Rapport : la première de Pastore avec le PSG

Convaincant. Malgré un certain retard sur le plan physique, Javier Pastore a effectué des débuts très intéressants sous le maillot parisien. Il faut dire que l’adversaire (Differdange) était vraiment parfait pour permettre à l’Argentin de prendre ses marques en douceur au sein de sa nouvelle équipe. Retour en détail sur sa prestation et sur l’animation parisienne autour de lui.

La composition :

Le rythme de la compétition étant encore à reprendre à cette époque de l’année, Antoine Kombouaré aligne quasiment son équipe-type pour cette rencontre. Blessés, Jallet et Sakho cèdent leurs places à Ceara et Camara. Ecarté et resté à Paris, Nenê est lui supplée par Bahebeck sur le côté gauche. Pastore se positionne dans l’axe, en soutien de Gameiro et devant le duo Bodmer-Matuidi : Sirigu (30) – Ceara (2), Bisevac (4), Camara (6), Tiené (5) – Matuidi (14), Bodmer (12) – Menez (7), Pastore (27), Bahebeck (25) – Gameiro (19).

A l’instar du Luxembourg face à l’équipe de France il y a quelques mois, Differdange oppose aux Parisiens un 4-5-1 très défensif. Devant la défense centrale, une ligne de trois, placée à une trentaine de mètres de ses buts, est chargée de couper la relation entre la relance et les attaquants parisiens pour ralentir les offensives. Sur les côtés, les ailiers se replient en fonction des montées des latéraux parisiens. Le seul Caron reste en pointe pour disputer les ballons à la défense centrale parisienne restée en retrait.

Début de partie :

Comme prévu, le PSG prend immédiatement possession du ballon. Les Luxembourgeois attendent, regroupés dans leurs 40 mètres. Les Parisiens sont eux déployés sur toute la largeur du terrain. Si la défense centrale reste dans sa moitié de terrain, les latéraux montent à hauteur des milieux de terrain (Matuidi et Bodmer) pour former une ligne de quatre chargée de faire circuler le ballon. Aux offensifs ensuite de faire les déplacements nécessaires pour le recevoir dans de bonnes conditions. Le bloc de Differdange étant positionné très bas, les Parisiens n’ont pas beaucoup de profondeur à exploiter. Bloqués entre la défense centrale et le milieu de terrain luxembourgeois, Pastore reçoit néanmoins quelques ballons entre les deux lignes. Le plus souvent, il est sollicité en appui par un joueur venu de l’arrière (Matuidi ou Bahebeck et Ménez, qui n’hésitent pas à décrocher et repiquer dans l’axe à hauteur de leurs milieux de terrain pour se défaire du marquage et tenter de rentrer en pénétration). Gameiro a aussi quelques ballons à jouer dans ce registre.

Déplacements verticaux :

Très rapidement, Pastore décroche de sa position avancée pour redescendre à hauteur de ses milieux de terrain. Il apporte ainsi une solution supplémentaire pour la relance parisienne. Il développe aussi une complémentarité intéressante avec Bodmer, même si celui-ci n’est pas au sommet de sa forme sur ce match. Lorsque l’Argentin décroche, Bodmer monte et vice-versa : une permutation qui permet aux Parisiens de conserver constamment deux joueurs capables d’offrir des appuis entre les lignes adverses.

Autre conséquence du déplacement inverse de Bodmer, aucun membre de quinté (deux centraux, trois milieux de terrain) axial luxembourgeois ne quitte sa zone pour suivre les déplacements de Pastore à la trace. A une quarantaine de mètres des buts de Weber, celui-ci peut donc tranquillement se mettre dans le sens du jeu. Dans l’axe, il combine à plusieurs reprises avec Matuidi, faisant office de rampe de lancement : alors qu’il se déplace latéralement devant le trio du milieu adverse, Matuidi le sollicite pour un appui ; il libère le ballon en une touche et entre deux adversaires dans la course de l’international français qui arrive lancé et peut pénétrer au coeur du bloc adverse. Il combinera aussi de la même façon avec Ménez pour l’une des plus belles actions de la partie en fin de première mi-temps.

Déplacements latéraux :

Outre ce jeu très précis en une touche de balle, Pastore se distingue à plusieurs reprises en s’excentrant sur le côté. Un choix tout à fait logique : quand l’adversaire ferme le couloir avec deux joueurs, l’ajout d’un troisième homme pour combiner dans la zone porte souvent ses fruits (cf. Liverpool, classicisme et Suarez). Ici, tout dépend de joueur qui prend la place de Pastore entre les lignes adverses.

Première possibilité, le décrochage de Pastore est fait pour créer le surnombre sur l’aile gauche. Dans ce cas (en gris), Bodmer monte occuper l’axe tandis que l’Argentin combine forme un triangle avec Bahebeck et Tiené visant à créer un décalage dans le couloir. Le but ici est de mettre l’un des deux joueurs de couloir en position de débordement. Deuxième possibilité, le repositionnement de Bahebeck dans l’axe aux côtés de Gameiro lorsque Pastore s’excentre pour combiner depuis le couloir gauche. Cette disposition permet aux Parisiens de conserver trois joueurs axiaux (Pastore, Bodmer, Matuidi) en plus des deux latéraux, montés pour occuper les couloirs. Une fois formé, le triangle formé par Pastore, Bodmer et Matuidi aura pour objectif de tenir le ballon en attendant le bon moment pour créer une situation favorable sur une aile : soit le décalage d’un latéral, soit la création d’un un-contre-un pour l’ailier face à son adversaire direct (cf. 4ème but inscrit par Ménez).

Conclusion et projection :

La large victoire aidant, difficile de voir autre chose qu’un très bon départ de Javier Pastore sous ses nouvelles couleurs. L’Argentin a été très intéressant de part sa capacité à jouer en une touche de balle et dans des périmètres très resserrés. Il s’est aussi montré très complicé avec Jérémy Ménez lorsque celui-ci le sollicitait en appui sur le côté gauche. Enfin, ses déplacements et son objectif de se rendre toujours disponible font de lui un joueur plus qu’utile pour un PSG qui risque de faire face à des défenses regroupées pendant une bonne partie de la saison. En revanche, il sera intéressant de surveiller le comportement des futurs adversaires du PSG le concernant. Il ne serait en effet pas étonnant de voir certaines équipes tenter un marquage individuel sur sa personne, en collant (par exemple) leur habituelle sentinelle à ses basques. Lorsque cela arrivera, il s’agira là de son premier véritable test d’aptitude à la L1.

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2 réponses

  1. Nicolas dit :

    Les déplacements sur les côtés étaient très intéressants (Bodmer ne les fait pas, par exemple), et si les combinaisons avec Menez (et/ou Nenê) sont aussi bonnes que celles qu’on a pu entrevoir ce soir (alors qu’on imagine que tout ça manque d’automatisme), ça pourrait permettre à un joueur comme Tiéné de rester un peu plus bas et de ne pas laisser un boulevard derrière lui (comme c’est trop souvent le cas).

  2. saM dit :

    Je rejoins le commentaire de Ledefootoir. En tout cas plutôt satisfait par son état d’esprit et sa volonté de faire le jeu, de proposer du mouvement sans conserver le ballon outre mesure. En tout cas, c’est ce que je ne voyais pas toujours chez Bodmer donc plutôt satisfait. Ensuite on verra face à une opposition plus consistante si il aura la capacité à hisser son niveau au dessus dans l’impact avec un milieu def à la française en face. :p

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