibilité pour les visiteurs, écarter le jeu sur leurs latéraux après un premier appui dans l’axe. Le circuit fonctionnait particulièrement bien côté droit, où Joao Pereira profitait de l’absence (sauf rares exceptions) de repli de la part de Ronaldo pour aller soutenir Piatti.

En noir, la première ligne de Valence en possession du ballon. En rouge les marquages : Modric et Parejo, Xabi Alonso et Banega, Khedira et Costa, Özil et Guardado. En jaune, la zone de jeu préférée de Valence pour ressortir les ballons ; la flèche rouge indique le repli de Modric en conséquence. A noter le positionnement de Özil, déjà assez proche de Khedira pour fermer l'angle de passe au sol pour Victor Ruiz.

Toutefois, une fois Valence à une trentaine de mètres des buts de Casillas, le Real se repliait correctement. Au pressing sur Parejo lorsque Valence relançait, Modric rejoignait ses milieux de terrain au fur et à mesure de la progression de l’adversaire dans son camp. Il se replaçait alors à gauche d’un milieu à trois, mettant Xabi Alonso devant la défense et Khedira axe droit : c’est au Croate que revenait la tâche de bloquer Joao Pereira afin d’aider Marcelo sur son côté, permettant à Ronaldo de rester devant. Dans l’axe, restaient donc Xabi Alonso et Khedira pour faire face à Banega et Costa, la défenseurs s’occupant des trois attaquants valenciens. En revanche, le Real était dépourvu de solutions face aux montées de Dani Parejo. De sa position basse, l’ex-pensionnaire de la Cantera se projetait dans les 40 mètres madrilènes afin d’offrir une solution à ses partenaires pour sortir les ballons venant du côté droit et les envoyer côté gauche, où Guardado prenait le couloir et déposait le plus souvent Özil en vitesse pure.

Le Real pour le contre :

Même s’il subissait dans l’entrejeu, le Real a rapidement trouvé les solutions pour mettre en difficulté son adversaire. Tout a commencé par des efforts individuels : un duel gagné par Khedira dans l’entrejeu (8e) annonçait la suite. Quelques instants plus tard, c’est un pressing gagnant de Modric sur son adversaire direct dans le camp valencien, Parejo, qui permettait au Real de se créer sa première grosse occasion de but (9e). Bref, le salut du Real passait par un bloc positionné plus haut, capable de gêner le trio Rami-Parejo-Victor Ruiz et d’empêcher les transmissions au sol vers les créateurs et les attaquants adverses. Il a fallu quelques minutes pour que les hommes de Mourinho mettent cela en pratique mais l’efficacité a été quasi immédiate. Au lieu de ne pas dépasser la zone de Dani Parejo, Modric et Khedira montaient désormais à tour de rôle sur les défenseurs de Valence afin de les mettre sous pression et de forcer la passe longue, soutenant ainsi un travail plus appuyé de Benzema.

Derrière, c’est tout le bloc du Real qui montait d’un cran afin de se positionner sur les intervalles utilisées jusqu’ici par les Valenciens. Au lieu de s’excentrer afin de s’opposer aux latéraux adverses, Ronaldo et Özil se positionnaient par exemple beaucoup plus à l’intérieur du terrain. Un nouveau poste qui permettait au Real d’encercler le rond central pour limiter l’influence des milieux adverses. Sur les côtés, les latéraux suivaient le reste du bloc en allant jusqu’à évoluer dans le camp adverse. Moins maîtres du ballon, les Valenciens pouvaient néanmoins répliquer par des contre-attaques, notamment grâce aux déplacements de Soldado dans les couloirs, l’ancien attaquant du Real offrant ainsi des appuis à ses soutiens (Jonas, Piatti, Banega) avant de filer dans la profondeur. Le premier des trois hors-jeux qui ont fait jaser après la rencontre a d’ailleurs été signalé sur une phase de jeu de ce type.

Le Real est plus haut et sort sur la première passe adverse : ici, Khedira se retrouve à hauteur de Modric, toujours au marquage de Parejo, pour forcer la relance de Victor Ruiz. Le ballon part à destination de Soldado (en jaune), excentré comme il en a l'habitude dès que le jeu ne peut plus repartir au sol.

A signaler aussi dans l’adaptation tactique du Real : la liberté accordée à Ronaldo sur le front de l’attaque. Au lieu de rester côté gauche, le Portugais s’est baladé sur toute la largeur du terrain, certainement pour être la cible à rechercher face à Victor Ruiz et Rami en cas de relances longues. Sur attaque placée, Ronaldo quittait aussi son couloir pour pénétrer dans l’axe et chercher les relais de Modric ou Özil. Il attirait avec lui Joao Pereira, le latéral droit valencien. Ce duel a d’ailleurs entraîné un décalage de Özil côté gauche, après une passe de Ronaldo. Seul face au gardien, l’Allemand n’a pu finir le travail, la faute à un excellent retour de Piatti (milieu droit) pour couvrir l’absence dans la zone. Désormais bousculé dans l’axe, Valence réussissait quand même à remonter dans le camp adverse en profitant des nombreux mouvements de Ronaldo sur la largeur : aucun Madrilène ne protégeait Marcelo, qui ne pouvait pas avancer en raison de la présence de Piatti.

