Rapport : la première mi-temps de la Bosnie

Pendant plus d’une mi-temps, l’équipe de France n’a pas vu le jour, la faute à une organisation bosnienne extrêmement efficace et à des Bleus incapables de trouver ou d’appliquer la bonne réponse sur le plan tactique. Jeu sans ballon, pressing, utilisation de la possession, retour en trois temps et autant de schémas sur la stratégie mise en place par Safet Susic.

Les compositions :

On attendait Diarra et le retour au 4-2-3-1. Laurent Blanc a surpris son monde en présentant un 4-3-3 reconduisant le trio Nasri, Cabaye, M’Vila dans l’entrejeu et lançant Menez sur le flanc droit à la place de Gomis (Rémy prenant l’axe) : Lloris (1) – Réveillère (13), Rami (4), Abidal (22), Evra (3) – M’Vila (17), Cabaye (6), Nasri (11) – Malouda (15), Menez (14), Rémy (21).

Du côté des Bosniens, le onze de départ de Safet Susic réserve beaucoup moins de surprises. L’équipe est organisée dans un 4-2-3-1 a priori asymétrique au vu de la position inhabituelle de Pjanic sur l’aile droite de l’attaque : Hasagic (1) – Mujdza (13), Spahic (4), Pandza (23), Papac (3) – Rahimic (6), Medunjanin (18) – Pjanic (8), Misimovic (10), Lulic (16) – Dzeko (10).

Pressing et travail défensif :

Premier élément important du début de partie des Bosniens : le pressing dans le camp français. Pjanic et Lulic sur les côtés, Dzeko et Misimovic dans l’axe, les quatre hommes n’hésitent pas à presser les défenseurs pour gêner la première relance et tenter de jouer les contres ensuite. Une fois celle-ci réussie, les deux axiaux retrouvent un rôle plus simple d’opposition pour bloquer la profondeur aux milieux français (Mvila et Cabaye).

Sur les côtés, Pjanic et Lulic continuent leur travail de harcèlement sur les latéraux adverses pour perturber la circulation de balle française. Sans solution dans la profondeur, le milieu de terrain français a l’habitude de jouer latéralement, vers ces deux joueurs de couloirs (Evra et Réveillère). C’est souvent sur des transmissions de ce type que les Bosniens gagneront des ballons dangereux pour se projeter ensuite en contre dans le camp français.

Mis en difficulté lorsqu’ils jouent latéralement, les Français décident de le sauter une ligne pour alerter directement Ménez ou Malouda qui reçoivent des ballons aux abords de la ligne médiane. Tentant de percuter (avec Evra pour Malouda, en solitaire pour Ménez) plein axe, ils se heurtent chacun de leurs côtés à Medunjanin et Rahimic qui, à défaut de les arrêter, les poussent vers des courses transversales permettant au bloc bosnien de se replier.

Lancements de jeu :

Comme évoqué dans les compositions d’équipe, Laurent Blanc a changé exceptionnellement de dispositif. Était-ce parce que le 4-3-3 avait très bien fonctionné à l’aller ? Peut-être… Toujours est-il qu’il s’est cette fois avéré catastrophique et n’a rien pu faire pour couper la relation entre les relanceurs et le duo de créateurs Pjanic-Misimovic.

Premier élément important dans l’organisation bosnienne : la participation active des deux latéraux au travail de relance. Sitôt le ballon récupéré par la formation, ces derniers montent à hauteur de la ligne médiane laissant le soin à Spahic (4), Rahimic (6) et Pandza (23) de faire la première relance. En montant, les latéraux poussent Malouda et Ménez à venir fermer le couloir pour ne pas risque le surnombre. Résultat, trois Bosniaques dans l’axe face au seul Rémy.

