Les Clasicos se suivent et se ressemblent de plus en plus. Auteur d’une très bonne entame de match, ponctuée par l’ouverture du score de Ronaldo, le Real Madrid a une nouvelle fois laissé revenir Barcelone dans la rencontre en se montrant incapable de contrer les évolutions tactiques de son adversaire. Il en a résulté une deuxième mi-temps quasiment à sens unique et un Barça victorieux sans être flamboyant.
Les compositions :
Le moins que l’on puisse dire, c’est que José Mourinho a crée la surprise avec son onze de départ. Altintop, Coentrao et surtout Carvalho de retour de blessure se retrouvent aux côtés de Ramos en défense. Pepe monte d’une ligne et occupe l’entrejeu : Casillas (1) – Altintop (16), Carvalho (2), Ramos (4), Coentrao (15) – Pepe (3), Xabi Alonso (14), Diarra (24) – Ronaldo (7), Benzema (9), Higuain (20).
Côté Barcelone en revanche, Pep Guardiola fait dans le grand classique. Les dix joueurs de champ sont ceux qui sont allés chercher les victoire au Santiago Bernabeu au mois de décembre. Comme d’habitude en Coupe du Roi, Pinto prend place dans les buts : Pinto (13) – Alves (2), Puyol (5), Piqué (3), Abidal (22) – Busquets (16), Xavi (6), Fabregas (4), Iniesta (8) – Messi (10), Sanchez (9).
Le plan du Real dans l’axe :
Pepe de retour dans l’entrejeu, le Real Madrid s’organise du coup en 4-3-3. Les premières minutes de la partie permettent rapidement de comprendre le projet de jeu général. D’abord, conserver une grosse densité de joueurs dans l’entrejeu : Pepe, Diarra et Xabi Alonso ne prennent que très peu de risques. Pour atteindre les ballons jusqu’aux attaquants, le jeu passe soit par des longs ballons censés sauter le milieu barcelonais, soit par les côtés avec des remontées balle au pied de Coentrao et Altintop. Sans grand succès.
Défensivement, le bloc madrilène fait le choix d’évoluer très haut sur le terrain, jouant parfois dangereusement le hors-jeu durant la première mi-temps. Des trois milieux de terrains, deux sortent sur les rampes de lancement habituelles du Barça (Pepe face à Busquets et Xabi Alonso ou Diarra face à Xavi). Pendant ce temps, le troisième reste au plus près de sa défense pour la soutenir face aux possibilités de déplacements entre les lignes de Messi ou Fabregas.
En outre, les distances limitées entre les deux lignes madrilènes (défense et milieu de terrain) rendent les décrochages difficiles pour les attaquants de Barcelone. Excentré côté droit en début de partie, Messi ne trouve par exemple aucun espace lorsqu’il décroche : il quitte une zone couverte par Coentrao pour se retrouver dans celle gardée par Diarra. Avec Sanchez en pointe pour jouer la profondeur et Iniesta sur l’aile gauche, Messi et Fabregas se retrouvent dans l’obligation de venir travailler à hauteur des milieux de terrain pour aider à la remontée des ballons.
Ronaldo éteint Alves :
Si ce travail à quatre (Messi, Fabregas, Xavi et Busquets) permet parfois de dégager un joueur du pressing adverse pour chercher la profondeur (vers Sanchez), le Barça a besoin d’appuis dans le camp adverse pour pouvoir accélérer. Normalement, ce sont les deux joueurs excentrés qui sont censés les offrir. Si Iniesta est placé d’entrée sur l’aile gauche, l’animation barcelonaise demande à Daniel Alves de venir animer le flanc droit de son attaque, trois défenseurs restant alors en couverture (Piqué, Puyol et Abidal).
Lors de la dernière confrontation entre les deux formations, Alves avait fait très mal au Real en travaillant constamment entre Marcelo (le latéral) et Ronaldo (l’ailier). Cette fois, Mourinho a demandé à Ronaldo de suivre les déplacements du Brésilien à la trace, quelque soit sa hauteur sur le terrain et par rapport au bloc madrilène. Le Ballon d’Or 2008 s’est ainsi attaché à se placer toujours sur la trajectoire des passes qui pourraient atteindre Alves, de manière à l’enfermer et à le rendre inutile offensivement.
