Rapport : L’animation offensive des Bleus face à l’Albanie

Convaincante. C’est le mot qui qualifie le mieux la prestation des Bleus face à une Albanie rapidement dépassée et moins armée qu’au match aller. Pour la première fois organisés en 4-4-2, les Bleus ont fait montre d’une belle maîtrise du milieu de terrain grâce, notamment, à l’activité de Samir Nasri qui a transformé, par ses déplacements, l’animation de l’équipe.

Tableau noir :

Au coup d’envoi, et les premières minutes le confirment, c’est donc une formation inédite qu’a choisi d’aligner Laurent Blanc. Lloris (1) est toujours dans les buts mais il est protégé par une charnière qui n’a jamais joué ensemble (Rami, 4 / Kaboul, 5) et un latéral droit qui fête sa première sélection (Debuchy, 2). A gauche en revanche, c’est du classique (Evra, 3). Ribéry absent, le Mancunien retrouve Malouda (15) devant qui encadre avec Nasri (11) un milieu de terrain composé de M’Vila (17) et Cabaye (6). Devant, Gomis (9) prend la pointe et Rémy (21) tourne autour.

Outre l’organisation française, les premières minutes de la rencontre permettent de découvrir les choix tactiques opérés par le sélectionneur albanais. Celui-ci a donc placé la première ligne de son bloc au niveau du rond central. Elle est composée de deux joueurs, les plus offensifs (Salihi et Hyka), et doit faire tout simplement face à M’Vila et Cabaye pour empêcher ces derniers de trouver de la profondeur et d’alimenter les attaquants. Le reste du bloc, organisé en deux lignes de quatre joueurs, attend ensuite les Bleus dans ses 40 mètres.

Phase un : la remontée

Repoussés dans leur moitié de terrain en début de partie, les Bleus s’adaptent rapidement à leurs adversaires. Le premier élément-clé de la rencontre se situe dans l’entrejeu, dans la capacité de l’équipe à éliminer l’influence défensive des deux attaquants albanais sur M’Vila et Cabaye. Pour ce faire, ce sont les déplacements des joueurs excentrés qui font la différence.

Du 4-2 (défenseurs + milieu axiaux), l’équipe de France passe en 2-4 lorsqu’elle remonte le ballon, les latéraux venant à hauteur des milieux de terrain. Arrivés au niveau du rond central, zone où les premiers Albanais se trouvent, ces derniers reçoivent le concours de Malouda et/ou Nasri, qui décrochent depuis le camp adverse pour venir à leur hauteur.

Dans le même temps, les latéraux français montent d’un cran de façon à aller occuper la zone excentrée laissée libre par les deux milieux offensifs français. Le but ici est de fixer les deux milieux albanais chargés de fermer à double-tour les couloirs devant leurs latéraux. Les milieux axiaux de l’Albanie ne suivent pas non plus les décrochages des deux Français pour ne pas libérer des espaces entre les lignes qui pourraient profiter à Gomis ou Rémy pour proposer des appuis.

Les Bleus se retrouvent alors dans une situation très favorable au niveau du rond central. Un seul décrochage (de Malouda ou de Nasri) suffit pour créer une situation de surnombre qui permet d’effacer facilement les deux joueurs en pointe du bloc adverse. Ainsi, lorsque Malouda décroche et se recentre, il attire à l l’un des deux adversaires. M’Vila attire le second et Cabaye en profite pour se retrouver décalé et lancer le jeu côté droit avec Nasri et Debuchy ou Rémy dans la profondeur (en orange sur le schéma, le schéma opposé, avec Nasri en décrochage, est en jaune).

Dans le camp adverse :

Une fois le décalage crée au milieu de terrain, les Bleus ont désormais les deux lignes de quatre opposées par l’adversaire à éliminer. Décalage dans l’entrejeu oblige, les Bleus ont l’avantage de la mobilité et peuvent facilement prendre de la vitesse et de la profondeur dans le camp adverse.

Devant les trois joueurs qui s’occupent de lancer le jeu (M’Vila, Cabaye et l’excentré qui décroche), une ligne de solutions se forme à hauteur des milieux de terrain adverse. Sur les côtés, les latéraux suivent le mouvement du ballon et offrent ainsi des solutions, des appuis pour combiner sur les côtés et rentrer dans le camp adverse en projection à partir de une-deux (Debuchy-Cabaye, Debuchy-Nasri) ou de jeux en triangle permettant de libérer un troisième joueur.

Dans l’axe, on retrouve le second milieu de terrain : celui qui n’a pas décroché se rend ainsi disponible dans l’axe, à hauteur des milieux défensifs adverses. Là aussi, le but est de proposer un appui permettant au joueur venu de l’arrière d’enchaîner et de prendre de la vitesse. Sur la même ligne, l’un des deux attaquants fait le même travail, décrochant pour offrir un pivot à ses partenaires. Le plus souvent, lorsque Gomis décroche, Rémy tente de prendre la profondeur avec une vraie préférence pour le côté droit ; dans le cas contraire (Rémy décroche), Gomis reste dans l’axe pour peser sur la défense adverse.

Du 4-4-2 au tableau au 4-1-4-1/4-3-3 :

Au fil des minutes, les Bleus ont naturellement évolué du 4-4-2 standard vers le 4-1-4-1/4-3-3 de manière à créer naturellement le surnombre face aux deux joueurs en pointe du bloc albanais. Devant, la tendance de Rémy à prendre la profondeur sur l’aile droite a naturellement fait pencher le jeu des Bleus de ce côté dans les derniers mètres.

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