Rapport : Lille, la troisième équipe

Paris ou Montpellier ? Alors que depuis quelques semaines, la course au titre se résume à ces deux équipes, une troisième force revient dans la danse à l’approche du sprint final. Il s’agit de Lille, champion de France en titre et qui ne possède plus que quatre points de retard sur les deux équipes de tête. Mais au-delà de l’écart qui s’est réduit, c’est le niveau de jeu affiché aujourd’hui par le LOSC qui en fait un concurrent de nouveau crédible à sa propre succession. Illustration avec sa première mi-temps face à Toulouse.

Un pressing retrouvé :

Malmenés en deuxième mi-temps, les Lillois ont construit leur succès sur leur très grosse première période, elle-même marquée par un premier quart d’heure où ils ont complètement étouffé le milieu de terrain toulousain. Organisés sur trois lignes (Payet, Hazard, De Melo / Mavuba, Balmont, Pedretti / Debuchy, Cetto, Béria, Digne), les Nordistes ont démarré la rencontre par un pressing tout terrain dans le camp adverse. Exceptés les deux défenseurs centraux, tous les joueurs étaient concernés par le travail de récupération, des attaquants par leur positionnement aux milieux de terrain par leurs sorties au pressing.

Censés apporter des solutions dans les 20 derniers mètres, Payet et De Melo étaient aussi les premiers à revenir sur les défenseurs centraux adverses afin d’empêcher toute possibilité de relance longue. L’objectif était ici de pousser la relance toulousaine à passer par les côtés où les duos formés par les milieux (Mavuba à gauche, Balmont à droite) et les latéraux (Digne à gauche, Debuchy à droite) mettaient ensuite la pression, parfois aidés par le repli d’un attaquant où l’arrivée sur zone de Hazard. Le Belge participait autant à la récupération qu’à la mise en route d’une contre-attaque immédiate. Dans le même temps, la couverture était assurée par le latéral non-concerné par le pressing et les deux défenseurs centraux.

Légende : ci-dessus, le schéma avec un pressing lillois sur le côté gauche de la relance toulousaine. On distingue les deux attaquants sur l’axe puis Balmont et Debuchy sur l’aile. Derrière, Mavuba et Pedretti forment une première ligne de couverture qui peut coulisser pour venir fermer. Cetto, Béria et Digne en forment une seconde capable d’en faire de même.

Deux lignes de quatre pour mieux remonter :

Si le LOSC a évolué en 4-3-3 dans le camp toulousain, il s’est ensuite replié en 4-4-2 dans sa moitié de terrain. Un repli défensif s’est effectué en deux phases. Les trois attaquants ont d’abord formé une ligne pour s’opposer à la relance toulousaine et la forcer à passer par les côtés. Le milieu à trois se chargeait ensuite de couper la relation entre les milieux et les attaquants toulousains, aidé par le marquage des latéraux sur Tabanou ou Regattin. Un système qui a bien fonctionné sur le flanc droit des Lillois avec Balmont en fer de lance du pressing. Côté gauche en revanche, Toulouse a trouvé, grâce aux montées de Aurier, des espaces dans le dos de Hazard le temps que le Belge se replie à hauteur de ses milieux de terrain.

Une fois en place dans ses 30 mètres, le LOSC était organisé en deux lignes de quatre joueurs (les défenseurs / Balmont, Pedretti, Mavuba, Hazard). Devant, Payet et De Melo étaient tous les deux déchargés du repli défensif -sauf dépassement de fonction côté toulousain, ex : montée d’Abdennour-. De par leurs profils complémentaires, les deux hommes ont offert des relais intéressants pour la relance lilloise : De Melo en appui et dans les airs, Payet en soutien du Brésilien et dans les intervalles, les deux combinant parfois ensemble en attendant la remontée du bloc lillois. Pour les servir, Hazard et Pedretti pouvaient allonger si nécessaire, créant ainsi des situations de un-contre-un en sautant le milieu toulousain ; le Belge a néanmoins préféré porter le ballon jusqu’à eux, à l’instar de Balmont ou Mavuba qui se sont aussi offerts quelques remontées balle au pied.