Comme le montre l’image ci-dessus, l’ensemble du bloc madrilène cherche ensuite à enfermer le Barça de l’autre côté du terrain. Benzema et Higuain travaillent ainsi à tour de rôle en se repliant sur la ligne catalane (ici Busquets, Xavi et Messi) censée évoluer en soutien et permettre la ressortie des ballons depuis les ailes. L’ouverture du score du Real intervient justement sur un ballon gagné par le Real dans ses 30 derniers mètres. De là part alors l’action-type du Real en début de partie : une sortie de balle rapide sur son côté gauche où le passeur (Benzema sur le but) compte sur la vitesse de Ronaldo pour prendre le dessus dès le départ de l’action un Daniel Alves forcé de se replier.
Barcelone corrige le tir :
Pris plusieurs fois par la vitesse du Portugais, Daniel Alves change de registre et évolue dans un rôle plus conservateur à partir de la demi-heure de jeu. En d’autres termes, ils ne se livre plus offensivement sauf si le décalage est déjà fait. Les conséquences se font rapidement ressentir côté madrilène : privé de cette énorme brèche sur son aile gauche, l’animation du Real en pâtit. Coentrao et Altintop ne parviennent pas à faire des différences balle au pied (trop de lignes à franchir) et les longs ballons vers les attaquants sont facilement récupérés par la défense barcelonaise.
Après avoir réglé ses problèmes défensifs en fin de première mi-temps, le Barça en fait de même avec les offensifs en début de seconde. Jusque-là, le jeu des Catalans manquait de largeur, le rôle plus défensif de Alves supprimant un point d’appui permanent sur l’aile droite. Au retour des vestiaires, Pep Guardiola remédie donc à ce problème en retrouvant un 4-3-3 beaucoup plus classique avec Messi qui occupe bien l’aile droite et Iniesta l’aile gauche.
Une ligne plus bas, Fabregas, Xavi et Busquets échangent face au milieu adverse. Ils bénéficient aussi désormais de l’apport des deux latéraux qui viennent à leur hauteur pour permettre d’étirer le milieu madrilène tout en forçant les attaquants madrilènes à redescendre. Face à ce Barça désormais dans un 4-3-3 plus classique, Mourinho décide de passer en 4-2-3-1, inversant son triangle dans l’entrejeu notamment pour marquer Xavi et Fabregas (avec Pepe et Xabi Alonso).
Malheureusement pour le Real, le changement n’a pas l’effet escompté, les Madrilènes se montrant incapables de remettre en route le pressing du début de partie. Depuis l’aile droite, Messi gagne en influence en rentrant au coeur du jeu pour créer le surnombre face aux deux récupérateurs adverses. Et c’est sans grande surprise que l’Argentin se retrouve à l’origine du second but barcelonais, fixant Xabi Alonso et Özil, et servant Abidal, complètement oublié par Ronaldo et profitant du mauvais placement de la défense madrilène (alignement et Altintop perdu dans l’axe).
Conclusion :
Un éternel recommencement. Dans un tout autre projet de jeu qu’au mois de décembre, le Real a bien entamé la rencontre, profitant à plein de la vitesse de Ronaldo pour à la fois éteindre et profiter des espaces laissés par Daniel Alves. Mais une fois de plus, l’absence de plan B côté Mourinho s’est fait sentir dès lors que le Barça s’est ajusté pour fermer la porte au Portugais. Excepté une tête de Benzema sur le poteau, les Madrilènes n’ont rien réussi d’autre pour inquiéter leurs adversaires qui ont pu tranquillement s’installer et maîtriser la partie en deuxième mi-temps.






@The teacha C’est exactement sa!!Mais on anticipe le déroulement du match par rapport a plein de variantes bien sur mais en particulier par rapport aux joueurs adverses.Comme tu dis; »Exemple, si tu sais que tu vas affronter des attaquants rapides, tu vas privilégier des defenseurs vifs egalement pour répondre au probleme de vitesse que l’adversaire te propose ».Mais c’est trop caricaturé!!!Et c’est la ou je veux en venir,bien sur en mettant en place un plan anti Messi tu reduit la probabilité de réussite de Messi,mais il y a des erreurs que tu ne peux pas anticiper comme tu dis par rapport a Ramos.Mais c’est de ca que je parle,les joueurs ne sont pas des robots mais des etres humains concus pour faire des erreurs volontaires ou non.C’est pour sa que je défend Mourinho sur ce match il n’a rien fait de négatif mais que de la caricature…Reply – Quote
Twitter: flotoniutti
L’absence de plan B du Real ne concernait pas forcément sa défense. Mais sa capacité à attaquer. Dès que Alves n’est plus monté pour fermer le couloir gauche à Ronaldo, le Real n’a plus rien proposé en attaque.Reply – Quote