Rapport : la première sortie du PSG d’Ancelotti

En attendant la Coupe de France, le PSG a repris la compétition quelques jours avant les autres clubs français en disputant un match amical face au Milan AC mardi. L’occasion de découvrir la première composition d’équipe de Carlo Ancelotti. Sans surprise, le technicien italien n’a pas perdu de temps pour marquer l’équipe de son empreinte, la faisant débuter la rencontre dans son 4-3-2-1 fétiche. Retour en détails sur la prestation des Parisiens dans ce système en première mi-temps.

Au tableau :

Privé de Gameiro blessé, Ancelotti relance Hoarau pour occuper la pointe de l’attaque parisienne devant le duo de créateurs formé par Nenê et Pastore. Derrière ce trio, Bodmer hérite du rôle de meneur de jeu en retrait. L’ancien Lyonnais est encadré par deux milieux travailleurs, Sissoko et Jallet. A l’arrière, les quatre défenseurs sont les titulaires de l’époque Kombouaré avec, de gauche à droite, Tiené, Sakho, Bisevac et Ceara. Sirigu est évidemment dans les buts.

Sans ballon :

L’opposition face au Milan AC débute par une assez longue phase de possession en faveur des Italiens. Parfaite pour observer la mise en place défensive du bloc parisien. Il faut d’abord signaler que la rencontre étant amicale, celui-ci a certainement fait le choix de ne pas s’épuiser en décidant de ne pas imposer un gros pressing sur la relance adverse.

Ainsi, en pointe du bloc, Nenê, Pastore et Hoarau sont les trois seuls Parisiens présents dans le camp milanais lorsque les défenseurs adverses ont le ballon. Leur travail est très simple : se placer de manière à empêcher le porteur de balle de trouver une solution dans la profondeur. L’objectif est notamment de couper la relation qui pourrait exister entre la paire Mexès – Thiago Silva et les milieux de terrain (Van Bommel en tête). Restant assez proches les uns des autres, les trois Parisiens forment une première ligne compacte et assez dense dans l’axe qui rend toute tentative de passe verticale des défenseurs adverses dangereuse. Conséquence, ces derniers envoient le ballon sur les côtés, laissant aux latéraux le soin de réaliser la première passe vers l’avant.

En même temps que leurs trois offensifs, les milieux de terrain parisiens coulissent aussi sur la largeur selon la circulation de balle adverse (voir capture ci-dessus). C’est cette deuxième ligne qui imprime le pressing sur le porteur de balle, tentant alors d’enfermer les Milanais dans les couloirs. D’un côté comme de l’autre, Jallet et Sissoko viennent s’opposer au latéral adverse venu jouer vers l’avant, Bodmer évoluant lui toujours plus en retrait, tant pour des questions de couverture que pour des questions de relance une fois le ballon récupéré. Sur certaines phases de jeu, les Parisiens ont ainsi montré de très bonnes capacités à se projeter rapidement vers l’avant, le ballon gagné ressortant sur Bodmer qui recherchaient alors constamment la verticalité avec Pastore ou Nenê.

Avec le ballon :

Par sa structure très axiale, le 4-3-2-1 nécessite un apport offensif important des latéraux et ce, dans toutes les phases de possession de balle (phase de relance, phase de construction, phase de finition). Si le jeu rapide des Parisiens tourne autour de la relation directe entre Bodmer et les deux créateurs, les attaques placées démarrent le plus souvent par les côtés, lorsque le latéral venu aux avants-postes parvient à trouver l’un de ses meneurs de jeu dans l’axe.

Outre les latéraux, qui sont le plus souvent montés l’un après l’autre face au Milan AC, Jallet s’est révélé comme étant le premier soutien des trois joueurs offensifs. Très offensif, l’ancien Lorientais est rapidement devenu la quatrième solution pour permettre aux latéraux parisiens de revenir dans l’axe dans les 30 derniers mètres pour entrer dans la dernière phase, de finition (voir ci-dessus). Les deux autres milieux de terrain, Bodmer et Sissoko sont plus dans une logique de soutien. Ils restent en couverture du quatuor (Pastore, Jallet, Nenê, Hoarau) axial et lui permettent de ressortir d’une zone fermée par la défense adverse et réorienter le jeu (de l’autre côté du terrain le plus souvent, vers le latéral monté à son tour).

Face au Milan AC, le PSG conservait ainsi trois joueurs en couverture à l’arrière (les deux défenseurs centraux et le latéral évoluant du côté opposé à l’action en train de se dérouler). Ce trio était lui-même protégé par une doublette Bodmer-Sissoko, dont le travail est de permettre au PSG de tenir le ballon dans le camp adverse en utilisant au mieux la largeur. Tout comme le latéral monté aux avants-postes, Jallet fait le piston entre cette ligne du milieu de terrain et le trio offensif (Pastore, Nenê, Hoarau), offrant ainsi une quatrième solution pour ramener le jeu dans l’axe. Le quatuor offensif ainsi formé est concentré dans l’axe, à l’inverse par exemple du 4-2-3-1 de Kombouaré qui s’étalait sur toute la largeur du terrain.

Petit schéma pour expliquer comment fonctionne le jeu parisien : depuis le milieu de terrain, Bodmer profite de la montée à sa hauteur de Ceara qui joue les intermédiaires entre le milieu et l’attaque (en blanc). Le Brésilien porte le ballon jusqu’à hauteur des offensifs et cherche alors à trouver un appui dans l’axe. S’il le trouve, l’action se poursuit… Dans le cas où l’adversaire fermerait la porte, Paris doit alors ressortir le ballon pour relancer une nouvelle attaque (en jaune). Dans ce cas, le cuir revient sur la ligne Bodmer-Sissoko qui réoriente le jeu de l’autre côté du terrain pour servir Tiené monté à son tour. Dans ce cas, Ceara redescend pour assurer la couverture avec ses deux défenseurs centraux.

Conclusion :

Comme prévu, le système d’Ancelotti demande une grande endurance de ses joueurs. Défensivement, même s’il ne s’agit pas d’un travail à haute intensité, attaquants et milieux de terrain doivent faire des efforts constants pour coulisser sur la largeur du terrain. Offensivement, les latéraux doivent eux multiplier les allers-retours, parfois à haute intensité, dans leurs couloirs pour offrir des solutions : ils sont les joueurs-clés de ce système. Il sera intéressant de voir si, à terme, Ancelotti décide de permettre à ses latéraux de monter en même temps et non pas chacun leur tour comme c’était le cas mardi. Autre affaire à suivre l’intégration d’un attaquant plus mobile et plus rapide que Hoarau (Gameiro ?) devant Pastore et Nenê, car malgré quelques combinaisons intéressantes en contre, les trois hommes n’ont pas fait montre d’une grande complémentarité, le trio manquant notamment de vitesse sur attaque placée.

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