A ce trio vient s’ajouter la plaque tournante de la formation de Susic : Medunjanin. Le milieu du Maccabi Tel-Aviv opère en relayeur entre défenseurs et créateurs et, s’il amène parfois avec lui un adversaire direct (Cabaye), le nombre reste quand même largement à l’avantage des Bosniens. Conclusion : la passe vers l’avant peut se faire. Les incursions dans l’axe de Pjanic offrent une solution vers l’avant supplémentaire à celle offerte par Misimovic.

L’entente et les qualités techniques des deux hommes font le reste, avec le jeu en appui de Dzeko pour ne rien gâcher. En rentrant dans l’axe, Pjanic attire avec lui Evra ce qui ouvre le couloir gauche pour les incursions de Mujdza. Lorsque le latéral reste en retrait pour travailler avec l’ancien Lyonnais, c’est Misimovic qui prend le couloir. Le côté gauche est moins en vue : Lulic évolue plus dans un registre de finisseur (au second poteau) que d’animateur/créateur.

Réponse française et contre-réponse :

Parce qu’ils ne sont pas non plus hors du coup, les Français finissent par identifier, aux alentours de la demi-heure de jeu, leur problème de présence dans le camp adverse. C’est ainsi qu’en fin de première mi-temps, deux joueurs (généralement Malouda et Ménez) montent d’un cran pour rejoindre Rémy et s’opposer aux trois premiers relanceurs adverses (Rahimic, Spahic et Pandza).

Face à cela, la Bosnie opère d’abord sans prendre le moindre risque. Que ce soit en repassant par Hasagic à l’arrière ou directement par le biais d’un de ses défenseurs, elle n’hésite pas à sauter le milieu de terrain pour tenter de trouver Dzeko. A l’inverse du match aller, l’attaquant de City domine les défenseurs français dans les duels et, surtout, ne manque pas de soutien avec les déplacements de Misimovic et Pjanic autour de lui.

Venant lancé de l’arrière, les deux milieux bosniens sont de vraies menaces pour la défense française. Des menaces qui poussent les milieux de terrain à rester au plus près, pour protéger l’arrière-garde. Conséquence, le travail de pressing opéré par Malouda et Ménez avec Rémy a ouvert des espaces sur les côtés. Des brèches que le bloc français ne parvient pas à combler puisqu’il ne réussit pas à jouer et occuper le terrain plus haut qu’il ne le fait jusqu’à présent.

Ainsi, ce sont désormais les latéraux bosniens qui récupèrent les ballons de relance sur les côtés. Sans adversaire direct au contact, à eux ensuite de les redistribuer dans l’axe du terrain vers les créateurs qui développent ensuite les mêmes schémas d’animation vus précédemment dans les trente derniers mètres français. Une fois de plus, c’est le flanc droit qui se montre le plus actif avec l’activité de Mujdza dans le couloir et les déplacements de Pjanic et Misimovic.

Le renouveau français :

Dominés dans tous les compartiments du jeu, les Français sont finalement revenus dans la partie grâce à une baisse de régime logique des Bosniens en deuxième mi-temps. Sitôt que le quatuor offensif n’a plus été en mesure de presser, c’est toute l’organisation bosnienne qui a dû jouer plus bas. Le bloc français a ainsi pu remonter et les latéraux ont notamment forcé Pjanic et Lulic à défendre longtemps dans leur camp, esseulant Dzeko aux avants-postes.

C’est véritablement à partir de ce moment, lorsque la Bosnie n’a plus semblé en mesure d’attaquer que les Bleus ont pris définitivement le contrôle de la partie. Ménez (en solitaire) et Martin (en venant de l’arrière et en combinant avec Nasri) ont ensuite fait l’essentiel du travail pour mettre à mal une Bosnie qui, dès les premières minutes de la partie, se montrait en difficulté sur chaque incursion adverse (Ménez déjà). Et Spahic a fait le reste.

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2 réponses

  1. hirabinho dit :

    s’il plait mettez vos schema ne sont pas légendé comment on voulez vous comprenne ?

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