Le but pour tournant du match

On retrouvait alors le circuit de passes du début de partie. Le ballon remontait par Joao Pereira ou Piatti. Le Real se repliait en 4-1-4-1 et Modric bloquait le couloir. Dani Parejo montait et les Valenciens envoyaient le jeu côté opposé… Sauf sur l’action qui a abouti à l’ouverture du score madrilène. Au lieu de rester devant comme il l’avait fait jusqu’ici, Benzema est redescendu à hauteur de ses milieux de terrain pour compenser la montée de Parejo. Il a ainsi évité le surnombre qu’apportait ce dernier dans ses montées. Parejo a perdu le ballon et Xabi Alonso l’a rapidement ressorti en passant par Essien. Le Ghanéen s’est chargé de mener le contre, déposant le milieu valencien battu sur la perte de balle. Seul devant, Ronaldo est parti côté droit, embarquant Victor Ruiz avec lui pour laisser Benzema et Khedira à deux dans la zone de Rami. Le premier a profité de l’offrande du second, lui-même servi par Essien, pour ouvrir le score.

L'origine du premier but du Real : au lieu de rester devant avec Ronaldo, Benzema est revenu à hauteur de ses milieux de terrain. Même si son positionnement est approximatif, sa présence permet à Khedira de sortir au pressing sur Parejo. Un pressing payant puisque la suite verra le Valencien perdre le ballon au profit de Xabi Alonso qui décalera ensuite un Essien sans adversaire côté droit. (en blanc, le milieu madrilène originel avec Modric ; en jaune, le nouveau avec le repli de Benzema ; en noir, le milieu de Valence).

Un scénario cruel pour les visiteurs, d’autant plus que ces derniers étaient passés tous près de l’ouverture quelques secondes plus tôt, sur une reprise de Jonas sauvée par Casillas après un centre venu de la gauche. Comme si cette alerte avait fait prendre conscience aux Madrilènes du danger de laisser leurs adversaires jouer sur la largeur, de droite à gauche. Moins disputée, la deuxième mi-temps a vu le Real prendre l’ascendant grâce au travail de sape de ses milieux de terrain. Peu après l’heure de jeu, l’entrée de Di Maria a permis à l’équipe de refaire le plein d’énergie, pour continuer à presser la relance valencienne. En possession du ballon en première mi-temps, les visiteurs n’ont existé qu’en contre-attaque après la reprise, Soldado, Piatti, Jonas et Banega menant les affaires alors que Costa et Parejo restaient en couverture. Cela n’a pas empêché les Madrilènes d’inscrire un second but sur attaque placée, Di Maria lançant Coentrao couloir gauche pour un centre vers Higuain (soit les trois remplaçants). Finalement, Guardado a devancé l’Argentin pour marquer contre son camp.

Conclusion :

S’il n’a pas volé sa victoire au vu de la deuxième mi-temps, le Real peut toutefois s’estimer heureux de ne pas avoir encaissé de but. Valence avait clairement l’ascendant en début de partie, et il s’en est fallu de peu pour que les hommes d’Ernesto Valverde prennent l’avantage. Au-delà du sauvetage de Casillas face à Jonas, c’est véritablement la mise en route de la machine à presser qu’est le Real, sous l’impulsion d’un Khedira à l’énorme activité, qui a permis aux Madrilènes de refaire surface. Après une grosse demi-heure de chauffe, le collectif de Mourinho a su étouffer une équipe de Valence qui s’est vite essoufflée dès qu’elle n’a plus eu la possibilité de s’offrir du temps de possession dans le camp adverse. Le PSG et Manchester United, futurs adversaires des deux formations en Ligue des Champions, auront certainement des enseignements à tirer de ce match…

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5 réponses

  1. tahar kara dit :

    tres bien mais j aimerai bien c vous remplcez les photos par des védio réel du match ca sera excellent

  2. Je n’ai aucun droit pour prendre des vidéos de la rencontre (déjà que pour les images…). Donc cela n’arrivera pas.

  3. Brunon Julien dit :

    Je ne sais pas si le PSG peut tirer beaucoup de conclusions du fait de l’absence de Jeremy Mathieu. Guardado, qui fait un très bon match par ailleurs, obligeant Essien a suivre ses montées en premières périodes, n’est qu’un choix de substitution.

  4. RMCF dit :

    Déjà une l’analyse du match !

  5. the teacha dit :

    valencia à fait une super saison l’an passé et remets ca cette année, j’aime paris mais je vois pas le PSG passer.
    La possession de balle, le mouvement et le rythme sont des vertus à Valencia d’années en années.

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