Rapport : le Santos FC, vainqueur de la Copa Libertadores

Mercredi dernier, le Santos a remporté la troisième Copa Libertadores de son histoire en battant le Peñarol dans son stade du Morumbi (2-1, après 0-0 à l’extérieur). Si Neymar et Ganso ont fait les gros titres en Europe, c’est l’ensemble du collectif Peixe qui a fait la différence lors du match retour. Le bon moment pour l’analyser en détail.

Composition et système de jeu :

Pour ce match retour, le Santos récupérait son maître à jouer, Ganso, absent depuis le 8 mai dernier et une blessure contractée face aux Corinthians. Son retour dans le onze de départ permet à Muriciy Ramalho d’aligner un milieu en losange. Ganso (10) prend place derrière Neymar (11) et Zé Eduardo (20). Derrière ce trio, un autre est composé de Elano (8) et Arouca (5), tous deux soutenus par Adriano (15) devant la défense. Celle-ci est construite autour de Edu Dracena (2) et Durval (6) dans l’axe et complétée par Danilo (22) à droite et Leo (3) à gauche. Les buts sont gardés par Rafael (1) qui, au passage, est devenu à 22 ans le plus jeune portier titulaire à remporter la Copa Libertadores.

Dans l’axe – Compensations et attaquants excentrés :

Sans but, la première mi-temps a néanmoins été le théâtre d’une grosse domination du Santos FC au milieu de terrain. Principal atout en faveur des Brésiliens, le surnombre dans l’axe face au 4-4-2 (ou 1-1) du Peñarol, et le rendement de Arouca, fabuleux d’activité durant les 50 premières minutes.

Adriano (15), la défense centrale et Arouca (5).
Comme souvent dans ce type d’organisation, le joueur placé devant la défense centrale travaille de pair avec celle-ci. A l’inverse de la majorité des cas, où le milieu défensif va couvrir les latéraux, Adriano couvre les déplacements des défenseurs centraux. Ainsi lorsque l’un d’entre eux s’excentrer pour compenser la montée d’un latéral, Adriano glisse à sa place pour fermer l’intervalle. Si besoin, Arouca décroche à son tour pour venir combler l’espace laissé devant la défense. Le milieu de terrain participe aussi pleinement à l’effort de relance, formant une véritable paire avec Adriano, Elano (8) et Ganso (10) intervenant dans un second temps (à la construction).

Ganso et les offensifs.
Malgré sa position avancée, Ganso travaille aussi défensivement. Adriano travaillant de concert avec les défenseurs, le meneur du Santos se joint à Arouca et Elano pour conserver constamment une ligne de trois joueurs devant le milieu de terrain adverse (composé de deux joueurs dans l’axe). Lorsque le ballon est récupéré, il sert d’appui pour  Arouca et Adriano. Tous cherchent le plus souvent à écarter le jeu au moment d’arriver dans la première moitié du camp adverse : soit en sollicitant les attaquants qui étirent la défense par des appels dans les couloirs (Neymar à gauche, Zé Eduardo à droite), soit en faisant appel à Danilo (22) pour poser le jeu dans le couloir droit.

Sur les côtés – Trio et profondeur :

Bénéficiant forcément d’un traitement de faveur de la part des défenseurs, Neymar et Ganso bénéficient du travail de leurs partenaires pour les mettre en bonne position. Au choix, des remontées de balle rapides (cf. Arouca sur le premier but) pour mettre Neymar en position idéale ou le travail de l’ensemble du côté droit pour libérer Ganso dans l’axe.

