Rapport : les féminines de l’OL, championnes d’Europe

A jamais les premières. Les Lyonnaises ont offert à Jean-Michel Aulas son premier titre sur la scène européenne. Battue la saison dernière aux tirs au but, elles ont pris leur revanche sur les Allemandes de Potsdam dans un match qu’elles ont largement maîtrisé. Analyse détaillée de la formation des nouvelles championnes d’Europe.

Sur le tableau noir :

A l’inverse de son homologue allemand qui avait préparé une formation à trois défenseurs, l’entraîneur de l’OL a fait dans le classique : 4-2-3-1… Mais avec quelques spécificités qui seront développées dans les paragraphes suivants. En attendant, ligne par ligne, ça donne : Sarah Bouhaddi (26) – Wendie Renard (3), Laura Georges (5), Sabrina Viguier (20), Sonia Bompastor (18) – Amandine Henry (6), Shirley Cruz (11) – Elodie Thomis (12), Camille Abily (23), Louisa Necib (10) – Lotta Schelin (8). En deuxième mi-temps, Lara Dickenmann et Eugénie Le Sommer remplaceront respectivement et poste pour poste Necid (55e) et Thomis (73e).

Phase défensive :

Côté droit, l’impressionnante (au niveau du gabarit) Renard presse très haut à tel point qu’on la retrouve à plusieurs reprises sur la même ligne que Thomis. Il faut dire que l’ailière enfonçait dominait son vis-à-vis, obligeant l’une des attaquantes (dans la zone de Renard) à redescendre pour lui prêter main forte. Sans adversaire dans sa zone, Renard pouvait ainsi se permettre ses montées. Lorsque c’était le cas, Henry assurait la couverture (en noir). L’OL s’est néanmoins retrouvé en difficulté dès lors qu’une Allemande venait porter le surnombre dans le dos de la latérale, notamment par l’intermédiaire de Fatmire Bajramaj dont les dribbles ont posé beaucoup de problèmes aux Lyonnaises.

Aux côtés de Renard, Georges n’hésite pas non plus à sortir de la ligne défensive pour suivre les décrochages de la pointe adverse (Mettag). Lorsque les deux Lyonnaises sont aux avants-postes, Viguier et Bompastor glissent dans l’axe pour couvrir. Devant elles, Cruz ratisse les ballons et relance. Côté gauche, Bompastor est beaucoup plus attentiste que Renard et est aidée défensivement par le travail appuyé de Necib (puis de Dickenmann). Celle-ci ne dézone que lors des pressings, le plus souvent lancés par Abily au milieu du terrain. Très efficace pour fermer l’axe, ce système a laissé quelques failles sur les côtés.

Phase offensive :

Souvent, l’animation offensive d’un 4-2-3-1 est bâtie entre la relation entre l’attaquant de pointe et son soutien. Ici, rien de cela. Sur 90 minutes, Schelin et Abily n’ont que très rarement combiné… Ou plutôt, Abily ne l’a que très peu cherché. En effet, l’ancien joueuse du Los Angeles Sol a surtout travaillé avec ses deux milieux de terrain, Cruz et Henry. N’hésitant pas à revenir défendre et à travailler à la remontée des ballons, elle a eu un rôle prépondérant dans l’orientation à donner au jeu : attaque rapide dans la profondeur depuis son propre camp ou changement de jeu et décalage sur l’aile une fois arrivée dans le camp adverse.

Seule en pointe, Schelin a abattu un travail absolument impressionnant. Allant disputer tous les ballons, elle a gagné de nombreux duels et a surtout montré de vraies capacités à enchaîner en attendant le soutien. Le plus souvent, celui-ci est venu du côté droit grâce à la vitesse de Thomis avec laquelle elle a très souvent échangé : une-deux sur l’aile ou permutations (en deuxième), les deux joueuses ont fait très mal à l’arrière-garde allemande et permis aux Lyonnaises de s’installer durablement dans le camp adverse. Côté gauche, Necib puis Dickenmann ont plutôt travaillé loin du but adverse, travaillant à la tenue du ballon et s’attachant à apporter la présence nécessaire dans la surface adverse.

Conclusion :

Un très bel exemple de 4-2-3-1 asymétrique. Très fort offensivement, le côté droit animé par Thomas et Schelin a forcé Potsdam à reculer au fil des minutes et ainsi permis aux Lyonnaises de monter et de mettre leurs adversaires sous pression (Renard, Georges). La couverture venant de la gauche s’est ensuite avérée efficace excepté sur les dézonages de Bajramaj. Bref, un schéma cohérent et le talent nécessaire devant pour sacrer une très belle équipe lyonnaise, largement supérieure à son adversaire du soir.

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