Rapport : le plan de jeu brestois face au PSG

Malgré la défaite, le Stade Brestois a posé d’énormes problèmes face à une Paris Saint-Germain pourtant au complet en attaque. Analyse d’une prestation collective qui pourrait inspirer quelques-unes des équipes qui se déplaceront au Parc cette saison.

Pour rappel – les compositions :

Si les nombreuses absences en défense propulsent Diego Lugano sur la pelouse, Antoine Kombouaré peut compter sur son quatuor offensif favori depuis le début de la saison. A noter que Bodmer remplace Chantôme, blessé, dans l’entrejeu : Sirigu (30) – Ceara (2), Lugano (15), Camara (6), Tiené (5) – Matuidi (14), Bodmer (12) – Menez (7), Pastore (27), Nenê (10) – Gameiro (19).

A l’instar de leurs hôtes du soir, les Bretois doivent composer avec de nombreuses absences en défense. A partir de l’entrejeu en revanche, les titulaires sont là et prêts à en découdre dans leur schéma de jeu habituel en 4-4-2 : Elana (1) – Coulibaly (22), Zebina (8), Gentiletti (17), Makonda (3) – Poyet (20), Culma (2), Grougi (6), Lesoimier (19) – Ben Basat (9), Roux (26).

Presser pour couper les transmissions :

Première étape du projet de jeu brestois, empêcher la relance parisienne de trouver l’un de ses quatre joueurs à vocation offensive dans des conditions idéales. Ici, ces dernières se situent entre les deux lignes du 4-4-2 mis en place par Alex Dupont, dans le meilleur des cas dans l’axe (soit dans le dos de la paire Culma-Grougi).

Conséquence logique de ce besoin de limiter les espaces dans leur dos, Culma et Grougi laissent le gros du travail de pressing de la relance parisienne à leur quatuor offensif. C’est ainsi que l’on voit Poyet et Lesoimier, mais aussi Roux et Ben Basat, travailler et harceler les deux rampes de lancement du PSG que sont Bodmer et Matuidi. Juste derrière cette zone de combat, Culma et Grougi sont en soutien : soit pour couper les angles de passes, soit pour offrir une solution rapide en cas de ballons gagnés.

Derrière, la défense brestoise se partage le marquage des quatre offensifs parisiens. Les deux latéraux s’occupent de Nenê et Ménez. Dans l’axe, selon la zone dans laquelle il se situe, l’un des deux défenseurs centraux sort sur Pastore, le second se chargeant d’éteindre Gameiro. Pour se défaire du marquage, les Parisiens permuteront tout au long de la partie : Ménez offrira ainsi le but de la victoire à Pastore (voir par ailleurs) sur un débordement côté gauche, Nenê ira à droite et dans l’axe et Pastore s’excentrera à plusieurs reprises pour toucher des ballons.

Enfermer les Parisiens dans les couloirs :

Bodmer et Matuidi mis sous l’éteignoir et la profondeur bien fermée par les défensifs de l’équipe, Brest doit maintenant faire face au plan B de la relance parisienne. Outre les longs ballons, facilement récupérés par une défense bretonne plus athlétique que ses adversaires directs, Paris met désormais ses latéraux à contribution pour remonter les ballons dans le camp adverse.

Ainsi, les ballons sont libérés sur les ailes par les quatre axiaux parisiens. Au tour des paires ailiers/latéraux de travailler pour tenter de déstabiliser la défense brestoise. Ceara et Tiené sont en majorité sollicité dans leur camp et dans la première moitié du camp adverse, mais il n’est pas rare non plus de voir Ménez, Nenê (ou même Pastore) décrocher dans le couloir, pour se défaire de leur adversaire direct (qui reste bas pour limiter les espaces dans son dos) et bénéficier de plus d’espaces, pour accélérer notamment (cf. l’accélération de Ménez sur le but parisien).

Mais si progresser sur les côtés dans la première moitié du camp brestois est finalement assez aisé, les choses se compliquent dans les 25 derniers mètres. La raison ? Le repli du milieu de terrain brestois. Alors que le joueur de couloir (Poyet ou Lesoimier) s’occupe de suivre le latéral si celui-ci poursuit sa montée, les milieux axiaux se replient vers leur défense et ferment ainsi les possibilités de retour dans l’axe, sauf passe en retrait qui remettrait le PSG dans la situation initiale, face à un bloc replié et en place. Autre solution, l’enchaînement débordement puis centre mais la défense centrale brestoise domine les airs.

Le but parisien :

Ce schéma décrypté, il n’est ainsi pas difficile d’expliquer l’ouverture du score parisienne. Il s’agit de l’une des rares actions (pour ne pas dire la seule) où un Parisien (Ménez), depuis le couloir, a réussi à trouver un partenaire dans l’axe en mettant le milieu se repliant sur lui hors de position (ici, Culma). A noter que son accélération lui avait aussi déjà permis de déposer Grougi.

Ce but est venu punir une baisse logique de régime côté brestois. Très dangereux en première mi-temps, notamment en insistant sur les ailes avec les déplacements de ses attaquants dans le dos des latéraux parisiens (Tiené en tête), Brest connaît beaucoup plus de difficultés pour créer le danger dans le camp adverse au retour des vestiaires. Travaillant beaucoup défensivement, Poyet et Lesoimier perdent en lucidité devant et lorsque Pastore ouvre la marque, l’issue de la rencontre ne fait guère de doute, malgré le sang neuf injecté par Dupont en fin de match.

En guise de conclusion :

Les Brestois regretteront évidemment les occasions manquées en première mi-temps. Le gros travail sur la relance parisienne a permis de limiter l’influence de Pastore qui n’a finalement été que très peu trouvé, mis à part sur des attaques rapides lancées juste dans la foulée de ballons récupérés dans l’entrejeu. Les minutes passant, Brest a baissé de pied, se montrant moins dangereux avant de craquer presque logiquement sur la fin.

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