Rapport : la première de la Roma de Luis Enrique

Après avoir vécu une véritable déconvenue en Ligue Europa, la Roma de Luis Enrique n’a pas démarré son championnat de la meilleure des manières, s’inclinant 2-1 face à une formation de Cagliari très réaliste. Malgré la défaite, la Louve a montré quelques préceptes de jeu intéressants. Mais forcément, elle va avoir besoin de temps. Reste à savoir si dirigeants et tifosi vont lui en laisser…

Schéma de jeu et composition :

Ecole barcelonaise oblige, la Roma de Luis Enrique se présente en 4-3-3. Au coup d’envoi, ce sont six recrues qui sont lancés dans le grand bain de la Série A par le nouvel entraîneur : Bojan, Osvaldo, Pjanic, Angel, Heinze et Stekelenburg dans les buts.

Ligne par ligne, cela donne une défense avec une charnière 100% argentine formée par Heinze et Burdisso et encadrée par Angel (à gauche) et Rosi (à droite). Devant celle-ci, on retrouve évidemment l’inamovible De Rossi, premier membre d’un milieu à trois complété par Pjanic (excentré gauche) et Perrotta (excentré droit). Devant eux, Totti évolue dans l’axe et se retrouve lui aussi encadré par Osvaldo et Bojan en attaque.

Avec le ballon :

Du 4-3-3 sur le tableau noir, la Roma penche plus vers un 4-4-2 en losange une fois qu’elle récupère le ballon. Toujours à la manière du Barça, au moment de relancer, les deux stoppeurs (Heinze et Burdisso) s’écartent et le milieu défensif (De Rossi) décroche pour permettre aux deux latéraux (Angel et Rosi) de monter d’un cran et de jouer plus haut.

Angel et Rosi occupant les couloirs, le trio offensif peut les laisser pour venir se concentrer dans l’axe. Ainsi, lorsque la Roma doit remonter le ballon, Totti décroche de la pointe de l’attaque pour offrir une solution au coeur du jeu à ses milieux de terrain. Une fois servi, le Romain a des solutions à ses côtés, notamment Perrotta qui évolue légèrement plus haut que Pjanic et avec lequel il possède plus d’automatismes. Mais il peut surtout alerter Osvaldo et Bojan qui apportent de la profondeur par leurs appels entre stoppeurs et latéraux adverses.

Ce travail dans la profondeur et partant de l’axe des deux nouveaux attaquants de la Louve fixent la défense de Cagliari. Résultat, de chaque côté, Angel et Rosi réussissent, si tant est qu’ils parviennent à passer devant leur adversaire direct (ailier adverse), à faire la différence dans les couloirs. Si leur capacité à éliminer un adversaire direct est très efficace, De Rossi (sans adversaire direct lorsque la Roma est installée dans le camp adverse) réussit à plusieurs reprises à leur glisser des ballons dans la course, leur permettant d’arriver lancés, prenant ainsi un avantage non-négligeable.

L’adversaire : A cette animation, Cagliari a rapidement répondu en y opposant deux solutions. La première consistait à voir trois joueurs sortir du bloc-équipe pour aller s’opposer aux trois premiers relanceurs de la Roma (De Rossi, Burdisso, Heinze). Ainsi, ils obligeait un ou plusieurs joueurs de transition (Pjanic, Perrotta ou les latéraux) à décrocher, se retrouver dos au but et pouvant être plus facilement mis sous pression par le milieu de Cagliari. Résultat, la Roma a dû se résoudre à balancer de longs ballons vers l’avant pour ses attaquants, dominés car en infériorité numérique dans le camp adverse. Il a fallu que les Romains obtiennent des fautes dans le camp adverse pour pouvoir s’y installer, et développer leurs offensives ensuite. Deuxième solution, un repli défensif très bas de manière à ne pas laisser de profondeur pour les attaquants romains et les services de Totti et empêcher les démarrages des latéraux romains en les serrant de près.

En début de deuxième mi-temps, la Roma a réalisé son plus gros temps fort. Si elle n’a pas réussi à le concrétiser au tableau d’affichage, elle a sevré Cagliari de ballons pendant plus de dix minutes. Une période où l’on a retrouvé les fondamentaux venus de Catalogne : des stoppeurs agressifs sur l’unique attaquant adverse pour récupérer le ballon rapidement, une sentinelle qui oriente le jeu sur la largeur, des appuis et autres points de fixation sur les côtés et du mouvement apporté dans l’axe par les milieux relayeurs.

Sans le ballon :

Lorsqu’elle n’a plus le ballon, la formation de Luis Enrique se dépense beaucoup moins au pressing que son glorieux modèle. Excepté Heinze et Burdisso, qui anticipent beaucoup pour jaillir devant les attaquants lorsque la Roma est installé dans le camp de Cagliari, l’équipe travaille pour se replier dans son camp et y enfermer l’adversaire.

Ainsi, devant les explosifs Heinze et Burdisso et De Rossi, chargé des compensations, Pjanic et Perrotta ont pour rôle de naviguer sur la largeur en fonction de la circulation du balle adverse. Si le ballon remonte côté droit, Pjanic vient au-devant du milieu excentré adverse pour fermer le couloir. De Rossi et Perrotta coulissent eux aussi, ce dernier restant légèrement plus haut que ses deux partenaires du milieu. Devant eux, Osvaldo et Bojan ne se replient que lorsque les latéraux adverses se décident à monter… Ou quand l’adversaire décide de changer le jeu : l’attaquant romain côté opposé vient alors fermer le couloir. De son côté, Totti reste à l’avant et joue les premiers relais à alerter en cas de contre-attaque.

Optimisme ?

Comme pour toute première, il y avait du bon et du moins bon dans cette sortie de la Roma. La relance du jeu à trois joueurs a ainsi été facilement contrée par Cagliari, obligeant des joueurs censés jouer les relais à décrocher pour proposer des solutions plus simples. Mais une fois dans le camp adverse, la formation de Luis Enrique a produit d’excellentes phases de jeu. S’il a fallu qu’elle comprenne d’abord que Cagliari ne laisserait que peu d’espaces dans son dos, son utilisation de la largeur (et la capacité de Angel et Rosi à faire des différences en un-contre-un) en début de deuxième mi-temps laisse augurer de belles choses. Reste à savoir si les attaquants seront plus inspirés dans la surface adverse.

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