Rapport : Yannis Tafer avec les Bleuets à Toulon

Mercredi, une sélection de jeunes française (ni U20, ni U21 mais un mélange des deux) a fait son entrée en lice dans le Festival International Espoirs de Toulon. Des débuts réussis et remarquables puisque la formation coachée par Pierre Mankowski a dominé les U20 mexicains, qualifiés pour le prochain Mondial. Et Yannis Tafer a particulièrement brillé. Analyse et décryptage de sa prestation.

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Préambule.
L’été dernier, Yannis Tafer remportait son premier titre majeur avec l’équipe de France des moins de 19 ans (champion d’Europe). Star de l’équipe au coup d’envoi de la compétition, il a du mal à exister à la pointe de l’attaque française et n’inscrit qu’un but. Mais son entrée en jeu en finale face à l’Espagne laisse entrevoir certaines capacités dans l’orientation du jeu. Quelques jours plus tard, il s’engage avec le Téfécé pour un prêt d’une saison. Dix mois plus tard, il termine la saison avec seulement 453 minutes au compteur et quatre titularisations. A priori, Toulouse ne devrait pas lever l’option d’achat (4M€) pas et il devrait donc retourner à Lyon à la fin du mois. Bref, celui que l’on présentait comme le successeur de Karim Benzema a du mal à exploser. Et pour cause, il n’a rien à voir avec l’avant-centre de l’équipe de France.

Position.
Pour le premier match des Français dans ce Festival International Espoirs, Yannis Tafer fait partie du onze-titulaire de Pierre Mankowski. Evoluant en soutien de Steven Joseph-Monrose, il est encadré par les deux joueurs de couloir offensifs (Anthony Knockaert à droite et Maxime Bourgeois à gauche). Derrière lui, Loïc Damour et Abdou Sissoko (frère de Mohamed) protègent une défense à quatre composée de droite à gauche de Frédéric Duplus, Kalidou Coulibaly, Nicolas Isimat-Mirin et Florentin Pogba. Les buts sont gardés par Franck L’Hostis. Face à ce 4-2-3-1, le Mexicains proposent une formation à trois défenseurs très offensive et joueuse.

Collectif.
Avant de zoomer sur le match de Tafer, il faut souligner l’excellente performance collective de Bleus. Celle-ci a d’abord pris sa source dans la domination des couloirs. Les deux latéraux (Duplus et Pogba) ont fait le choix d’aller chercher très haut les seuls véritables joueurs de couloir mexicain. Duplus a notamment complètement éteint Villalobos, annoncé comme une menace pour la défense française sur son côté gauche. Une fois les ballons gagnés par les latéraux sur leurs adversaires directs, le champ était alors complètement ouvert devant eux pour servir les ailiers (Bourgeois et Knockaert). Forcée de coulisser, la défense mexicaine se retrouvait alors à gérer des situations périlleuses en attendant le repli du reste du bloc (et notamment du latéral à l’opposé de l’action pour compléter la ligne de défense). A l’inverse, dans l’axe, les Mexicains ont pu développer leur jeu dès lors qu’ils réussissaient à passer la ligne médiane. Les trois attaquants jouant à l’intérieur, il suffisait d’une incursion d’un milieu pour créer une égalité numérique et permettre des enchaînements intéressants face à la défense française.

Individuel.
Et Tafer dans tout ça ? Evoluant en soutien de Joseph-Monrose, le Lyonnais a parfaitement su profiter des problèmes défensifs du Mexique. Le libéro étant au marquage de Monrose et les deux stoppeurs travaillant surtout la couverture des couloirs face aux incursions répétées de Bourgeois et Knockaert, Tafer a multiplié les décrochages sans jamais être suivi par un adversaire. Restant toujours devant la paire Damour-Sissoko, il a été la principale rampe de lancement des attaques françaises, orientant le jeu vers Bourgeois (cf. deuxième but) ou Knockaert. Dans les trente derniers mètres, il a aussi su se déplacer intelligemment, n’hésitant pas à s’excentrer selon les mouvements de ses partenaires en attaque (cf. troisième et quatrième but).

Pour faire court, Tafer a été le véritable meneur de l’attaque française sur cette rencontre. Longtemps présenté comme un avant-centre au sens premier du terme (cf. buteur), on découvre aujourd’hui le jeune Lyonnais en organisateur. Aligné aux côtés de deux ailiers très rapides et entreprenants, sa performance du jour a rappelé celles que réalise régulièrement Wayne Rooney à Manchester United (NDLA : puisqu’il faut sans doute le préciser, n’y voyez pas une comparaison qualitative mais une comparaison dans le rôle tenu par Tafer dans le système des Bleuets). Et dans ce registre, justesse technique et vista font plutôt bon ménage : ça tombe bien, Tafer avait les deux ce jeudi. A revoir d’urgence dans les mêmes conditions face à un adversaire de plus haut niveau (Italie ?).

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