Légende : ci-dessus, le LOSC replié dans sa moitié de terrain. Devant, De Melo  reste dans l’axe et Payet va sur les ailes. A noter les triangles chargés de les alimenter en ballons (Mavuba, Digne, Hazard à gauche ; Pedretti, Balmont, Debuchy à droite) et qui suivront les actions ensuite.

De l’utilisation du ballon :

Au-delà de ces possibilités d’attaques rapides -que la formation de Rudi Garcia avait du mal à retrouver depuis le départ de Gervinho-, le LOSC a aussi conservé toutes ses qualités sur le plan de l’animation offensive et des attaques placées. Evidemment, au vu de la forme de Hazard, le jeu dépend et penche clairement du côté où évolue le Belge. Face à Toulouse, durant la première mi-temps, c’est sur l’aile gauche qu’il a été le plus actif. Tout autour de lui, ses partenaires étaient là pour lui offrir des solutions. Payet prenait souvent les intervalles et complétait ses déplacements, De Melo travaillait lui sur la défense centrale adverse et était toujours présent dans la surface pour la finition.

Derrière, Mavuba et Pedretti offraient des solutions de soutien pour réorienter le jeu en cas de besoin. L’ancien Auxerrois a aussi pu trouver des positions de frappe à mi-distance. Plus offensif, Balmont a de son côté travaillé de concert avec Debuchy sur l’aile droite. Au passage, concernant l’influence des latéraux, très importants dans l’animation lilloise, tout dépend aujourd’hui du positionnement de Hazard. Le Belge évoluant à gauche en première mi-temps dimanche, Digne ne s’est quasiment jamais livré offensivement à l’inverse de Debuchy, servi à plusieurs reprises dans son couloir après un renversement de jeu venu de la gauche (via Hazard justement).

Légende : l’animation offensive lilloise en quelques flèches. Balmont et Debuchy sur l’aile droite, Payet en troisième homme dans ce couloir et complément des déplacements de Hazard sur le reste du terrain. Pedretti et Digne pour des montées en position médiane, de soutien. De Melo en appui sur l’axe et présent ensuite dans la surface de réparation.

Conclusion :

Sur sa première mi-temps face à Toulouse, le LOSC s’est clairement posé comme étant l’équipe en forme du moment. Sous l’impulsion évidente de Hazard, les Nordistes ont baladé des Toulousains qui restaient pourtant sur six matchs sans défaite. En diminuant son temps de possession (54/46 en faveur de Toulouse, 50/50 en première mi-temps), le champion de France en titre a retrouvé les autres facettes qui faisaient la force de son jeu la saison dernière, à savoir sa capacité à presser haut et à remonter très rapidement le terrain. Des atouts qui pourraient peser lourds lors des confrontations directes à venir face au Paris Saint-Germain (34ème journée, 29 avril) et à Montpellier (37ème journée, 12 mai).

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2 réponses

  1. Il est vrai que contre Toulouse le Losc a retrouvé des couleurs, et a montré un jeu qui attirait les éloges la saison passée.
    4 points de retard c’est faisaible, Paris est dans le flou mais Montpellier reste sur sa dynamique donc pas si simple.

    Ce serait bien de voir Lille conserver son titre, les champions se succèdent depuis Lyon, j’ai d’ailleurs posté un article sur le sujet :

    http://www.vestiairesdufootball.fr/la-ligue-1-reine-des-champions-ephemeres/

  2. The teacha dit :

    ce serait énorme si Lille devenait champion et pourtant, je suis plutot pro parisien mais le losc fait tellement plaisir à voir jouer…
    Ce qui fait la différence surtout, c’est que comme l’an passé, l’équipe est rapidement capable de faire évoluer son schéma comme le montre l’analyse défensivement comme offensivement.De plus, le banc est de qualité avec nolan roux, joe cole, gueye qu’est un futur phéno et à un degré moindre Jelen.
    Ca va être interessant…

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