Le trio Danilo – Elano – Zé Eduardo.
Le couloir droit, côté fort des Peixes… Ou en tout cas son côté favori lorsqu’il s’agit de construire. Il est animé par un trio composé de Danilo (22, latéral droit), Elano (8, milieu axial) et Zé Eduardo (20, attaquant). Le plus souvent, le triangle formé par les trois hommes servaient à attirer le bloc du Peñarol sur l’aile pour ensuite revenir dans l’axe et servir un Ganso plus libre de ses mouvements (en noir). Au meneur de jeu ensuite de chercher la profondeur (en orange) ou de continuer à faire circuler le ballon vers Leo (en rose) ou Arouca un peu plus en retrait. Plusieurs fois, on a aussi pu voir Elano et Danilo permuter ; le premier s’excentrant pour permettre au second de prendre l’espace vers l’intérieur (en gris).

Percussion et profondeur.
Si elles ont rarement des difficultés pour conserver le ballon, les équipes évoluant en losange connaissent parfois des problèmes au moment de chercher la profondeur pour accélérer dans les 30 derniers mètres adverses (cf. Bordeaux de Blanc). Grâce à Neymar (à gauche) et Danilo (à droite), le Santos règle ce souci. Très actif, l’attaquant et le latéral droit sont les plus sollicités lorsqu’il s’agit d’accélérer. Lorsque le premier décroche ou se recentre, il est supplée par Leo (son latéral). Le second profite lui des déplacements et autres appuis proposés par Zé Eduardo pour se retrouver en bonne position sur son aile droite (cf. deuxième but).

L’adversaire – Sans réponse :

Comme évoqué plus haut, le Peñarol n’a quasiment pas existé lors de la finale retour. En cause, des couloirs mal utilisés jusque dans le dernier quart d’heure et le tout-pour-le-tout tenté avec l’entrée d’Estoyanoff. Avant cela, les coéquipiers de Martinuccio, meneur de jeu éteint mercredi dernier, ne s’étaient crées aucune opportunité.

Les limites du système.
Dans l’axe, le Peñarol était constamment mis en infériorité numérique dans la moitié de terrain brésilienne. Martinuccio et Olivera étaient pris par le trio Adriano – Darval – Edu Dracena alors que Freitas et Aguilar se retrouvaient dans la zone gardée par Arouca, Elano et Ganso. Et lorsque Martinuccio décrochait pour leur proposer des solutions, il était suivi de près par Adriano. Dès lors, la solution ne pouvait que venir des côtés. Leo et Danilo suivant à la trace Mier et Corujo, la solution pouvait venir des montées des latéraux. Sauf que les deux attaquants du Santos, en plus de se replier parfois, faisaient planer une menace constante dans leur dos, les forçant ainsi à limiter leurs courses vers l’avant.

Coaching.
Menés 2-0, le Peñarol s’est jeté à l’attaque dans les vingt dernières minutes pour tenter de revenir. A douze minutes de la fin, Diego Aguirre décide de faire entrer en jeu Fabian Estoyanoff. Très mobile, le joueur s’installe dans le camp adverse et permet d’ajouter un troisième homme aux combinaisons dans les couloirs. Les latéraux n’hésitant plus à monter, les Uruguayens réussissent à forcer le côté gauche de la défense du Santos pour réduire le score. Mais dans le même temps, ils offrent plusieurs balles de 3-1 au Peixe toutes lancées par des appels en profondeur de Neymar. Il faudra une finition très maladroite des Brésiliens pour que le score final n’en reste qu’à 2-1.

Conclusion :

Une finale parfaitement gérée par Muriciy Ramalho et ses hommes. Tous les mécanismes défensifs du Santos ont fonctionné à merveille jusque dans le dernier quart d’heure où seule la maladresse de ses attaquants a suffit à faire trembler ses supporters. Devant, Neymar a été un véritable poison et Zé Eduardo un très bon complément au duo Danilo – Elano. Dans l’axe, Ganso s’est fait plus discret, laissant la vedette à Arouca. Le numéro 5 a été le symbole du Santos sur ce match : très fort tactiquement en défense et capable d’étincelles devant. Il lui en a suffit d’une sur une percée plein axe pour offrir le 1-0 à Neymar.

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1 réponse

  1. Bonjour , les menus de votre site ne s’affichent plus chez moi depuis hier est-ce votre site ou mon ?

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